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Archives du mois de 10 2011

Demandeurs d’asile, le "cri d’alerte" de la ville d’Angers

31 octobre 2011 - AFP

ANGERS (Maine-et-Loire) - Face à l’afflux persistant de migrants, pour beaucoup venus de pays africains en proie à la guerre ou à la famine, la ville d’Angers sature et appelle au secours : les services d’accueil sont débordés, les centres d’hébergement affichent complet, les points de distributions alimentaires refusent du monde, ce qui crée des tensions.

"En aucun cas, il ne s’agit de stigmatiser les demandeurs d’asile. C’est un cri d’alerte auprès de l’Etat et un appel à une plus grande solidarité territoriale. Nous avons tous atteint les limites", raconte Rose-Marie Véron, adjointe en charge de la solidarité au sein de la municipalité socialiste.

"Aujourd’hui, le seuil physique de saturation a été atteint", renchérit Christophe Béchu, sénateur UMP et président du conseil général.

Plus de 800 demandeurs d’asile, principalement venus de Somalie, Soudan ou Erythrée, sont arrivés depuis le début de l’année dans cette ville de 155.000 habitants. Ils étaient 940 l’an passé et un peu plus de 900 (enfants non compris) en 2009. Elus et associations avaient déjà tiré la sonnette d’alarme il y a deux ans, rien n’a changé.

"C’est surtout très compliqué car beaucoup relèvent de procédures prioritaires et n’ont droit à rien", appuie Jean-François Fribault, le directeur de l’Abri de la Providence, l’association qui anime la plateforme d’accueil unique du Maine-et-Loire.

Sur les 800 primo-arrivants, 180 sont aujourd’hui en attente d’accompagnement administratif car l’association ne peut assurer le suivi de leurs dossiers.

Epuisés, les salariés avaient exercé il y a quelques mois leur droit de retrait, relayant sur la place publique la fatigue et l’inquiétude des responsables de l’accueil d’urgence.

Au Point accueil santé solidarité (PASS), un local municipal en centre-ville où les sans-domicile fixe trouvent chaque matin collation et soutien psychologique, social ou médical, le malaise est palpable depuis plusieurs semaines.

L’afflux des demandeurs d’asile y entraîne des tensions avec les habitués, routards et SDF, d’autant qu’au delà de 130 personnes, une mesure de fermeture des portes s’applique automatiquement.

Plus grave, un deuxième accueil de jour, expérimenté depuis décembre 2010 avec le soutien de l’Etat, a été fermé ce vendredi, faute de crédits suffisants.

"C’est démentiel, on arrive en période hivernale et dans une ville comme Angers, on peut se retrouver sans accueil de jour", dit Hubert, 51 ans, un "vieux routard" en provenance de Caen, pour qui "priorité doit être donnée aux plus précaires".

Au Secours Populaire, aux Restaurants du coeur, on partage le même constat : les conditions d’accueil se dégradent sous le poids de la demande.

"La fréquentation a progressé de 20% cet été. Sur les 736 familles, 60 à 70% sont des demandeurs d’asile avec lesquels il n’est pas toujours simple communiquer", constate Jean-Pierre Meriel, un responsable des Restos du coeur.

Depuis plusieurs jours, plusieurs dizaines de migrants dorment dehors, sous les arcades de la gare. Arrivée en avion à Paris depuis Addis Abeba (Ethiopie), Huda, une étudiante somalienne de 24 ans, affirme avoir "fui les guerres civiles".

Pourquoi Angers ? "J’ai appelé une connaissance avec mon portable", répond Huda qui n’en dira pas plus. Le réseau entre compatriotes joue et la ville semble réputée pour la qualité de ses services d’accueil, selon les responsables locaux.

"Il existerait même un site internet en Somalie où l’on conseille de venir à Angers. On voit bien qu’on est dans un cercle vicieux. Il faut que l’accueil reste dans des proportions raisonnables", dit Christophe Béchu.

A sa demande, élus et parlementaires angevins recontreront le ministre de l’Intérieur Claude Guéant le 3 novembre, pour tenter de trouver des solutions.

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Au Soudan, de violents affrontements font une centaine de morts

31 octobre 2011 - LEMONDE.FR avec AFP et Reuters

Les forces soudanaises ont repoussé une vaste offensive rebelle au Kordofan du Sud, province pétrolifère frontalière du Soudan du Sud, a annoncé lundi 31 octobre le gouverneur local, Ahmed Haroun. Selon lui, une centaine de soldats de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA-branche Nord) ont été tués dans l’attaque qui s’est déroulée à Teloudi. Un porte-parole de l’armée a indiqué que les rebelles, qui étaient au nombre de 700, avaient suivi un entraînement au Soudan du Sud. La région du Kordofan méridional est le théâtre depuis plusieurs mois d’affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles du SPLA-Nord. Elle se trouve juste au nord de la nouvelle frontière internationale du Soudan avec le Soudan du Sud.

La région compte de nombreux partisans et miliciens du SPLA-Nord, branche nordiste de l’ancienne rébellion sudiste aujourd’hui au pouvoir au Soudan du Sud. Le Kordofan du Sud étant la seule région productrice de pétrole au Soudan, Khartoum cherche à y réaffirmer son autorité. Les combats entre armée régulière soudanaise et rebelles au Kordofan du Sud ont éclaté en juin peu avant la proclamation d’indépendance du Soudan du Sud, le 9 juillet.

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UNESCO : un jour historique pour la Palestine.

31 octobre 2011 - Le Parisien

Le 31 octobre 2011 restera gravé comme une date « historique » pour toute la Palestine. Le territoire vient en effet d’être reconnu et pour la première fois, comme membre à part entière de l’Unesco (*), qui, il ne faut pas l’oublier, est l’une des principales agences de l’ONU. C’est au cours d’un vote au siège de l’Unesco à Paris, que cette adhésion a été adoptée avec 107 voix, contre 14 contre. 52 pays se sont abstenus. A l’issu des résultats, le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad al-Malki n’a pas caché sa joie. « C’est vraiment un moment historique qui rend à la Palestine certains de ses droits. Ce vote permettra d’effacer une infime partie de l’injustice faite au peuple palestinien », s’est-il réjoui.

Parmi les pays qui ont voté pour, la France, elle, a créé la surprise. Il y a quelques jours pourtant, le pays jugeait encore l’idée « prématurée ». Dans le camp des « contre », si les Etats-Unis et Israël ne se faisaient aucune illusion, la claque, elle, fait mal. L’échec est d’autant plus cuisant pour Washington que jusqu’au bout, les Américains ont tenté de faire plier l’organisation en la menaçant de lui couper les vivres (22 % du budget). Pour Israël, c’est l’indigestion. A tel point que l’ambassadeur israélien auprès de l’Unesco Nimrod Barkan, a lancé à tous les pays qui ont voté pour, que « leur influence sur Israël serait désormais affaiblie ». Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères de l’Etat hébreu évoque, lui, une « manoeuvre palestinienne unilatérale » qui « éloigne davantage la possibilité d’un accord de paix ».

Car avec cette première victoire diplomatique, la Palestine aujourd’hui a gagné du terrain dans sa démarche d’adhésion à l’ONU en tant qu’Etat membre. Le 23 septembre dernier, Mahmoud Abbas s’était rendu à Washington pour en faire solennellement la demande. Il va maintenant falloir attendre le 11 novembre, date à laquelle le Conseil de sécurité doit rendre sa décision. Et cette fois, les Etats-Unis vont jouer leur droit de veto, ne laissant ainsi aucune chance à la Palestine.

(*) Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture

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L’actrice iranienne Marzieh Vafamehr a été libérée

31 octobre 2011 - 20 minutes

Condamnée à un an de prison et 90 coups de fouet par l’Etat islamique de son pays pour avoir joué dans un film très critique envers le régime en place, My Teheran for sale, l’actrice iranienne Marzieh Vafamehr a été libérée de prison la semaine dernière. Selon Amnesty International, elle aurait été remise en liberté le 24 octobre « après qu’une cour d’appel a ramené sa peine d’emprisonnement à trois mois (qu’elle a déjà purgés, ndlr) et annulé sa flagellation ».

Marzieh Vafamehr avait été arrêtée au mois de juillet pour son apparition dans le long-métrage. My Teheran for sale raconte justement l’histoire d’une jeune comédienne de Téhéran qui se voit interdire la scène par les autorités et se voit ensuite forcée à mener une vie secrète pour pouvoir exercer son art. Le film, co-produit par l’Australie, n’a jamais été autorisé en Iran mais a été visionné à de nombreuses reprises de manière illégale.

Trois cinéastes toujours incarcérés dans la capitale iranienne

« Ces derniers mois, un nombre croissant de réalisateurs et d’acteurs ont été la cible de persécutions en Iran. Si la libération de Marzieh Vafamehr constitue un développement bienvenu, il est profondément préoccupant que trois cinéastes soient toujours incarcérés à la prison Evin de Téhéran », déplore Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. « Leur détention prolongée illustre les efforts désespérés des autorités iraniennes visant à étouffer toute forme de contestation. Ces personnes n’ont fait que vendre leurs documentaires à un diffuseur étranger ou réaliser un film sur un metteur en scène frappé d’une interdiction d’exercer. Elles doivent être remises en liberté immédiatement et sans condition », a-t-elle ajouté.

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Davit Isaak, une décennie dans les geôles d’Erythrée.

31 octobre 2011 - Le Monde.

Le journaliste suédo-érythréen est l’un des plus anciens journalistes en prison défendus par RSF. Du fond de sa cellule, en Erythrée, Dawit Isaak n’en sait certainement rien. Il vient de recevoir le 50ème prix de la Plume d’or de la Liberté, une récompense décernée par l’Association mondiale des journaux et éditeurs de médias d’information (WAN-Ifra). Fin septembre, 5000 exemplaires de ses écrits, un recueil intitulé "Espoir", ont été distribués à la Foire du Livre de Göteborg, en Suède. Depuis dix ans, ce journaliste suédo-érythréen de 46 ans, croupit en prison – probablement dans le bagne d’Eiraeiro – sans chef d’inculpation ni procès, privé d’avocat, de médecin, et des visites de ses proches. L’homme paie pour sa participation à la tentative de démocratisation de cet Etat de la Corne de l’Afrique, à laquelle le président Issayas Afeworki, au pouvoir depuis 1993, mit brutalement fin en 2001. La chape de plomb, qui s’abattit alors, ne s’est pas allégée, réduisant ce pays au silence depuis dix ans.

A l’époque, un vent d’ouverture souffle sur l’Erythrée. Alors qu’une guerre avec l’Ethiopie voisine vient de s’achever, des voix dissidentes – anciens ministres, généraux, députés – critiquent ouvertement les dérives autoritaires du régime. Dawit Isaak, qui vit alors en Suède dont il a acquis la nationalité en 1992, décide de revenir au pays. Né en 1964, ce passionné d’écriture avait quitté l’Ethiopie en 1987, chassé par la guerre civile, et avait trouvé refuge en Suède, où il vivait de petits boulots. Il était retourné dans son pays natal, après l’indépendance de l’Erythrée, en 1993, avait fondé une famille et était devenu l’un des dirigeants du premier journal indépendant, Setit. En 1998, nouvelle guerre et nouveau départ vers la Suède pour Dawit et sa famille. Lorsqu’il revient en 2001, il pense contribuer à une démocratie naissante, et ouvre les colonnes de Setit aux réformistes.

Mais le "printemps d’Asmara", la capitale érythréenne, sera de courte durée. En septembre, le président lance une vaste opération de répression. Dix jours après les attentats du World Trade Center, il écrase la rébellion sans être inquiété. Dawit Isaak n’est pas le seul à tomber : les directeurs de journaux sont arrêtés ainsi que les responsables dissidents. Depuis, plus rien. Ou presque : Dawit est libéré deux jours en 2005, avant d’être à nouveau embastillé.

UN PAYS PARMI LES PLUS RÉPRESSIFS

"Etait-ce une façon de le briser ? Ou bien l’expression de divisions internes ? Nous l’ignorons toujours", avoue Björn Tunbäck, membre de Reporters sans frontières (RSF)-Suède. Depuis dix ans, les autorités érythréennes sont restées sourdes aux campagnes d’opinion pour sa libération, ainsi qu’aux pressions du gouvernement suédois. Elles refusent de reconnaître sa double nationalité et n’ont jamais présenté d’acte d’accusation. Il s’agit d’un crime d’Etat, trop grave pour pouvoir être formulé, a expliqué un proche du président, en août 2010…

Depuis la Suède, Essayas Isaak porte inlassablement le combat pour la libération de son frère aîné. Après avoir saisi, en 2010, le Parlement européen, il a présenté en juillet devant la Cour suprême d’Erythrée une requête en Habeas Corpus. RSF demande à la Suède de sortir de la "diplomatie silencieuse" menée jusqu’ici sans résultat. Dans un récent entretien à la presse suédoise, la femme de Dawit Isaak, Sofia, et deux de leurs trois enfants se sont opposés à une campagne qui le mettrait, selon eux, en danger. "Le silence, c’est justement ce que veulent les dictatures", estime, pour sa part, Björn Tunbäcke.

Le cas de Dawit Isaak n’est pas isolé. Des milliers d’Erythréens sont détenus au secret dans le pays - l’un des plus fermés et répressifs au monde – visé par des sanctions de l’ONU depuis 2009. Les dernières nouvelles de Dawit Isaak datent du témoignage, en avril 2010, d’un gardien de prison réfugié en Ethiopie. Il le décrivait malade – le journaliste est diabétique – et faible. Il racontait de terribles conditions de détention : une promenade d’une heure par jour, des températures de 40 degrés l’été, glaciales l’hiver, l’interdiction de communiquer. Il assurait qu’un grand nombre des opposants raflés en 2001 serait mort. "Depuis début 2010, nous n’avons aucune nouvelle d’Isaak", souligne Björn Tunbäcke. Personne ne peut dire si le journaliste est toujours en vie.

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Tunisie : les islamistes d’Ennahda s’engagent à "construire un régime démocratique".

30 octobre 2011 - AFP.

"La démocratie, c’est pour tout le monde", a assuré devant la presse à Tunis le chef d’Ennahda, Rached Ghannouchi, qui a tendu la main à toutes les forces du pays.

Ennahda dispose de 90 élus sur 217 au sein de la nouvelle assemblée constituante issue de l’élection du dimanche 23 octobre.

Il devance les quatre principales formations de la gauche tunisienne —le Congrès pour la République (CPR), Ettakatol, le Parti démocrate progressiste (PDP) et la coalition du Pôle démocratique moderniste (PDM)—, qui totalisent 73 sièges.

Les autres sièges reviennent à des partis de moindre importance ou des indépendants.

"On demande à tous nos frères, quelles que soient leurs orientations politiques de participer à l’instauration d’un régime démocratique", a poursuivi M. Ghannouchi.

"La révolution n’a pas eu lieu pour détruire un Etat, mais pour détruire un régime. Nous sommes déterminés à protéger l’Etat tunisien", a-t-il affirmé.

Dans le même temps, un couvre-feu a été ordonné à Sidi Bouzid (centre), où la mort d’un vendeur ambulant en décembre 2010 avait lancé la révolution tunisienne.

La permanence d’Ennahda et plusieurs bâtiments administratifs, dont la municipalité et le tribunal, ont été mis à sac et pillés après l’annonce des résultats de l’élection.

Les manifestations se poursuivaient vendredi et M. Ghanoucchi, qui a lancé un appel au calme, a affirmé voir dans ces troubles "la main du RCD dissous", l’ancien parti du président Zine El Abidine Ben Ali.

Les protestataires contestent l’invalidation par la commission électorale de la liste "Pétition populaire" de l’homme d’affaires tunisien Hechmi Haamdi, vainqueur dans cette circonscription, sa région natale.

Les islamistes, interdits, persécutés, emprisonnés ou condamnés à l’exil par la dictature de Ben Ali, se retrouvent en position de force dans la future assemblée qui va devoir s’atteler à l’élaboration d’une nouvelle constitution.

Les tractations entre les partis ont commencé peu après le scrutin de dimanche mais ne pourront formellement aboutir qu’après la première convocation de la nouvelle assemblée élue, qui devra d’abord nommer un nouveau président de la République, qui, lui-même, désignera le Premier ministre.

Ennahda a d’ores et déjà indiqué que son numéro deux, Hamadi Jebali, 62 ans, qui a passé seize années de sa vie en prison —dont 10 à l’isolement— était candidat à la direction du gouvernement.

Compte tenu des inquiétudes que suscitent en Tunisie et à l’étranger l’accession au pouvoir des islamistes, "il leur appartient désormais de rassurer le pays", souligne vendredi le quotidien "La Presse".

Ennahda accède à la tête de l’Etat sans majorité absolue et "c’est tant mieux !" se félicite le quotidien car, ajoute-t-il, "ses dirigeants auront à exercer le pouvoir avec l’obligation de toujours expliquer et de justifier leurs propositions ou décisions".

"La Presse" s’interroge sur la capacité d’Ennahda à tenir ses engagements quant au respect des acquis démocratiques (statut de la femme, libertés fondamentales, etc) "si la base ou les doctrinaires religieux exigent d’être plus énergiques et d’arrêter les compromis".

M. Ghannouchi a réaffirmé son "engagement envers les femmes de Tunisie pour renforcer leur rôle dans la prise de décision politique, afin d’éviter toute marche arrière sur leurs acquis". 42 des 49 femmes élues au sein de la nouvelle assemblée sont membres de son parti, a-t-il souligné.

Mais, pour "La Presse", les dirigeants islamistes "doivent savoir que s’ils renient leurs engagements (...), ils trouveront en face d’eux une société tunisienne mûre, responsable et consciente de ses intérêts et de sa force".

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Pakistan : à 7 ans, il travaille à la place de son père tué dans un attentat.

30 octobre 2011 - AFP

Le frêle Zabita se faufile entre voitures, motos et charrettes pour porter de l’eau aux commerçants accablés par la chaleur de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan. A 7 ans, il travaille dans la rue pour à peine plus de 2 euros par mois, pour remplacer son père tué il y a deux ans dans un attentat sur ce marché.

Plus de 500 attentats en quatre ans... Al-Qaïda et les talibans avaient décrété en 2007 le jihad, la "guerre sainte", à Islamabad pour son soutien, depuis fin 2001, à la "guerre contre le terrorisme" de Washington.

Et, le 28 octobre 2009, Khaïrullah Khan, le père de Zabita, a péri sur ce marché très fréquenté, le Bazar Menaa, dans l’une de ces attaques les plus sanglantes : 125 personnes ont été tuées dans l’explosion d’une voiture piégée.

Zabita est l’aîné, ses frères Sajjad et Arif n’ont que 5 et 3 ans. C’est à lui que revient l’obligation de subvenir aux besoins de la famille depuis la mort du père.

Tous les après-midi, après l’école, il devient porteur d’eau, pour 300 roupies par mois (un peu plus de 2 euros), dans un pays accablé par la misère, en grande partie due à l’incompétence du gouvernement et la corruption jusqu’au sommet de l’Etat.

"Je n’aime pas travailler sur ce marché, je préfère l’école où j’étudie et je joue à cache-cache avec mes copains", dit le garçonnet, visiblement abattu. "Je n’ai pas d’amis ici, je viens parce que ma mère me dit que je dois travailler pour faire manger la famille, mes frères", explique Zabita.

Avec 4.700 morts depuis l’été 2007, dont de nombreux soutiens de famille, on imagine aisément que le cas de Zabita n’est pas isolé.

Même si Zarina Jillani, qui dirige les recherches de la branche pakistanaise de l’ONG Society for the Protection of the Rights of the Child, reconnaît qu’il n’existe pas de statistique pour évaluer le nombre de ces victimes indirectes du terrorisme parmi les quelque 10 millions d’enfants qui travaillent au Pakistan.

"Dans nos traditions, le fils aîné devient le soutien de famille après la mort du père", explique Mohammad Umer, l’oncle de Zabita.

A Tangi, au nord de Peshawar, en plein coeur d’un fief des talibans, la petite Wajiha, 11 ans, vit le même drame que Zabita, même si son père a survécu. Elle est la seule fille de la ville, et probablement une des très rares dans la région, sinon le pays, à être taxi au guidon d’un rickshaw, ces motos à trois roues surmontées d’une cabine à deux places.

Son père Inamuddin était fier d’être soldat mais en juillet 2006, il a été grièvement blessé dans une attaque suicide des talibans contre son poste militaire. Il a passé deux ans à l’hôpital avant d’en sortir avec notamment une jambe atrophiée. Avec la maigre pension qu’il a reçue pour sa blessure, il a acheté un rickshaw pour 40.000 roupies, environ 320 euros.

Il a d’abord essayé de travailler seul et Wajiha aimait s’asseoir à son côté pour s’amuser. Mais, quand il était trop fatigué ou que sa jambe le faisait trop souffrir, elle a commencé à prendre le guidon.

Maintenant, elle va à l’école le matin et prend le relais d’Inamuddin l’après-midi quand il ne peut plus travailler. Presque une hérésie dans une société musulmane très conservatrice où la place de la femme est cantonnée à la maison dans la très grande majorité des famille.

"Je n’aime pas que ma fille travaille, mais je ne peux pas faire autrement", se lamente le père de Wajiha. Mais la fillette dit qu’elle adore aider son père. "Ca m’aide à me sentir bien, et puis j’aime bien conduire, c’est facile et ça rapporte un peu d’argent pour la famille", dit-elle.

"Je gagne 150 roupies (environ 1,20 euro) en faisant trois courses par jour", explique Wajiha en garant son rickshaw avant de courir pour rentrer à la maison.

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HCR : plus de 60.000 retours volontaires vers l’Afghanistan cette année.

30 octobre 2011 - Centre d’actualités de l’ONU.

Le nombre des réfugiés afghans rentrant dans leur pays depuis le Pakistan, l’Iran et d’autres pays dans le cadre de l’opération de retour volontaire organisée par le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a déjà dépassé 60.000 pour l’année 2011.

Quelque 43.000 d’entre eux sont revenus depuis le Pakistan et plus de 17.000 autres depuis l’Iran, a précisé un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d’une conférence de presse à Genève.

Pour les personnes rentrées depuis le Pakistan, le chiffre des retours est 59% plus bas que pour la même période l’année dernière, qui avait vu le retour de plus de 103.000 Afghans.

Le manque de moyens d’existence et de logements, ainsi que l’insécurité sont les motifs les plus fréquemment cités par les personnes qui ne souhaitent pas rentrer. La plupart des réfugiés afghans vivent dans les provinces de Khyber Pakhtunkhwa et du Baloutchistan. Ils sont originaires de régions peu sûres en Afghanistan, dans lesquelles il semble n’y avoir qu’un développement limité.

Le Pakistan accueille actuellement 1,7 million de réfugiés afghans, dont la plupart vivent en exil depuis plus de 25 ans. La moitié de cette population est née hors d’Afghanistan et ne possède aucun bien dans ce pays.

« Le nombre des retours depuis l’Iran a doublé par rapport à l’année dernière, qui avait vu 7.500 Afghans bénéficier du retour assisté dans leur pays. Cette augmentation serait due à des pressions économiques et à la cessation du versement d’allocations pour les produits de première nécessité et les services essentiels par le gouvernement iranien », a expliqué le porte-parole du HCR.

En 2011, les principales provinces de retour en Afghanistan étaient Kabul (26%), Nangarhar (14%), Herat (8%), Kunduz (8%), Kandahar, Laghman, Balkh, Baghlan et Paktya (4% chaque).

Depuis mars 2002, le HCR et ses partenaires gouvernementaux ont assisté 4,6 millions d’Afghans pour leur rapatriement, principalement depuis le Pakistan et l’Iran. La plupart sont rentrés dans quatre provinces : Kabul (26%) ; Nangarhar (20%), Kunduz (6%) et Baghlan (5%). Avec les personnes rentrées par leurs propres moyens en dehors des programmes menés par le HCR, 5,7 millions de réfugiés afghans sont rentrés depuis le Pakistan et l’Iran, ce qui représente près du quart de la population afghane.

Lancée en 2002, l’opération de retour volontaire du HCR est désormais dans sa dixième année. Dans le cadre du programme d’assistance pour le rapatriement, les réfugiés de retour vers l’Afghanistan reçoivent en moyenne 150 dollars par personne pour couvrir les frais de transport ainsi que les coûts initiaux pour se réinstaller chez eux.

Malgré les problèmes de sécurité qui perdurent dans certaines parties du pays et l’importance des besoins économiques et en développement, les réfugiés afghans rentrent encore en grand nombre. Le gouvernement afghan et ses partenaires travaillent à assurer une réintégration durable.

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LE SQUAT NOYON BIENTOT DEMANTELE

30 octobre 2011 - La Voix du Nord

Encore quelques jours et les migrants ne pourront plus squatter en centre-ville. Le jugement d’expulsion du squat Noyon, rue des Quatre Coins, a été affiché hier matin aux entrées des bâtiments. ...

L’expulsion est donc imminente à l’endroit même où, il y a deux ans de cela, il s’agissait de démanteler le squat Pagniez. « À quelques jours du début de la trêve hivernale, elle aggravera une situation déjà profondément dégradée », estime l’association La Marmite aux idées. Ils seraient environ 80 à trouver refuge jour et nuit dans ce bâtiment désaffecté donnant rue des Quatre-Coins. « L’antenne de Calais du HCR estime à 120 le nombre de demandeurs d’asile sans hébergement enregistré auprès de la sous-préfecture », continue l’association. Chassés du moindre squat depuis la fin de la jungle, les migrants sont rattrapés à chaque fois qu’ils prennent possession d’un abri de fortune par les forces de l’ordre. C’est ce qu’avait promis Éric Besson, alors ministre de l’Immigration. Et depuis, les évacuations vont bon train : la dernière en date étant le squat Thélu. La mairie a assuré prendre les devant à l’approche de l’hiver pour accueillir ces personnes. •

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Dans la Libye libre, les migrants africains désespèrent.

28 octobre 2011 -

Quel avenir pour ces centaines de migrants africains ? Désormais trop stigmatisés pour trouver du travail, la majeure partie croupit dans un camp de réfugiés sordide.

Sur la côte près de Tripoli, des centaines de migrants africains croupissent dans un camp de réfugiés sordide, désormais trop stigmatisés pour trouver du travail, mais incapables pour autant de rentrer chez eux.

Dans ces ruines jonchées d’ordures d’un ancien centre d’entraînement des forces spéciales de Mouammar Kadhafi, ils espèrent chaque jour que quelqu’un va venir leur proposer un emploi ou leur apporter de la nourriture, même si leur quotidien est surtout marqué par le racisme, les attaques et les vols.

"Depuis que nous sommes arrivés ici, nous espérons, nous prions Dieu, en croyant que l’aide viendra un jour de quelque part", explique Anthony, qui travaillait sur un site de construction avant que le conflit ne l’oblige à trouver refuge dans le camp de Sidi Bilal.

"J’ai été passé à tabac et détroussé plusieurs fois, même ici au camp. Des fois quand nous sortons dans la rue, les gens nous jettent des pierres, parce que nous sommes noirs", ajoute-t-il.

La plupart de 700 habitants du camp sont de jeunes Nigérians qui ont fui Tripoli fin août, lorsque la capitale a été prise par les forces du Conseil national de transition (CNT).

Ils lavaient les voitures, labouraient les champs, travaillaient sur les chantiers... Autant d’emplois boudés par les Libyens, mais qui leur sont interdits depuis que Mouammar Kadhafi a recouru en masse à des mercenaires d’Afrique subsaharienne pour tenter de mater la rébellion.

La population locale, qui tolérait déjà à peine la présence des Africains chers à l’ancien "Guide de la révolution", est devenue franchement hostile, et il ne fait pas bon avoir la peau noire dans la nouvelle Libye.

"Cela pose un problème d’avoir les Africains ici", explique froidement un ancien combattant pro-CNT affecté à la sécurité du camp. "Ce n’est pas sain. Ils mangent mal, ils se battent entre eux, et certains sont venus sans passeport, apportant avec eux des maladies, simplement pour passer en Europe".

"Le mieux c’est de les renvoyer dans leur pays", ajoute-t-il. Des centaines de milliers de migrants ont déjà quitté la Libye depuis le début du conflit en février, mais les naufragés de Sidi Bilal représentent une toute petite portion des dizaines de milliers qui sont encore dans le pays, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Dans le camp, la plupart disent que même après la fin des combats, ils ne se sentent plus en sécurité et veulent rentrer chez eux. Mais sans argent ni passeport, et en l’absence de représentation consulaire nigériane à Tripoli, ils sont bloqués.

"Certains ne veulent pas rentrer. Ils ont tout risqué pour arriver jusqu’ici", explique Jeremy Haslam, chef de mission de l’OIM en Libye. "Mais il y en a d’autres qui sont impatients de rentrer, et ils attendent désespérément une autorisation temporaire de voyage".

La situation est d’autant plus délicate que le CNT semble vouloir limiter sa politique d’immigration et restreindre l’aide au camp, par crainte de voir les migrants s’y installer de manière permanente.

"Maintenant que la Libye est libérée du joug de l’ancien gouvernement, cela devrait être une Libye libre pour tout le monde", estime Anthony, qui tient à rester, malgré les risques. "Rentrer dans ma famille les mains vides ne serait pas une bonne idée", explique-t-il.

Mais rares sont ceux qui, comme lui, s’imaginent un avenir dans la nouvelle Libye. "Je suis venu ici pour travailler et gagner de l’argent pour ma famille. Mais quand la crise a commencé, tout a changé.

Maintenant je veux seulement rentrer chez moi et recommencer ma vie", déclare Larry, 33 ans et père de trois enfants.

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LE CLUB WATTRELOS FUTSAL SOLIDAIRE

28 octobre 2011 - Nord Eclair - Delphine Tonnerre

Pour la troisième année consécutive, le club Wattrelos futsal organise, en lien avec les centres sociaux de la ville, une collecte de denrées alimentaires non périssables. Parce que se réunir lors des matches n’empêche pas de penser aux plus démunis.

Pas loin de 400 kilos de denrées alimentaires ont déjà été réunis à chacune des deux précédentes éditions. Cette année encore, les jeunes espèrent que la solidarité des Wattrelosiens sera au rendez-vous pour cette collecte organisée par leur club, le Wattrelos futsal. Djamel Talbi, le président du club, explique que l’action est gérée en lien avec les trois centres sociaux de la ville, qui acceptent de collecter dans leurs locaux les denrées. « Elles seront ensuite remises à une association caritative locale », explique-t-il.

Un tournoi solidaire le 17 décembre Ahmed Mazari et Nourdine Menasri, tous les deux animateurs insertion jeunes, sont fiers des jeunes qui se sont organisés pour mettre en place cette nouvelle collecte. Elle prouve que le club a un volet solidaire et citoyen : « Les jeunes s’impliquent de façon très concrète dans la ville. C’est positif et ça leur donne l’occasion de rencontrer d’autres personnes, d’avoir conscience d’autres réalités. » Les jeunes, ce sont 60 garçons et filles qui jouent au futsal : deux équipes seniors, deux équipes jeunes et une section féminine. Le club a déjà prouvé son implication en organisant également une collecte de vêtements chauds, couvertures et duvets qui ont été remis à l’association Salam à Calais, qui vient en aide aux migrants. « Cette année encore, on va y aller, le dimanche 13 novembre, pour leur amener ces couvertures et habits et pour manger avec eux », souligne Djamel Talbi. Une action déjà réalisée l’an dernier et qui s’est avérée riche pour les jeunes. Lors de leur tournoi solidaire le samedi 17 décembre salle Pierre-deCoubertin, même système : la participation au tournoi se fera sous forme d’un don en denrées alimentaires, que ce soit pour les joueurs ou les spectateurs. Avec seize équipes engagées et du public, ça promet un don significatif pour aider les autres.w Les denrées alimentaires non périssables peuvent être amenées dès à présent dans les centres sociaux (Beaulieu, Mousserie, Laboureur) et jusqu’au 31 mars 2012.

Nord Eclair 28 10 2011

EXPULSEE SANS SES ENFANTS POUR AVOIR TEMOIGNE A LA TELE !

23 octobre 2011 - Communiqué RESF

Outre la situation honteuse décrite ci-dessous — et, hélas, tant d’autres —, pour mémoire celle de Brigitte Vigoureux et de ses deux filles (voir dernier resf.info et le Post du 10.10.2011) qui sont toujours coincées au Congo alors qu’elle est belge et ses filles françaises. Voir http://www.educationsansfrontieres.org/article39135.html?id_rubrique=43

Le lundi 17 octobre 2011, une quarantaine de déboutés du droit d’asile, dont la famille LATIFI sont expulsés du CADA de Belfort par la force publique.

Grâce à l’aide d’associations, ces personnes sont relogées en urgence dans un hôtel de la ville et au Foyer des Jeunes Travailleurs de Belfort.

Le mardi 18 octobre, madame LATIFI est interrogée par les journalistes de France 3 et son témoignage sera diffusé le soir aux informations régionales.

Le même jour, la Préfecture de BELFORT accepte de reloger les quarante personnes dans 3 hôtels de la ville dont le Relais d’Alsace. C’est dans cet hôtel que sera placée la Famille LATIFI au complet (6 personnes dont un enfant de 11 mois).

Le jeudi 20 octobre 2011 à 7H00 : à la demande du préfet de BELFORT, la police procède à l’interpellation de la famille LATIFI à leur hôtel, dans leur chambre. Ils sont appréhendés avec leur nourrisson de 11 mois.

Les deux autres enfants du couple, âgés de 13 et 11 ans échappent à cette interpellation car ils se trouvaient à ce moment là auprès de leur grand-mère, qui elle aussi, est sous le coup d’une mesure d’éloignement.

A 8H00, le couple se voit notifier un arrêté de placement en rétention administrative. A 8H30, ils quittent Belfort, et arrivent sept heures plus tard au Centre de Rétention du Mesnil Amelot (ROISSY).

Depuis, ils sont sans nouvelle de leurs deux enfants. Leur expulsion est prévue le mardi 25 octobre.

Erreur, omission volontaire ou réponse au témoignage de Madame LATIFI relayé par la presse l’avant veille ? Cette expulsion laisse indifférent le Préfet du Territoire de Belfort qui n’entend pas abroger ses décisions, alors qu’il a été pleinement alerté sur la situation de cette famille kosovare.

Cette indifférence du Préfet rappelle pourtant les paroles d’Eric Besson, ancien Ministre de l’Immigration qui déclarait en son temps :

« En France, on ne sépare pas les enfants des parents. »*

* En référence à une tradition instaurée par René Bousquet en 1942, lorsque, interrogé sur l’interpellation des enfants juifs, Bousquet se réfère à une pratique très ancienne : celle de maintenir l’unité familiale dans un « but humanitaire » afin de ne pas séparer les enfants de leurs parents.

Séparer deux enfants de leurs parents, séparer une fratrie et maintenir en rétention un nourrisson de 11 mois est manifestement contraire à la Convention Internationale des droits de l’enfant et à la « tradition française » si souvent rappelée par l’ancien Ministre de l’immigration.

Le Tribunal Administratif de Melun a été saisi en urgence de ce dossier.

Jugement attendu lundi 24 octobre à 10H00.

Contact sur ce dossier : Me Bruno VINAY 06 75 86 06 31
RESF Belfort : Muriel THANNEUR : 06 82 83 21 50

*Quelques informations complémentaires sur la famille Latifi

Dashnor LATIFI et Lendita LATIFI sont arrivés en France le 3 juin 2009. Ils ont fui le Kosovo en raison des risques qu’ils y encourraient pour leur sécurité et celle de leurs enfants.
Dashnor LATIFI appartient à la minorité Goran, ethnie slave et musulmane, dont les membres sont considérés par les Albanais du Kosovo comme des traîtres apparentés aux Serbes. On les accuse d’avoir été du côté des Serbes pendant la guerre, car ils parlent la même langue.
Lendita LATIFI est quant à elle Albanaise du Kosovo.
La famille de Lendita LATIFI s’est violemment opposée à leur mariage et n’a jamais accepté ni cette union, ni la naissance de leurs enfants Myrteza, et Muala. Dashnor LATIFI et Lendita LATIFI ont été victimes de persécutions de la part de leur famille, mais également de leurs voisins et des Albanais en général. Les problèmes se sont intensifiés après l’indépendance du Kosovo, ils étaient victimes d’agressions verbales et physiques jusque dans leur maison. Dashnor LATIFI a violemment été agressé sur son lieu de travail. Leurs enfants étaient victimes de brimades et de violences à l’école, ils étaient vus comme des bâtards. A la fin, ils ne voulaient plus aller à l’école.
Dashnor et Lendita LATIFI ont déposé plusieurs plaintes qui n’ont jamais abouti. La situation devenant insoutenable, ils sont donc partis en abandonnant tous leurs biens, en compagnie de leurs deux enfants et de la mère de Dashnor LATIFI, Irfana, qui est veuve.

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L’objectif de 30 000 expulsion sera dépassé cette année, annonce Guéant

22 octobre 2011 - Le Monde - AFP

La France expulsera plus de 30 000 étrangers en situation irrégulière cette année, a annoncé Claude Guéant samedi 22 octobre. "Le gouvernement s’est fixé l’objectif de 30 000 reconduites d’étrangers en situation irrégulière à la frontière en 2011, contre 28 000 en 2010, nous le dépasserons", affirme le ministre de l’intérieur dans entretien au Figaro.

"Nous voulons que la France reste la France", déclare Claude Guéant, "quand les socialistes s’accommodent d’une addition de communautarismes."

"PERMETTRE AUX ÉTRANGERS DE MIEUX S’INTÉGRER"

"Nous ne sommes pas favorables à l’immigration zéro", nuance toutefois le ministre de l’intérieur. "Mais nous voulons maîtriser les flux migratoires pour permettre aux étrangers que nous accueillons de mieux s’intégrer, de s’approprier nos valeurs, notre mode de vie."

L’UMP a présenté début juillet plusieurs propositions visant à renforcer la politique de contrôle de l’immigration illégale en France en vue de l’élection présidentielle de 2012, comme le conditionnement "systématique" de "l’obtention de titres à une entrée régulière sur le territoire", le renforcement des "capacités des centres de rétention administrative" ou encore la création d’une "conférence nationale sur l’immigration tous les deux ans, avec une évaluation des besoins réels de l’économie, secteur par secteur".

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Libye : Benghazi accueille ses combattants dans la liesse

22 octobre 2011 - Le Parisien - AFP

La ville de Benghazi, longtemps "capitale de la révolution" dans l’Est libyen, a salué samedi avec des tirs de joie et des cris "Allah Akbar" le retour de ses combattants victorieux à Syrte où le dirigeant déchu Mouammar Kadhafi a été capturé jeudi puis tué.
Hommes, femmes et enfants ont envahi les rues de la ville, qui a été l’une des premières à se soulever à la mi-février contre le régime de Mouammar Kadhafi, et où les nouvelles autorités ont prévu de proclamer dimanche après-midi la "libération totale" du pays.
"Nous sommes fiers de vous. Vous avez tué le frisé (Kadhafi). Il a eu ce qu’il méritait", a crié Heba al-Nehoum, une étudiante de 19 ans en grimpant sur un pick-up chargé de combattants en treillis verts.
Mouammar Kadhafi a été capturé vivant jeudi alors qu’il fuyait la ville Syrte qui tombait, puis a été tué dans des circonstances encore floues, mais qui ne semblaient pas perturber les habitants de Benghazi.
"Je ne peux pas exprimer ce que je ressens pour ces hommes. Qu’ils soient de Benghazi ou de Misrata (grande ville rebelle de l’ouest), nous les aimons tous", a déclaré Moustapha Youssef en agitant le drapeau vert, noir et rouge adopté par les nouvelles autorités libyennes.
Les combattants arrivant au premier poste de contrôle à l’entrée de Benghazi ont été arrosés de bonbons, d’eau de rose et de baisers. Très émus, ils ont tiré en l’air avec leurs armes lourdes et légères pour participer aux célébrations.
"C’est incroyable, je n’arrive pas à dire ce que je ressens", a déclaré Ahmed al-Drissi, un combattant arborant de lourds bandages aux jambes après avoir été blessé par un obus de mortier il y a deux semaines. Des dizaines de combattants pro-CNT ont été tués et des centaines d’autres blessés à Syrte, essentiellement lors des deux dernières semaines de combats.
Samedi soir, les rues de Benghazi étaient toujours pleines de voitures klaxonnant pendant que des jeunes, garçons et filles, dansaient sur les toits.

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Demandeurs d’asile : Christophe Béchu interpelle Claude Guéant

21 octobre 2011 - Ouest France

Les demandeurs d’asile dorment dehors, devant la gare. Les arrivées sont si nombreuses que les services ne peuvent plus suivre.

L’arrivée de nombreux demandeurs d’asile et le problème de leur hébergement pose problème en Anjou. Christophe Béchu interpelle Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, et lui demande un rendez-vous. « Une fois de plus notre Département se trouve confronté à un afflux de familles et de personnes en situation de demande d’asile. Une fois de plus, l’Anjou parce qu’il est une terre d’accueil et d’entraide fait les frais de l’absence de solidarité à l’échelle de la région puisqu’aujourd’hui, à la différence d’autres territoires, nous accueillons bien plus de personnes que ne le permettent nos capacités d’accueil. Ni les collectivités, ni les associations, ni les accueils de jour, ni le 115 ne peuvent plus faire face. Devant l’urgence de cette situation, devant la saturation de nos dispositifs d’accueil et face à l’absence de réponse, je demande au ministre de l’Intérieur qu’il me reçoive avec mes collègues parlementaires et le président d’Angers Loire métropole pour évoquer cette situation, tant pour assurer une meilleure répartition entre les départements que pour faire cesser cet afflux qui atteint un seuil intolérable pour l’ensemble des structures et pour les pouvoirs publics. »

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Mouammar Kadhafi tué après la prise de Syrte

21 octobre 2011 - Reuters - Rania El Gamal et Tim Gaynor

SYRTE, Libye (Reuters) - Mouammar Kadhafi, qui a dirigé d’une main de fer la Libye pendant près de 42 ans, est mort jeudi quelques heures après la prise de Syrte et deux mois après la chute de son régime.

Le Conseil national de transition (CNT), le pouvoir intérimaire libyen, prévoit d’annoncer la "libération" de la Libye samedi à Benghazi, la grande ville de l’Est libyen d’où le soulèvement contre l’ex-guide de la révolution a débuté en février dernier, et l’Otan a fait savoir que sa mission approchait de son terme.

L’ex-guide de la révolution se cachait depuis la prise de Tripoli par les forces du CNT, le pouvoir intérimaire libyen, le 23 août. Il a été capturé puis a trouvé la mort dans des circonstances encore obscures alors qu’il tentait de fuir sa ville natale.

Parti à l’aube, un convoi de quelque 80 véhicules à bord duquel il avait pris place a été "stoppé" à quelques kilomètres de Syrte par une unité aérienne de l’Otan, dont un avion français, a déclaré le ministre français de la Défense Gérard Longuet. Un drone Predator était impliqué, a déclaré ensuite un responsable de l’Otan.

D’après les récits de combattants du CNT, Mouammar Kadhafi a réussi à sortir vivant du raid et s’est réfugié avec ses derniers fidèles dans deux conduites d’évacuation d’eaux usées d’un mètre de diamètre où les "révolutionnaires" l’ont retrouvé.

Les images du corps sanglant et dénudé de Mouammar Kadhafi, prises à l’aide d’un téléphone portable, ont été diffusées par des télévisions du monde entier. D’autres images l’ont montré en vie au moment de sa capture, le visage en sang, entouré de combattants du CNT.

"TABASSÉ ET TUÉ"

Le chef du gouvernement du CNT, Mahmoud Djibril, a déclaré qu’il avait succombé à une blessure par balle à la tête reçue lors d’une fusillade entre ses gardes et les combattants du CNT alors qu’il venait d’être placé à bord d’une camionnette.

Mais une source haut placée du CNT a déclaré que les soldats l’avaient capturé vivant "et alors qu’il allait être transporté, ils l’ont tabassé et ensuite ils l’ont tué".

Sa dépouille a été transportée à Misrata, ville martyre des combats qui ont abouti à la chute du régime kadhafiste. Le CNT prévoit de l’inhumer discrètement et rapidement dans un lieu tenu secret.

Les dirigeants occidentaux, dont les armées ont largement contribué à la chute de Mouammar Kadhafi, ont salué la mort de Mouammar Kadhafi comme une étape historique et le début d’une nouvelle ère pour la Libye.

L’Otan a souligné qu’avec la disparition du guide libyen, sa mission, lancée en mars dernier, officiellement pour "protéger les populations civiles" en vertu de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’Onu, approchait de son terme. L’Alliance mettra fin à sa mission en coordination avec l’Onu et le CNT, a déclaré son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen.

"Une nouvelle page s’ouvre pour le peuple libyen, celle de la réconciliation dans l’unité et la liberté", a estimé Nicolas Sarkozy, à l’initiative, avec le Britannique David Cameron, de l’intervention de l’Otan en Libye il y a sept mois.

La mort de Kadhafi prouve que les régimes brutaux "finissent inévitablement par disparaître" et "marque la fin d’un long et douloureux chapitre pour le peuple libyen", a déclaré Barack Obama.

Le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon a parlé d’une "transition historique" pour la Libye et la chancelière Angela Merkel a déclaré que l’Allemagne était "soulagée" de voir s’achever une "guerre sanglante menée par Kadhafi contre son propre peuple".

Seule note discordante dans ce concert, le président vénézuélien Hugo Chavez a dénoncé l’assassinat d’un martyr.

"LIBRES, C’EST TOUT CE QUI COMPTE"

Né en 1942, l’ex-guide avait accédé au pouvoir en septembre 1969. Il a été emporté par le "printemps arabe" à la suite du Tunisien Zine ben Ali et de l’Egyptien Hosni Moubarak.

A Tripoli et dans les grandes villes du pays, les Libyens ont fêté la nouvelle en tirant en l’air et en agitant le nouveau drapeau national, rouge, noir et vert.

"Nous sommes libres, c’est tout ce qui compte", a déclaré Ali Djilani Chiha, un habitant de la capitale. "Nous ne pensons pas à ce qui viendra après. L’important est que ce dirigeant cruel ait disparu."

Les derniers résistants de Syrte, port de pêche dont Mouammar Kadhafi voulait faire la nouvelle "capitale de l’Afrique" et aujourd’hui en ruines, ont rendu les armes dans la matinée. Un autre fief kadhafiste, Bani Walid, au sud-est de Tripoli, a été pris il y a deux jours.

Deux fils de Kadhafi, Moutassim et Saïf al Islam, se cachaient également à Syrte. Moutassim a été tué alors qu’il tentait de résister à ses gardes, selon un responsable militaire du CNT. Son corps a été exposé dans une maison de Misrata où des habitants se relayaient pour le voir et prendre des photos avec leurs téléphones portables.

Le conseil intérimaire au pouvoir a dit ignorer le sort de Saïf al Islam, son fils politiquement le plus engagé, qui aurait été cerné par des combattants en tentant de fuir la ville.

Le pouvoir intérimaire libyen a également annoncé la mort de son ministre de la Défense, Aboubaker Younès, et l’arrestation de son ancien porte-parole, Moussa Ibrahim.

Mouammar Kadhafi était réclamé par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, qui l’avait inculpé de crimes contre l’humanité et avait diffusé un mandat d’arrêt à son encontre. Sa mort évite un long procès qui aurait pu diviser la Libye et embarrasser des gouvernements occidentaux.

Les nouvelles autorités ont devant eux un immense chantier.

La Croix-Rouge a rappelé jeudi que des charniers étaient encore découverts régulièrement en Libye et que de nombreux corps dans les hôpitaux ou au bord des routes n’étaient pas réclamés.

Les ethnies, tribus et régions libyennes sont divisées et le pays doit fait l’apprentissage de la démocratie, se réconcilier, et relancer l’extraction pétrolière, sa principale source de revenus.

L’Otan, Barack Obama, Nicolas Sarkozy ont tous lancé des appels à l’unité.

"Il est temps de bâtir une nouvelle Libye, une Libye unie", a déclaré Mahmoud Djibril. "Un peuple, un avenir."

Avec les rédactions de Reuters, Clément Guillou et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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Afghanistan - "Pour les Afghanes, la situation n’a pas progressé", selon Carol Mann

21 octobre 2011 - Sisyphe.org - L’Humanité

La sociologue Carol Mann connaît bien la situation des femmes afghanes à propos desquelles elle a rédigé une thèse de doctorat. Selon elle, dix ans après le début de l’intervention américaine qui avait pris leur sort comme justification, leur cause n’a pas progressé.

Elle se définit comme une humanitaire et une universitaire « controversée ». Nous dirons plutôt atypique. Historienne de l’art, devenue sociologue, Carol Mann s’intéresse à la situation des femmes dans les zones de guerre. Comment, dans ces conditions, rester une observatrice distanciée comme les affectionnent ses confrères sociologues ? Elle a préféré mener conjointement à ses recherches des actions humanitaires (1).

D’abord en ex-Yougoslavie, son premier terrain, quand l’Europe découvrait que 1945 n’avait pas sonné le glas des guerres en son sein. Puis, à partir de 2001, en Afghanistan, où elle a mené son travail de doctorat dont elle a tiré un livre passionnant (2) et où elle continue de se rendre régulièrement.

Carol Mann dresse un constat plutôt amer : dix ans après le début de l’intervention américaine et l’envolée du discours médiatique érigeant la burqa en symbole mondialement célèbre de l’oppression des femmes sous le régime des talibans – alors en place depuis sept ans –, la situation de ces dernières ne s’est pas vraiment améliorée. Depuis l’année dernière, ses recherches et son travail humanitaire l’ont aussi menée en République démocratique du Congo (RDC), en particulier à Kisangani.

Comment avez-vous mené vos recherches ?

Carol Mann. Faire des recherches en Afghanistan est très difficile. Le danger est réel. Il y a des règles à respecter, comme ne pas se déplacer dans des véhicules au sigle des Nations Unies (même si on vous dit toujours le contraire) ou systématiquement sortir voilée. Au tout début, j’ai eu la chance d’être bien introduite par l’ONG Rawa (3), ce qui m’a permis de voyager très loin. Par la suite, j’ai eu de la chance de me faire des amis de façon indépendante, amis qui m’ont permis de circuler plus facilement. La plupart des chercheur(e)s écoutent les consignes de l’ambassade de France et ne sortent pas de Kaboul et des grandes villes, où ils ou elles ne rencontrent que des femmes socialisées pour la prise de parole. Aller écouter les silences au fin fond de la province, c’est très différent, il faut du temps et beaucoup de patience.

Évoquer l’option athée, c’est prendre des risques, peu importe le milieu. Je me suis intéressée à la situation dès 1999, cherchant à correspondre avec des femmes en Afghanistan et au Pakistan. À l’époque, on parlait peu en France des talibans, qui étaient pourtant au pouvoir depuis 1996, accueillis avec beaucoup de gratitude par la population après une longue période de guerre civile. Rawa m’a invitée à venir voir de plus près le camp de réfugiés de Khewa, au Pakistan, dont elle s’occupait et qui aurait pu être un modèle pour l’Afghanistan rural. Les femmes étaient arrivées à 98% d’éducation des enfants (chiffre officiel) et à une certaine justice sociale. J’ai pu le comparer à un camp taliban à côté, accompagnée d’un homme armé. Étant une femme européenne, plus toute jeune, j’arrivais à établir des ponts avec les mères de famille. On a pu échanger des expériences de vie concernant les enfants, le mariage, les belles-mères, tout ce qui est au centre de la vie des femmes rurales afghanes… On a pu échanger des expériences de vie avec les enfants. J’ai ainsi pu voir de près comment fonctionnait une structure talibane. Ces camps étaient des ambassades des partis politiques et des lieux de trafics.

Vous vous êtes particulièrement intéressée à la mortalité maternelle et infantile, une des plus élevées du monde. Où en est-on aujourd’hui ?

Carol Mann. Huit milliards de dollars plus tard, la situation est toujours comparable au Niger. Le problème principal tient à ce qu’on fait du copier-coller dans l’humanitaire, sans tenir compte de la culture locale, en particulier la culture de l’honneur. En mettant en place des cours pour des accoucheuses illettrées, ma petite association, en travaillant avec une structure locale à Farah, a réussi à stopper la tradition qui veut que le père verse la terre de sa sandale sur le nombril du nouveau-né. Mais un tel programme n’intéresse pas beaucoup les grandes ONG, parce que c’est un travail sur le long terme et qui n’est pas photogénique !

Il y a aussi un grand manque de formation des accoucheuses, d’autant que la majorité des accouchements se font à domicile : l’hôpital est considéré comme le lieu d’une appropriation d’une naissance qui doit rester paternelle. On a formé des sages-femmes, mais elles sont restées à Kaboul, où il y a plus de médecins qu’ailleurs. En Iran, déjà à l’époque du shah, les étudiants en médecine faisaient leur stage en province, ce qui contribuait beaucoup à améliorer le niveau de santé local. Mais, en Afghanistan, partir dans des régions isolées suppose de faire venir toute sa famille là-bas. Les solutions sont donc à trouver avec les ressources dont on dispose sur place. Il ne suffit pas de construire des hôpitaux. Il faut savoir aussi que l’Unicef ne prend en compte dans ses statistiques que les femmes qui accouchent à partir de quinze ans. Or de nombreuses filles se marient avant seize ans. Si en plus elles sont mal nourries, elles vont mourir. J’ai vu des fillettes de treize ans qui ont le squelette d’un enfant de huit ans. Qui aurait envie de travailler là-dessus ? J’ai vu aussi des tas de mariages consommés avec des filles impubères.

Le prix de l’opium a baissé, augmentant la pauvreté. Certains paysans, qui ne peuvent pas rembourser leurs emprunts, donnent leur fille en mariage en guise de remboursement de leur dette, peu importe leur âge, même à sept, huit ans. Ce problème ne rentre dans aucune catégorie officielle.

Comment faire progresser les conditions de vie des femmes dans les provinces reculées ?

Carol Mann. Il faut responsabiliser les hommes aussi, c’est important de les avoir de son côté, par exemple par le biais de réunions dans les mosquées. La famille et l’islam sont essentiels pour l’Afghanistan rural. On ne peut rien construire sans ces prémisses. J’aimerais beaucoup travailler sur la façon de véhiculer des informations modernes dans les endroits reculés. Avec tout l’argent qui a été dépensé, on aurait pu faire les choses de façon différente. Les femmes afghanes sont les plus illettrées sur terre (85 %). Et ce n’est pas parce qu’on sait écrire son nom qu’on sait utiliser l’écrit. Il faut une génération pour s’imprégner de l’imprimé. Il faut donc une éducation moderne, mais destinée à des gens qui ne savent pas écrire. La BBC avait autrefois quelques programmes radiophoniques en ce sens, mais la plupart du temps l’humanitaire est contaminé par la culture du rendement et du retour sur investissement.

On pourrait réfléchir à un programme de radio avec des spécialistes de la santé, des médias, des ethnologues et des anthropologues. Il y a des universitaires et des associations de terrain. Il faut les impliquer. Cela suppose de la bonne volonté, un travail à long terme, pour des résultats qu’on ne documente pas dans un photoreportage à sensation.

Pourtant, les femmes afghanes ont aussi été une cause en vogue…

Carol Mann. Oui, en 2001, l’alibi de George Bush était d’aller libérer les femmes afghanes. Elles sont devenues des icônes et une excuse. Six mois après, il a déclaré : « Elles sont libres. » Beaucoup de gens y ont cru, y compris l’association Rawa. Entre 2002 et 2005, la situation était effectivement meilleure pour les femmes – sans pour autant atteindre ni le niveau des ambitions des rois d’Afghanistan, ni les succès atteints par les régimes de gauche qui ont suivi la destitution du Zahir Shah. Depuis 2002, de nombreuses ONG se sont créées, surtout à Kaboul, employant des femmes. Mais ensuite, cela a été la dégringolade.

L’aide humanitaire n’était pas coordonnée, il y a eu des détournements et de la corruption, dont les Afghans n’ont pas été que victimes, mais aussi acteurs, avec la complaisance de donateurs peu regardants. Le militaire a pris le dessus. Et ce qui avait été mis en place dans les camps de réfugiés au Pakistan – avec le soutien du président pakistanais de l’époque, Zia Ul Haq – a été exporté vers la capitale afghane. Les réfugiés ont mis leurs gamins dans des madrasas, et ce sont ces derniers qui sont devenus les talibans qui défendent aujourd’hui une vision extrême et rigoriste de l’islam. Ces constructions idéologiques contemporaines ont remplacé l’islam mystique afghan, qui laissait de la place à des compromis aujourd’hui impossibles. La bourgeoisie de gauche a été évincée par les chefs de guerre, tel Hekmatyar, le chéri des Américains, dont il était l’allié dans leur dernière guerre froide. Les classes moyennes ont disparu. Aujourd’hui, les jeunes de la nouvelle bourgeoisie qui ont bénéficié de l’éducation demeurent encore à Kaboul, parce qu’ils veulent changer le pays. Mais quand les Américains vont partir, les talibans vont reprendre le dessus, ce qui est déjà fait d’une certaine façon. La situation est pourrie de tous les côtés. Il n’est qu’à voir la collusion terrible et cynique entre les Américains et les talibans qu’ils considèrent comme modérés, autrement dit toutes les figures politiques du pays qui adhèrent à l’islam politique.

Et on ne peut pas devenir le premier narco-État du monde en dépit des Américains sur place.

D’où peut venir le changement ?

Carol Mann. Pendant longtemps, j’ai cru qu’il allait venir des returnees, ces jeunes femmes rentrées de leur exil en Iran ou au Pakistan. Est-ce que l’Afghanistan va trouver seul son modèle ? Il y a des modèles qui pourraient fonctionner, comme le modèle rural iranien. Dans les villes frontalières de Herat à Farah, j’ai rencontré des jeunes filles qui étaient allées en Iran et qui en gardaient un souvenir formidable. Ce n’est pas le paradis pour les jeunes de Téhéran, mais le pays a su maintenir des structures de base, en termes de santé et d’éducation. Mais je suis convaincue que le destin de l’Afghanistan n’est pas de régler ses problèmes par lui-même, le pays est sous l’emprise de l’économie globalisée et des intérêts financiers qui sont les mêmes partout dans le monde. Les Américains cherchent à s’en sortir sans se couvrir totalement de ridicule, ce qui est déjà trop tard. Mais les intérêts du monde vont s’orienter vers des contrats plus ou moins occultes (pour les ressources telles que le cuivre, le cobalt, le lithium, l’uranium, la construction de gazoducs…) et vont perdurer. De même, l’argent sale des trafics de drogue (héroïne et cannabis) va continuer à profiter aux oligarques locaux et aux mafias internationales. Et c’est le peuple afghan, surtout les femmes, qui en feront les frais.

Un des taux de mortalité infantile les plus élevés au monde

En 2010, sur 1 000 naissances en Afghanistan, 151,5 enfants sont morts avant l’âge d’un an (statistiques du CIA World Factbook), soit un des taux de mortalité parmi les plus élevés au monde – pour comparaison, il est inférieur à 4 pour 1 000 en France. En Afghanistan, 45% de la population a moins de quinze ans. Et, d’après les chiffres de la députée UMP Françoise Hostalier, vice-présidente du groupe parlementaire Afghanistan-France (Nouvelles d’Afghanistan, nº 134), 7 millions d’enfants ont été scolarisés cette année, mais 4 millions ne sont pas du tout allés à l’école – en 2001, aucune fille ne fréquentait le système scolaire et moins d’un million de garçons étaient scolarisés (le Pnud compte 60 % de filles scolarisées en 2010). Depuis les dernières élections, le Parlement afghan compte 27 % de femmes.

L’Afghanistan est pourtant signataire de la convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Notes

(1) Voir www.femaid.org [1]
(2) Femmes afghanes en guerre. Éditions du Croquant, collection « Terra », 2010.
(3) Rawa, Association révolutionnaire des femmes afghanes, fondée à Kaboul en 1977.

Publication originale : L’Humanité, le 18 octobre 2011.

Article transmis à Sisyphe par Carol Mann.

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Expulsion d’erythréens depuis le Soudan

19 octobre 2011 - Afrik.com

Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a condamné l’expulsion forcée par le Soudan lundi de plus de 300 demandeurs d’asile et réfugiés érythréens. « Les demandeurs d’asile et les réfugiés avaient été condamnés pour leur entrée et des mouvements illégaux au Soudan, selon la loi sur l’immigration. Ce groupe était détenu depuis plusieurs semaines à Dongola au Soudan, dans l’Etat du Nord qui est frontalier avec l’Egypte », a dit un porte-parole du HCR lors d’une conférence de presse mardi à Genève. L’expulsion s’est déroulée malgré un accord entre le HCR et le Commissariat soudanais pour les réfugiés, selon lequel les Erythréens seraient transférés vers Khartoum pour un examen mené conjointement sur leur situation, l’objectif étant d’identifier dans ce groupe les personnes qui avaient déjà obtenu le statut de réfugié et de permettre à d’autres de pouvoir déposer des demandes d’asile. Selon le HCR, ces expulsions de réfugiés et de demandeurs d’asile s’assimilent à des refoulements (retours forcés) et constituent une violation de la Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés adoptée en 1951 ainsi que de la loi soudanaise de 1974 relative à l’asile. « Le HCR est préoccupé car, malgré les assurances reçues de la part des autorités, les droits des réfugiés ne sont pas respectés. Le Soudan a récemment procédé plusieurs fois déjà à l’expulsion forcée de demandeurs d’asile et de réfugiés érythréens vers l’Erythrée, où ils risquent la persécution », a dit le porte-parole.

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Deux migrants condamnés à 1 mois de prison pour avoir tenté le passage en Angleterre

19 octobre 2011 - La Voix du Nord - Stéphane Degouve

Deux migrants érythréens, soupçonnés d’être des passeurs, ont été jugés la semaine dernière au tribunal de Béthune. Parce qu’ils avaient ouvert les portes d’un camion pour d’autres migrants sur l’aire de Saint-Hilaire. En détention provisoire depuis trois semaines, ils ont été condamnés à 1 mois de prison.

C’est un scénario qui s’est déjà joué maintes fois sur l’aire de repos de Saint-Hilaire-Cottes... Les acteurs : des migrants érythréens qui profitent de la nuit pour essayer de monter dans un camion avec l’espoir d’atteindre l’eldorado anglais et des gendarmes et policiers qui ont pour mission de lutter contre l’immigration clandestine.

Dans la nuit du 19 au 20 septembre, les forces de l’ordre ont monté leur dispositif de surveillance vers minuit. Ils ont vite vu arriver, depuis les champs, une vingtaine de migrants. Par petits groupes ils s’approchaient des camions, visiblement dirigés par deux homme qualifiés de « meneurs ».

Quelques uns ont été interpellés, des migrants vite relâchés et les deux présumés passeurs qui ont donc été jugés mercredi dernier après trois semaines passées en détention provisoire.

Face à une quinzaine de migrants et membres de l’association Terre d’errance venus les soutenir, ils ont encore refusé d’endosser le costume de passeur qu’on veut leur faire porter. « J’étais avec des gens qui attendaient comme moi pour monter dans un camion » explique Yowhan Tedros, 29 ans, par la voix de l’interprète. Même écho chez Haelyesus Ghyrma, 22 ans, qui dit être « monté dans le camion. Je me suis sauvé quand j’ai entendu crier police ». La présidente concède que se sont avant tout « des personnes en très grande difficulté » mais répète « qu’on ne peut pas imaginer que personne ne donne le signal du départ du camp, que personne n’ouvre les camions ». Elle est consciente que les prévenus ne font pas partie d’une organisation mais ils ont été vus ouvrir les camions. La procureur ne les accable pas davantage : « Il n’y a pas d’aspect lucratif ou mafieux mais ils ont ponctuellement apporté leur aide à des gens en situation irrégulière ». Elle évoque tout de même « leur rôle actif » cette nuit-là avant de requérir 1 mois de prison.

« Ils fuient la misère de leur pays »

Une réquisition clémente saluée par Me Édouard Dubout qui a tout de même plaidé la relaxe. Car lui insiste sur « la situation de précarité absolue » des migrants. Ses clients « ont fui la misère de leur pays ». Yowhan Tedros, ingénieur en construction, a fui l’Érythrée en 2010 après avoir été enrôlé 10 ans dans l’armée sans être payé. Son périple l’a amené au Soudan, à Dubaï, en Turquie, en Grèce et en France. Et malgré une douzaine de tentatives, ils n’a pas encore réussi à atteindre sa destination finale : l’Angleterre. Le parcours de Haelyesus Ghyrma est différent. Lui a quitté son pays enfant, avec son oncle, pour échapper aux persécutions religieuses faites aux pentecôtistes. Il est passé par le Soudan, la Libye qu’il a fui après 4 ans quand la guerre a éclaté, l’Italie puis la France. Me Dubout insiste : « Ils ont le rêve anglais en tête, pas l’idée de vivre dans une jungle... ». Il concède qu’ils ont pu être « les leaders du groupe » car ils sont plus instruits, plus malins. Par solidarité, pas par intérêt. « Pour rentrer dans les camions, il faut bien qu’un ouvre la porte et qu’un ferme... » C’est toute l’ambiguïté.

Le tribunal a fait preuve de clémence et les a condamnés à 1 mois de prison. Ayant déjà passé trois semaine en détention, ils devaient être libérés dans les jours suivant l’audience. Certainement avec la même envie de reprendre la route vers l’Angleterre. En comptant sur d’autres migrants pour, cette fois, ouvrir la porte du camion...

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Libye-Actualité : Respecter les droits des migrants africains

19 octobre 2011 - Afrique en ligne - Pana

Washintgon demande au CNT libyen de respecter les droits des migrants africains - Les Etats-unis ont à nouveau exhorté les autorités de transition en Libye à honorer leur engagement à respecter l’Etat de droit et les droits de l’Homme universels pour toute personne vivant en Libye, face à l’inquiétude persistante sur le sort des migrants africains dans ce pays d’Afrique du Nord. ’Nous restons préoccupés par le fait que des migrants sub-sahariens continuent d’être détenus apparemment à cause de leur couleur de peau et de la supposition selon laquelle, ils ont soutenu le colonel Kadhafi’, écrit le Département d’Etat dans un communiqué. ’En outre, nous restons préoccupés par les informations concernant leur traitement en détention’, poursuit le communiqué.

Les Etats-unis assurent qu’ils continueront à interpeller le Conseil national de transition (CNT) sur cette question.

Les migrants originaires d’Afrique sub-saharienne ont été pris pour cible par les combattants du CNT, qui croient que ces derniers se battent pour le leader déchu Mouammar Kadhafi.

Lors d’une récente réunion à Addis-Abeba, en Ethiopie, le président nigérian, Goodluck Jonathan et le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, avaient conjointement appelé le CNT à protéger les migrants africains en Libye.

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Demandeurs d’asile : des familles à la rue

18 octobre 2011 - Ouest France - Y.-A. H.

Réunis hier, avec le collectif Droit d’asile, à la MPT de Penhars (où ils suivent des cours de français), des migrants vivant à Quimper ont témoigné de leur quotidien difficile.

Migrants venus de l’Est, ils rappellent qu’ils existent. Et que l’État ne respecte pas ses obligations d’hébergement. « Qu’est-ce qu’on fait sans papier ? On galère ! » Ils sont un petit groupe de demandeurs d’asile à la maison pour tous de Penhars, hier. Ils rappellent qu’ils existent. Dénoncent un quotidien inacceptable.

« Une vingtaine de personnes sont arrivées à Quimper depuis juillet, explique Denise Le Bars, présidente du collectif Droit d’asile. Combien ont été logés par l’État ? Aucun ! » « L’État ne respecte pas ses obligations d’hébergement », soupire Jean-Pierre Bigorgne, trésorier de l’association (la préfecture n’a pu être contactée).

Comment font ces familles tchétchènes, albanaises, géorgiennes, forcées de quitter leur pays ? En vivotant grâce à l’allocation temporaire d’attente, 10,83 € par adulte et par jour, pour les mieux lotis. Avec le système D pour les autres, hébergés chez des compatriotes, à plusieurs dans une seule pièce. « À Quimper, une famille vit dans sa voiture. Dans une autre, le mari est handicapé, la femme enceinte, ils ont une petite fille de 8 ans et dorment sur des cartons ! »

Excédés, neuf migrants ont entrepris d’occuper les locaux du CCAS, la semaine dernière. À contrecoeur, les personnels ont dû les expulser. Une solution serait de les renvoyer vers le centre d’accueil des demandeurs d’asile... « Mais il n’y a là-bas que 70 places pour 220 demandeurs actuellement », déplore Denise Le Bars. Désarmés, des familles tchétchènes souhaitent repartir. « Mais on connaît des gens qui ont été emprisonnés aussitôt arrivés là-bas. »

Le collectif Droit d’asile (76 bénévoles) aide comme il peut ces migrants toujours plus nombreux (en Bretagne, le nombre de demandeurs d’asile est passé de 1 000 à 1 300 en un an). Mais confie qu’il n’a plus d’argent. Pour essayer de collecter des fonds, il organise une soirée buffet-concert le 28 octobre, à la salle du Chapeau-Rouge.

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A guichets fermés

18 octobre 2011 - SudOuest.fr - Florence Moreau

[Bordeaux, Gironde]
Des avocats de l’Institut de défense des étrangers dénoncent des dysfonctionnements dans l’accueil des étrangers aux guichets de la préfecture.

La préfecture n’est pas encore ouverte. Ils sont pourtant déjà des dizaines à faire la queue en bravant tous les temps sur le trottoir (1). Attroupés. Des étrangers venus faire une demande de titre de séjour, d’asile, s’enquérir de l’avancement de leur dossier ou simplement signaler un changement d’adresse. Une attente résignée et déjà incertaine puisque tous n’entreront pas.

C’est écrit noir sur blanc sur les portes vitrées du hall. « Le service des étrangers se réserve la possibilité de limiter l’accès aux guichets en fonction de l’affluence. » Et ils sont de plus en plus nombreux à tenter leur chance. 24 000 du 1er janvier au 30 septembre 2010 contre 32 200 pour la même période cette année.

Il faut parfois rester debout de longues heures pour approcher un guichet de pré-accueil où obtenir un formulaire qui liste tous les documents nécessaires pour constituer le dossier.

Indignés du barreau

Dossier qui est souvent incomplet, alors il faut repasser par ce même guichet. Et repasser encore. Et encore. Il manque une pièce ou une autre. Le tout répété sur un ton souvent détaché, pas toujours aimable. Froid. Bureaucratique. Donnant « l’impression d’être en faute », se souvient une jeune femme. Sous l’œil de policiers mobilisés dans le cadre du Plan Vigipirate. Alors certains se font entendre à défaut de se faire comprendre, par le seul interlocuteur officiel dont ils disposent.

Une humiliation au quotidien dont ils ne souhaitent pas parler à visage découvert, de peur que cela nuise à leur dossier. Réceptacles de ces incidents et ce vécu (2), les avocats de l’Institut de défense des étrangers (IDE), à Bordeaux, ont décidé de réagir.

Plus qu’une fronde, l’expression d’un ras-le-bol. En « indignés du barreau », ils accusent. Parlent de « dysfonctionnement », de « désorganisation », d’une « politique du découragement systématique ». « C’est parfois incroyable. À croire que le but est de prendre le moins de dossiers possibles », raille un jeune avocat.

Chacun y va de son anecdote, de son « histoire vraie ». L’absence de grille de lecture. La faible amplitude des horaires d’ouverture. Un étranger mal orienté vers un titre qui ne correspond pas à sa situation. Des dossiers « en cours d’instruction » dont on ne retrouve la trace que plus de quatre mois après le dépôt. Deux guichets, reliés à la même banque de données qui ne donnent pas les mêmes informations. Un dossier qui se résout comme par miracle dès qu’un avocat tend l’oreille dans la file et s’en mêle.

Un refus de récépissé qui pourtant fait courir des délais et prouve que l’étranger a fait des démarches. Un client interpellé à la gare alors qu’il faisait une photocopie pour compléter son dossier. Un sentiment d’impunité pourtant parfois porté à la connaissance du juge administratif qui tranche dans un sens ou dans l’autre.

« Tout est fait pour les balader, nous dénigrer et nous décrédibiliser », résume un avocat. « Y compris nommément ». Les avocats de l’IDE ont saisi leur bâtonnier en lui demandant d’intervenir auprès de la préfecture pour rappeler les règles de bienséance et le respect de la profession d’avocat. Ils travaillent également sur une charte de bonne conduite.

Parole contre parole

« C’est parole contre parole », soupire la secrétaire générale de la préfecture, Isabelle Dilhac. « Il est évident que nous ne pouvons nous permettre de donner ce genre de consignes à nos agents. »

« Globalement, les modalités d’accueil des étrangers ne sont effectivement pas parfaites », reconnaît-elle. La préfecture réfléchit d’ailleurs à un « reformatage », un projet mobilier qui rapprocherait en outre - sans hall commun saturé - le service des étrangers avec l’Office français de l’immigration et de l’intégration.

Accompagnant la montée en puissance des demandes, la préfecture qui parle aussi « maîtrise des effectifs » ouvre désormais trois guichets de pré-accueil et cinq d’instruction. Plus une équipe actuellement dédiée aux étudiants étrangers. Consciente des centaines de dossiers en attente, la secrétaire générale a fait fermer le service des étrangers, le vendredi jusqu’à la fin de l’année, pour vider ces stocks. Un guichet spécial « avocats » a été mis en place.

« Mais j’ai aussi des remontées du personnel qui se plaint d’être agressé verbalement par des usagers, d’être déstabilisé, culpabilisé par les avocats », confie Isabelle Dilhac. « Ils ont une approche juridique, ils plaident aux guichets de complétude de dossiers alors que ce n’est pas l’endroit pour entrer dans le débat. Les agents ne sont pas en capacité de répondre. C’est une perte de temps pour tout le monde. »

« Le travail que nous faisons est de qualité », défend Isabelle Dilhac. Dans une matière sensible, complexe, qui nécessite des volontaires formés et spécialisés. Mais tension et stress restent palpables aux guichets.

(1) En région parisienne, les policiers ont mis à mal un trafic qui permettait, moyennant finances, de gagner des places dans la queue. _ (2) Un recueil de témoignages, baptisé Tempref a été initié par des associations.

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Le trafic Eurostar suspendu après la mort d’un passager

18 octobre 2011 - TF1 news

La circulation des Eurostar a été suspendue plusieurs heures lundi après la mort d’un passager, tombé d’un train assurant la liaison Londres-Bruxelles, a annoncé la compagnie ferroviaire transManche.

Un ressortissant albanais de 22 ans, qui s’était vu refuser l’entrée en Grande-Bretagne et qui retournait volontairement - selon la police - sur le continent, est tombé d’un train Londres-Bruxelles vers 17h50 (16h50 GMT) dans le Kent (sud), a indiqué de son côté la police britannique des transports.

Le jeune homme est décédé et le trafic Eurostar a été interrompu pour les besoins de l’enquête avant d’être rétabli dans la soirée, selon la compagnie. Selon la police, le décès du jeune albanais est accidentel.

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Inquiry after Eurostar train passenger dies

18 octobre 2011 - The Guardian

Albanian man who was refused entry to the UK has died in a fall from a high-speed Eurostar train in Kent

An Albanian man who was refused entry to the UK died in a fall from a high-speed Eurostar train as he was leaving the country.

The 22-year-old was leaving Britain voluntarily when he fell from the 5.04pm London St Pancras to Brussels service in Cheriton, Kent, on Monday at around 5.50pm, British Transport police (BTP) said.

The incident, which is not being treated as suspicious, caused long delays to the Eurostar service as police launched an investigation.

A BTP spokesman said the man was declared dead at the scene and that officers were trying to establish the circumstances leading to his death.

He added : "At this stage, it is believed the deceased is a 22-year-old Albanian national who had entered the UK from Brussels and was returning voluntarily after being refused entry."

The man’s body was taken to William Harvey hospital in Ashford, Kent. Eurostar services were temporarily suspended before resuming, but with delays.

Richard Ashworth, MEP for South East England and Conservative spokesman on agriculture and rural affairs, was a passenger on the train.

He said : "The understanding was that an illegal migrant being deported somehow got off it and was killed, so they stopped for police to be brought on.

"It defies logic, how you get a door open on a train at high speed."

Ashworth, who got back to London around 10.30pm and hopes to travel to Brussels on Tuesday instead, said Eurostar’s communication with passengers "leaves a lot to be desired".

He said there had been regular, but "pointless", announcements for the three hours they were stuck on the train, and passengers were relying on Twitter and social networking to find out what had happened.

"The best source in our carriage seemed to be a lady from the BBC who was on the next train," he said.

"We found things out from every possible avenue except Eurostar."

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Moins d’immigrés en Espagne

18 octobre 2011 - Le Temps d’Algérie - Hamid A.

Un dernier recensement effectué par l´Institut national des statistiques sur l´état de l´immigration en Espagne fait ressortir une tendance à la baisse du nombre des immigrés établis en Espagne. Pour la première fois en dix ans, le nombre des étrangers qui quittent l´Espagne a dépassé celui de ceux qui viennent s´y établir.

Plus de départ que d´arrivées en 2009

Cet institut a observé que durant les 9 premiers mois de l´année en cours, 356 692 immigrés ont décidé de retourner dans leur pays pour n´avoir pas les moyens de faire face à la sévère crise économique que traverse ce pays depuis 2007. En revanche, 317 491 candidats à l´immigration ont été enregistrés durant cette même période, soit un « solde négatif » de 39 201 immigrés. Avant le début de la crise économique qui a fait son apparition durant le second semestre 2007, l´Espagne avait enregistré durant les neuf premiers mois de cette date 735 057 arrivées contre 223 062 départs, soit un « solde positif » de 511 995 personnes. Beaucoup de ressortissants latino-américains ont préféré retourner dans leur pays en attendant que passe l´orage de la crise économique. De nombreux immigrés maghrébins ont fait le même choix, y compris ceux qui sont titulaires d´une carte de travail et de séjour, leurs maigres moyens économiques ne leur permettant pas de satisfaire aux besoins d´une famille. Il reste l´exception des harraga algériens qui continuent d´être parmi le rares à croire en leur avenir dans un pays qui totalise, en 2011, 5 millions de chômeurs, alors que la crise est encore à venir.

Vieillissement de la population

Par la loi de 2009 sur les retours volontaires moyennant paiement de droits sociaux, le gouvernement espagnol a encouragé les étrangers ayant perdu leur emploi à retourner dans leur pays d´origine, en raison de l´aggravation du taux de chômage qui a atteint 21% en 2011.

Les démographes, eux, s´inquiètent du vieillissement de la population en Espagne où la natalité est en baisse, avec seulement 1,4 enfant par femme. La baisse de la fécondité que compensait jusque-là l´immigration hors Union européenne est jugée en deçà du minimum de remplacement générationnel.

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Insulté puis passé à tabac, un adolescent calaisien victime d’une agression raciste

18 octobre 2011 - La Voix du Nord - Olivier Pecqueux

Samedi vers 21 h, alors qu’il rentrait chez lui à vélo, un adolescent camerounais de 15 ans vivant à Calais depuis quatre ans a été victime d’une agression d’une violence inouïe. Insulté de « négro » et de « sale noir », l’adolescent a reçu des coups de pieds sur le corps et le visage, puis des coups de poings qui lui ont cassé trois dents. Indignée, la mère de la victime veut alerter l’opinion publique, « pour que cela ne se reproduise plus ».

Rodrigue n’a que 15 ans mais on peut avancer que toute sa vie, il se souviendra du samedi 15 octobre, jour où la bêtise humaine s’est révélée dans sa forme la plus violente. Il est 21 h quand le jeune homme enfourche sa bicyclette pour quitter un ami, chemin Castre. Son parcours pour rentrer chez lui avenue Toumaniantz l’amène à passer rue Dolain, où, régulièrement, il croise des personnes qui l’insultent. Seulement cette fois, aux provocations verbales s’est ajoutée une agression physique d’une violence insoutenable. « Un jeune homme m’a insulté de "négro, bougnoule, sale noir", rapporte l’adolescent aux policiers, lors du dépôt de plainte dimanche. Il s’est mis au milieu de la route pour que je m’arrête, ce que j’ai fait. » Selon le récit de la victime, un deuxième jeune homme, le frère de l’agresseur, se présente, incitant le premier à porter des coups de pieds.

Rodrigue est frappé à l’épaule et sur le haut du corps. Arrive ensuite un troisième homme, le père, toujours selon la victime. « Le père m’a bousculé. J’ai voulu m’enfuir mais quelqu’un m’a empêché de partir. À ce moment-là, le père m’a donné des coups de poing au niveau de la bouche. » La violence des coups est telle que le jeune homme perd une dent, deux autres se trouvant pliées sur sa lèvre inférieure (notre photo). À terre, la victime reçoit encore des coups, à l’oreille et au visage.

Examen du légiste aujourd’hui

Emmené aux urgences de l’hôpital de Calais, Rodrigue présente des plaies, un oedème, de douleurs sur le haut du corps et « un orifice béant et saignant » à la bouche. Le médecin de garde prescrit au collégien scolarisé à Marck une incapacité totale de travail de cinq jours, en attendant l’examen d’un médecin légiste, aujourd’hui.

« Depuis cette agression, mon fils ne fait que pleurer, il ne comprend pas cette agression, lâche Clémentine, sa mère, pour qui cette agression est insupportable. Je suis révoltée, je veux en parler pour dénoncer tout cela. Il faut que cela s’arrête, et pas que pour mon fils. Il ne s’agit pas d’une bagarre de gamins, c’est le papa qui a porté les coups. »

La mère de famille contient ses larmes et, de sa poche, sort la dent de son fils. « Il a 15 ans, il vient de perdre trois dents, je ne peux pas accepter ça. Mon fils, autrefois, répondait aux insultes par la violence. Il n’est pas un ange. Mais je lui ai dit et répété que la violence ne règle rien. Il s’était calmé. » La maman montre ensuite les photos de son fils, le visage tuméfié, la bouche ensanglantée. « Il ne dort pas depuis deux jours tellement il a mal. Son oreiller était imbibé de sang samedi soir. Comment peut-on faire une chose pareille ? » Hier, l’adolescent a passé un scanner maxillo-facial qui a confirmé que les deux autres dents sont sur le point de tomber. La pose de prothèses n’est pour le moment pas envisageable.

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BULGARIE | Les conséquences du Printemps Arabe

18 octobre 2011 - Journal Europa - Alice Toussaint

Le Printemps Arabe et les problèmes de l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie dans Schengen semblent deux phénomènes totalement séparés. Ils sont pourtant beaucoup plus proches qu’on ne le pense.

Le Printemps Arabe a apporté une vague de terreur chez tous les états membres de l’Espace Schengen. Avec les guerres civiles qui sévissent dans ces pays, une forte migration est inévitable, mais une fois la frontière externe passée, les migrants ne trouvent plus aucun obstacle et peuvent circuler librement dans toute la zone. Ajoutés au problème des Roms, ces deux soucis ont amené les pays européens à réagir. En mai 2010, la Commission Européenne a proposé de rétablir les frontières internes. Les états membres de l’Union Européenne n’ont pas suivi cette proposition, mais ils ont abordé l’idée d’un renforcement des douanes.

Mais, pour que cette décision soit validée, il faut un accord communautaire. Dans cet esprit, la Commission Européenne a organisé une réunion pour clarifier le sujet. À la veille de cette réunion, le Danemark a surpris tout le monde en faisant son choix tout seul. Le Ministre Danois Claus Hjort Frederiksen explique que son gouvernement a décidé de réintroduire les contrôles douaniers à leurs frontières, en particulier celles qu’ils partagent avec l’Allemagne et avec la Suède. C’est le parti d’extrême droite du pays, le PPD, qui a suggéré cette idée afin de lutter contre l’immigration illégale et les crimes organisés.

L’exemple du Danemark illustre parfaitement la façon dont tous les partis d’extrême droite de l’Union Européenne peuvent utiliser les événements actuels pour poursuivre leurs objectifs et renforcer leurs influences auprès de la population. Heureusement, parfois les choses changent ! Les récentes élections au Danemark ont amené un nouveau gouvernement au pouvoir. Dès sa mise en fonction, il a supprimé les contrôles aux frontières. Une bonne chose pour Schengen.

En regard de ces faits, il semble évident que tous ces problèmes ont un lien direct avec la Roumanie et la Bulgarie. D’un point de vue pratique, ces pays sont prêts à entrer dans l’Espace Schengen. Mais, encore une fois, c’est la peur qui dicte les réactions des décideurs européens. Ils ont peur que, une fois entrées dans Schengen, les routes de migrations passant par la Grèce changent pour la Bulgarie et la Roumanie. Cependant, une chose est sûre : Ce n’est pas en fermant les frontières et en laissant le problème de l’autre côté de la ligne que l’Europe va résoudre son problème d’immigration.

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Nationalité française : les conditions d’obtention sont-elles trop strictes ? Pour en savoir plus : Nationalité française : les conditions d’obtention sont-elles trop strictes ?

18 octobre 2011 - Marie Claire - Claire Schneider

Les candidats à la nationalité française devront désormais maîtriser la langue et connaître la culture, a annoncé le Ministre de l’Intérieur Claude Guéant. Une mesure qui vise selon lui à réussir les naturalisations mais qualifiée de démagogique par d’autres.

Deux décrets et un arrêté viennent renforcer le contrôle du niveau de français exigé des candidats à la nationalité française. Ils devront désormais maîtriser le "langage nécessaire à la gestion de la vie quotidienne" et produire un diplôme ou une attestation. En plus de la langue, le candidat à la naturalisation devra aussi justifier "d’une connaissance suffisante, selon sa condition, de l’histoire, de la culture et de la société françaises", selon un nouvel article du code civil.

Un million d’étrangers présents sur le territoire national ne parlent pas le français

Chaque année, la France accorde sa nationalité à plus de 100.000 étrangers, et d’après le ministère de l’Intérieur, cité par Les Echos, "environ un million d’étrangers présents sur le territoire national ne parlent pas le français". Le niveau de langue - jusque-là évalué par un entretien individuel (supprimé) - le sera désormais par diplôme ou attestation. Ces nouvelles dispositions concernent les "étrangers demandant l’acquisition de la nationalité française" par "naturalisation" ou "mariage" avec un Français, selon les textes.

Objectif : des "naturalisations réussies"

Claude Guéant, qui milite pour une réduction de l’immigration légale, a souligné que ces exigences avaient pour objectif des "naturalisations réussies" et non de juguler le nombre de candidats à la nationalité française. "L’objectif est de faire en sorte que ceux qui entrent dans la nationalité française y entrent en respectant les valeurs de la République" et "il est tout à fait normal qu’un Français parle le français", a insisté Claude Guéant.

Mesure disproportionnée et démagogique

Pour certains, cette maîtrise du français courant au moment de la naturalisation risquerait d’écarter un certain nombre de gens, enfants de bi-nationaux par exemple, exilés politiques bénéficiaires du droit d’asile... Les diplômes demandés doivent "sanctionner un niveau au moins égal au niveau V bis de la nomenclature nationale des niveaux de formation", ou "au moins équivalent au niveau B1 du Cadre européen de référence pour les langues du Conseil de l’Europe". Il s’agit donc d’un niveau assez élevé. N’est-ce pas la manifestation du désir de s’intégrer qui est vraiment indispensable ?

Enfin, d’autres estiment que ces mesures sont démagogiques et sont uniquement destinées à obtenir des voix pour l’UMP lors de l’élection présidentielle.

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’L’Europe doit accueillir 1,3 milliards de migrants d’ici 2050’

18 octobre 2011 - Express.be - Audrey Duperron

Ce mois-ci, le 7 milliardième être humain devrait naître sur la Terre, et nous devrions être 10 milliards d’individus sur la planète à la moitié de ce siècle. Ces 3 milliards de personnes supplémentaires que nous attendons devraient provenir essentiellement des pays en développement, notamment d’Afrique et du sous-continent indien, et la plupart devraient provenir de zones urbaines.

Joel Cohen, un démographe de l’université Rockefeller de New York, rappelle qu’il n’y avait que 3 Européens pour chaque Africain de la zone sub-saharienne en 1950, mais qu’en 2100, il devrait y avoir 5 Africains pour 1 Européen. Ce renversement démographique va forcément s’accompagner de changements politiques et environnementaux. Au moment où Malthus concevait sa politique de contrôle des naissances, la population du monde était de moins d’un milliard. Mais la croissance démographique est exponentielle, et il aura fallu moins de 50 ans pour que la population double et franchisse la barre des 7 milliards. Cette croissance s’est accompagnée d’un vieillissement de la population, et alors que l’espérance de vie n’était que de 46 ans en 1950 en moyenne dans le monde, elle est aujourd’hui de 70 ans et dépasse même 80 ans dans les pays occidentaux.

C’est d’ailleurs de ces pays que proviennent les plus fortes consommations, et, partant, les plus fortes pressions environnementales, alors que les taux de natalité y sont désormais les plus bas. Pour ces pays, l’enjeu ne sera pas la surpopulation, mais au contraire d’apporter des solutions à la dépopulation. Au Japon, par exemple, le nombre de sexagénaires devrait croître de 31% à 42% de la population en 2050. Pour David Bloom, professeur d’économie et de démographie à l’école de santé publique de l’université d’Harvard, il sera nécessaire de prendre des mesures pour y faire face, telles qu’inciter les femmes à travailler, développer le taux d’épargne des citoyens, reculer l’âge de la retraite, mais aussi, encourager l’immigration.

Ce dernier point n’est pas anodin : on estime en effet que d’ici 2050, il faudrait que l’Europe accueille 1,3 milliards d’immigrés pour maintenir le rapport entre les actifs et les inactifs dans la population, ce qui ne sera pas sans poser un immense risque de déstabilisation, au niveau politique et social.

Selon Cohen, les gouvernements des pays pauvres doivent aussi se préparer à l’urbanisation, avec 2,5 milliards de personnes à 3 milliards migrant vers les villes des pays pauvres sur les 40 prochaines années, c’est-à-dire un million de nouveaux venus dans les villes tous les 5 jours. Cela suppose que des politiques soient mises en place pour permettre d’assurer l’accueil de ces populations d’origines diverses, que ce soit sur le plan de la santé, de l’éducation, ou même au niveau culturel. Les pays riches doivent embrasser de nouveaux styles de vie et développer des réponses technologiques pour lutter contre le réchauffement climatique et l’épuisement des ressources naturelles que ceci va nécessairement induire. S’ils échouent à s’adapter, ce seront les plus pauvres qui devront en payer le prix, et qui devraient finalement être contraints de trouver leurs propres solutions pour ces problèmes que les pays riches n’ont toujours pas réussi à dominer.

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Immigration : Des centaines d’enfants "arrêtés" dans les aéroports britanniques

17 octobre 2011 - Le Temps d’Algérie

Des centaines d’enfants sont détenus dans les ports et aéroports britanniques par l’Agence de contrôle aux frontières, a révélé lundi la Children’s Society, citée par la BBC.

697 enfants de moins de 18 ans ont été arrêtés entre mai et août 2011 dans le port de Douvres et dans les aéroports tels Heathrow, Gatwick et Stansted, selon cet Organisme qui s’est dit "horrifié" par ces chiffres publiés en vertu du Freedom of Information Act.

Plus du quart des adolescents détenus voyageaient seuls, selon la Société qui milite pour la protection des droits des enfants. "Nous sommes horrifiés par le nombre excessif d’enfants détenus dans les ports et aéroports et très déçus que le gouvernement n’ait pas tenu sa promesse de faire cesser cette pratique", a déclaré Bob Reitemeier, directeur général de la Children’s Society. Ce responsable a appelé le Home Office à lancer une enquête pour voir pourquoi un nombre si important de mineurs sont détenus a l’entrée au Royaume-Uni. L’inspecteur en chef des prisons britanniques, Nick Hardwick, a également exprimé ses préoccupations au sujet de cette pratique. En Juillet 2010, au lendemain de son élection, le gouvernement de Coalition a promis de mettre fin à la détention des enfants demandeurs d’asile déboutés.

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Conseil des migrants : Natacha Bouchart anticipe le plan grand froid

15 octobre 2011 - La Voix du Nord - Patricia Noël

Hier après-midi, la sénatrice-maire de Calais a reçu les associations qui viennent en aide aux migrants afin d’anticiper les mesures du plan grand froid.

  • Faire un point avant l’hiver Le prochain conseil municipal est programmé mercredi prochain. C’est la dernière réunion des élus avant l’hiver, le prochain conseil étant prévu en décembre, quand les frimas seront bien installés. C’est pour cette raison que Natacha Bouchart a orienté l’essentiel des débats du conseil des migrants sur l’accueil des migrants en cas de mise en place du plan grand froid.
  • Aide exceptionnelle : il reste de l’argent. L’année dernière, l’État avait concédé une aide exceptionnelle dans le cadre de la gestion du plan grand froid. Cette enveloppe de 100 000 E, qui a permis notamment d’acheter du matériel, n’a pas été utilisée dans sa totalité. Il reste la somme de 42 000 E, que l’État ne reprendra pas. La Ville a donc décidé de reconduire le dispositif mis en place au début de l’hiver dernier, en mettant à nouveau à disposition la salle du BCMO. « Nous reconduirons le dispositif en terme d’hygiène, avec notamment l’installation de WC chimiques » a détaillé la maire de Calais.
  • Les associations demandent une intervention de professionnels. Hier, les représentants des différentes associations qui, toute l’année, œuvrent auprès des migrants, ont tiré la sonnette d’alarme. « Elles nous expliquent, et on le comprend aisément, que leur mission devient très lourde sur les plans physique et moral » relate la sénatrice-maire. Clairement, les associations aimeraient voir des professionnels prendre leur relais. De quelle manière ? C’est toute la question. Les bénévoles vont prochainement rencontrer les services de l’État compétents en la matière pour voir quel organisme pourrait prendre en charge l’accueil en cas de plan grand froid. « Nous, en tant que collectivité, nous ne souhaitons pas nous immiscer dans un tel dispositif », a tranché Natacha Bouchart. Elle n’a néanmoins pas exclu une participation municipale en cas de nécessité.
  • Un nouvel afflux de migrants. Depuis la fermeture des services en charge de l’immigration à Dunkerque, les représentants des associations constatent une augmentation du nombre de migrants. « Les migrants qui se retrouvent à Dunkerque seraient emmenés vers Coquelles et il y aurait beaucoup d’allers sans retours », a déploré Natacha Bouchart. Elle a d’ores et déjà alerté le sous-préfet sur ce phénomène qu’elle ne voit pas d’un bon œil.
  • Pression sur les migrants. « Les associations ont constaté que certains migrants seraient plus agressifs et parfois armés de barres de fer », s’est inquiétée la sénatrice-maire. Le conseil des migrants a aussi mis en évidence des pressions de passeurs auprès des mineurs et des jeunes femmes.
  • L’ancien site Noyon bientôt démoli. Natacha Bouchart a rappelé que les anciens sites Noyon, où des migrants trouvent parfois refuge, seraient bientôt démolis. Ces opérations seront menées dans le cadre des opérations de renouvellement urbain du quartier du Vauxhall.

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Iran : la condamnation du cinéaste Jafar Panahi confirmée en appel

15 octobre 2011 - Libération - AFP

TEHERAN (AFP) - La justice iranienne a confirmé la condamnation de Jafar Panahi à six ans de prison et 20 ans d’interdiction de filmer, voyager ou s’exprimer, malgré la mobilisation internationale en faveur du cinéaste de renommée mondiale.

Une cour d’appel a "confirmé la condamnation de Jafar Panahi à six ans de prison et vingt ans d’interdiction de faire des films ou des scénarios, de voyager à l’étranger ou de donner des interviews", a indiqué samedi un membre de sa famille à l’AFP.

M. Panahi, qui restait samedi en liberté selon la même source, avait été condamné en décembre 2010 pour "activités contre la sécurité nationale et propagande contre le régime" après avoir entamé la réalisation d’un film sur les troubles ayant suivi la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009.

Agé de 51 ans, Jafar Panahi, connu pour ses satires sociales grinçantes, est l’un des cinéastes de la "nouvelle vague" iranienne les plus connus à l’étranger où il a reçu de nombreuses récompenses dans les plus grands festivals.

Son arrestation en mars 2010, sa détention pendant trois mois puis sa condamnation en décembre dernier ont provoqué la réprobation des milieux artistiques et politiques occidentaux, qui se sont mobilisés pour demander l’abandon des poursuites contre le cinéaste.

Les festivals les plus prestigieux, dont Cannes, la Mostra de Venise ou la Berlinale, ont fait de Jafar Panahi leur invité d’honneur, lui dédiant une chaise vide et organisant hommages et rétrospectives de soutien.

De nombreux gouvernements occidentaux ont dénoncé l’arrestation et la condamnation du cinéaste, jugées notamment "incompatibles avec les engagements internationaux de l’Iran sur les droits de l’Homme" par la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

Le lourd verdict de décembre a également été critiqué à mi-voix par l’exécutif iranien, à couteaux tirés depuis plusieurs mois avec l’autorité judiciaire, dominée par la ligne dure du régime, sur de nombreux dossiers sensibles.

_"Le gouvernement et le président n’approuvent pas la condamnation" de M. Panahi, avait déclaré en janvier le directeur de cabinet de M. Ahmadinejad, Rahim Esfandiar Machaie.

Le jugement en appel "a été rendu il y a deux semaines, mais n’a pas encore été appliqué et Jafar Panahi demeure libre pour l’instant", a précisé samedi sa famille. L’avocate du cinéaste, Me Farideh Gairat, a indiqué de son côté à l’AFP ne pas avoir reçu de notification du jugement.

Ce dernier n’a pas été annoncé publiquement par la justice, mais le quotidien gouvernemental Iran y a fait allusion samedi en indiquant que la Cour d’appel avait confirmé la sentence initiale sur les mêmes accusations d’"action contre la sécurité nationale et propagande contre le régime".

Le journal a par ailleurs indiqué que la Cour avait réduit à un an de prison, contre six auparavant, la peine de Mohammad Rasoulof, co-réalisateur avec Jafar Panahi du projet de film qui leur a valu d’être condamnés ensemble en décembre 2010.

Mohammad Rasoulof, condamné en première instance pour les mêmes motifs que Jafar Panahi, a reçu en mai, en son absence, le prix "Un certain regard" du Festival de Cannes pour son film "Au Revoir".

Le cinéma iranien a été durement frappé par la répression qui a touché de nombreux artistes et intellectuels proches de l’opposition depuis les troubles ayant suivi la rélection de M. Ahmadinejad.

Plus d’une dizaine de réalisateurs ou acteurs ont été arrêtés et parfois durement condamnés depuis l’été pour "propagande contre le régime", dont plusieurs documentaristes accusés d’avoir donné "une image négative" du pays.

Début octobre encore, l’actrice Marzieh Vafamehr a été condamnée à un an de prison et 90 coups de fouets pour avoir joué dans un film évoquant les difficultés faites aux artistes dans la République islamique.

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Copwatch. La justice bloque l’accès au site Internet "anti-flic"

15 octobre 2011 - Le Télégramme

Le tribunal des référés de Paris a ordonné hier aux fournisseurs d’accès à Internet de bloquer l’accès, à partir du territoire français, au site Copwatch, qui fiche policiers et gendarmes au nom de la lutte contre les "violences policières". Claude Guéant avait demandé la suppression d’une dizaine de pages qui permettaient d’accéder aux données personnelles de gardiens de la paix. Les fournisseurs d’accès ayant plaidé que cette mesure était impossible, le tribunal a décidé une mesure encore plus restrictive.

Oeuvre d’un "collectif de citoyens souhaitant lutter par la transparence et l’information contre les violences policières", le site Internet Copwatch Nord-Ile-de-France publie des photos de policiers et gendarmes, parfois leurs noms, à qui il attribue des propos et auxquels il donne des appréciations.

"Une cartouche de chasse dans sa boîte aux lettres"

Pour Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, et le syndicat Alliance, qui s’était ému le premier de cette pratique, l’heure était grave, car l’un des 450 policiers identifiables avait reçu "une cartouche de chasse dans sa boîte aux lettres".
Selon Me Delphine des Villettes, qui défend le deuxième syndicat des gardiens de la paix, les policiers étaient "extrêmement inquiets (...), alors qu’une frange de la population est animée d’une haine "anti-flic"." A ses yeux, "c’était faire peser sur eux une menace potentielle immense", car "il y avait presque un appel à aller commettre des violences contre des policiers".

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Pétition contre l’expulsion de Madeleine, d’origine togolaise

14 octobre 2011 - Service National de la Pastorale des Migrants

Signez la pétition lancée par la JOC contre l’expulsion d’une jeune Togolaise, responsable de l’organisation et menacée d’expulsion !

Dans « La Mort au détail », Jacobsen entre migrants et... baraques à frites

13 octobre 2011 - La Voix du Nord - Jennifer Laure Djian

Intrigue dense, dénouement subtil. « La Mort au détail », le troisième volet des aventures du commandant Jacobsen, écrites par Dirck Degraeve, plonge dans les affres des migrants et des baraques à frites. Deux enquêtes incompatibles, en apparence. Elles sont toujours trompeuses.

Le fil de l’intrigue, Dirck Degraeve le dénoue avant d’écrire. Il débute par là. Le détail, invisible aux yeux du lecteur, qui fera vaciller l’enquête, autour duquel il assemble son histoire. Dans La Mort au détail, la jungle des migrants installée près de la gare de Saulmères, le double de Saint-Omer dans l’univers de l’auteur. « Ça faisait longtemps que je souhaitais en parler en le transposant à Saulmères . C’est une situation qui me perturbait. Je ne propose pas de solution mais je crois que le roman policier doit s’inspirer d’une réalité sociale. Je voulais voir ce que ça pourrait donner en imaginant un scénario catastrophe. »

« Un moyen de se dépasser »

L’enquête sur la jungle, après le décès d’un bénévole de l’association Caritas, qui oeuvre auprès des migrants, est confiée au commandant Jacobsen. Corinne Maresquier hérite de celle des baraques à frites. Elles finiront par se rejoindre. Un peu comme les deux héros, dont l’histoire d’amour s’apaise. « Jacobsen est flic depuis vingt ans, on le surnomme Schubert, il passe pour un has been aux yeux de ses collègues. L’arrivée de Maresquier est pour lui un moyen de se dépasser. Comme il est pour elle l’occasion de changer de vie. C’est une vision assez optimiste de l’amour. » Elle s’accompagne d’une bande son. Chaque personnage a son double musical. Le rock pour Corinne, la musique classique pour Jacobsen, le jazz pour la juge Rotrou, troisième protagoniste d’importance de La Mort au détail. « Ce sont des références à ce que je lis, ce que j’écoute pendant que j’écris, confie Dirck Degraeve. La musique vient jouer le contrepoint de l’horreur du monde, elle apporte un peu de poésie. Les romans policiers sont souvent très noirs, ils ne proposent pas de respiration. Et puis, dans celui-ci, c’est un vecteur de rencontre, d’échange, entre Jacobsen et Maresquier notamment. Il y en a moins dans le quatrième. » Dirck Degraeve est en train de l’écrire. Un premier jet pendant les grandes vacances, il est maintenant en train de peaufiner l’intrigue, fouillée encore. « J’espère finir à Noël et me ménager ensuite quelques mois de repos, j’en aurai besoin. » Après ? Il ne le sait pas encore. « C’est difficile de maintenir le rythme. Dans un sens, l’idée de la série, ça facilite les choses, on s’y glisse comme dans un vieux vêtement.

En même temps, il faut se méfier de la facilité pour ne pas s’essoufler. » Il ne se lasse pas. « Sur le dernier, je m’amuse énormément. » S’attache à ses personnages de papier, imaginés en reflets de lui. « J’ai mis en chacun des traits de ma personnalité que je ne renierai pas. » Le goût pour la musique et la littérature en Jacobsen, son côté excessif « que j’essaie de contrebalancer dans la vie. Mes personnages sont aussi des miroirs. Le je est complexe, on trouve aussi dans nos écrits des parties de nos vies qu’on peut avoir refoulé ».

Après le quatrième, Dirck Degraeve laissera au cinquième le temps de venir. Il a aussi d’autres projets d’écriture, autour de Ces Êtres chers , son premier roman, et de la vie estudiantine dans la période post-mai 68. « C’est un projet, je n’en ai pas écrit une ligne », coupe Dirck Degraeve. Loin de Jacobsen. •

« La Mort au détail », aux éditions Le Riffle, tarif : 20 E.

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Des Afghans à Saint-Astier. Des vrais et des plastrons

12 octobre 2011 - Blog Ouest France de Philippe Chapleau

Des Afghans à Saint-Astier (près de Périgueux), ce n’est pas une nouveauté. Un groupe de policiers a déjà pris part à des sessions de formation des POMLT, les équipes de mentoring chargées de conseiller la police afghane, en novembre 2010 puis en juin dernier. "C’est un problème clé, explique le lieutenant-colonel Renault, le chef de la division Relations internationales du CNEFG : il faut former les mentors avant leur départ pour l’Afghanistan. Et la présence de cadres afghans apporte un plus".
Actuellement, un troisième groupe d’officiers de police afghans se trouve au CNEFG pour un séjour de deux semaines au cours duquel ces policiers vont contribuer à la préparation de leurs camarades européens (je reviendrai dans un prochain post sur les POMLT néeerlandaises que j’ai pu suivre lors de leur formation).
Les 26 officiers de l’Afghan Border Police (accompagnés par une dizaine d’interprètes et de conseillers culturels) sont sous les ordres du colonel Mohamed Sedeqi qui commande les 4 000 hommes de l’Afghan Border Police en Zone 5 (nord de l’Afghanistan, sur une frontière de 2 500 km, avec cinq autres pays !). "Après trois décennies de guerre et grâce au soutien international, mes hommes sont désormais des policiers expérimentés. Ils peuvent donc partager leurs expériences mais ils doivent aussi apprendre", explique l’officier qui reconnaît les carences des forces de police afghanes : "Effectifs encore insuffisants, manque d’armes lourdes, manque de véhicules blindés, besoins en formation...". Le séjour des cadres afghans à Saint-Astier leur permet cet échange : d’une part, des policiers peuvent présenter aux POMLT de la gendarmerie européenne (actuellement des Néerlandais, des Lituaniens et des Français) les défis culturels, matériels et sécuritaires qu’ils vont devoir relever en Afghanistan ; d’autre part, ils apprennent à connaître les hommes qui vont les conseiller, les former et les soutenir pendant les six prochains mois. Dix jours de théorie, puis cinq jours de pratique dans des ateliers : check-point, contrôle de foule, fouille de compounds, attentat-suicide...
Voilà pour les "vrais" afghans. Et les "faux" ? Les élèves gendarmes qui effectuent tous, au terme de leur formation, un court séjour au CNEFG, ont été réquisitionnés pour le plastron. Tantôt sympathiques villageois, tantôt trafiquants d’armes, voire talibans..., ils jouent le jeu avec ferveur et réalisme. Képi bas ! Ce n’est pas drôle d’être fouillés sans ménagement, d’être jetés dans un fossé, ligotés, sous l’oeil farouche de collègues afghans et néerlandais.

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France Pour devenir Français, il faudra prouver sa maîtrise de la langue

12 octobre 2011 - Ouest France

Deux décrets et un arrêté parus ce mercredi au Journal officiel (JO) renforcent le contrôle du niveau de français exigé des candidats à la nationalité française. Ceux-ci devront comprendre le « langage nécessaire à la gestion de la vie quotidienne », et désormais produire un diplôme ou une attestation le prouvant.

Acquisition de la nationalité par naturalisation ou mariage

Ces nouvelles dispositions concernent les « étrangers demandant l’acquisition de la nationalité française » par « naturalisation » ou « mariage » avec un Français, selon les textes.

Un premier décret de la loi du 16 juin 2011 sur l’immigration stipule que « tout déclarant doit justifier d’une connaissance de la langue française caractérisée par la compréhension des points essentiels du langage nécessaire à la gestion de la vie quotidienne et aux situations de la vie courante ainsi que par la capacité à émettre un discours simple et cohérent sur des sujets familiers ».

Il faudra prouver son niveau par un diplôme ou une attestation

« Le niveau de langue ne sera plus évalué au cours d’un entretien individuel par un agent de préfecture », désormais supprimé, « mais il appartiendra à l’étranger d’en justifier par la production d’un diplôme ou d’une attestation délivrée par un organisme reconnu par l’Etat ou par un prestataire agréé », ajoute le texte.

Les diplômes demandés doivent être « délivrés par une autorité française, en France ou à l’étranger, sanctionnant un niveau au moins égal au niveau V bis de la nomenclature nationale des niveaux de formation », ou « au moins équivalent au niveau B1 du Cadre européen de référence pour les langues du Conseil de l’Europe », indique un arrêté publié simultanément.

Le niveau B1 du Cadre européen de référence correspond à une personne qui peut notamment « comprendre les points essentiels quand un langage clair et standard est utilisé et s’il s’agit de choses familières », « raconter un événement, une expérience ou un rêve, décrire un espoir ou un but et exposer brièvement des raisons ou explications pour un projet ou une idée ».

Label qualité « Français langue d’intégration »

Concernant les attestations de niveau de langue, elles pourront être délivrées par des organismes de formation titulaires du label qualité « Français langue d’intégration », institué par un second décret mercredi.

Ce label « est attribué pour une durée de trois ans » aux organismes de formation, dont l’enseignement devra privilégier « la forme orale et la lecture », mais aussi l’apprentissage « des usages, des principes et des valeurs nécessaires à l’intégration dans la société française », selon le décret.

Les attestations peuvent également être délivrées par des organismes certificateurs organisant des tests de langue de niveau B1, comme le « test de connaissance du français (TCF), du Centre international d’études pédagogiques », le « test d’évaluation du français (TEF), de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris », le « business language testing service français (BULATS), de l’université de Cambridge », et le « test de français international (TFI), d’Education Testing Service (ETS Global) », précise le JO.

Environ 1 million d’étrangers en France ne parleraient pas le Français

D’après le quotidien économique Les Echos, qui cite une estimation du ministère de l’Intérieur, « environ 1 million d’étrangers présents sur le territoire national ne parlent pas le français ».

Depuis 2003, plus de 100 000 personnes (133 808 en 2004) obtiennent chaque année la nationalité française soit « par décret », soit « par déclaration », selon les chiffres officiels.

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Des victimes de l’incendie du squat de Pantin rapatriées sur fond de polémique

12 octobre 2011 - France 24 - Sarah Leduc

Les dépouilles de deux des 6 victimes - 4 ressortissants tunisiens et 2 égyptiens - décédées dans l’incendie d’un squat à Pantin, le 28 septembre, ont été rapatriées ce mardi en Tunisie. En France, l’enquête est toujours en cours. Reportage.

L’homme se penche pour embrasser une dernière fois le linceul blanc. Avec pour seule intimité un claustra de bois qui isole à peine la petite pièce froide du centre médico-légale parisien, sur les quais de Seine, il fait enfin coulisser la lourde planche de pin et referme le cercueil sur la dépouille de Magder, son petit frère de 22 ans.

Mgader Akrout faisait partie des six immigrés - quatre Tunisiens et deux Egyptiens - morts dans l’incendie d’un squat à Pantin, la nuit du 28 septembre. Sa dépouille doit être rapatriée ce mardi en Tunisie, son pays natal. Alors, sans plus de cérémonie, les huissiers en noir font couler la cire rouge, scellant à jamais le cercueil qu’ils embarquent dans le plus grand silence, sous le regard meurtri des proches.

Mgader était arrivé en France il y a trois mois, via l’île italienne de Lampedusa. Il faisait partie de la vague de migrants ayant fui la Tunisie après le départ de Ben Ali, le 14 janvier. Après des mois d’errance, il s’était installé début septembre dans le squat de la banlieue parisienne.

"Sauter ou mourir"

Wissem partageait la chambre de Mgader Akrout à Pantin. Mais lui a survécu. A 27 ans, il est arrivé de Tunisie le 14 février dernier. Sans ressource ni famille à Paris, il a fini par échouer dans le squat, fin août où il s’est entassé avec une vingtaine de personnes. La nuit de l’incendie, il parvient à s’échapper in extremis : "J’ai été réveillé à 5h30 par des cris. Tout le monde était debout, c’était la panique. La chambre était enfumée et quand on a ouvert la porte, les flammes se sont engouffrées", raconte-t-il à FRANCE 24.

Torse nu, blouson sur le visage pour se protéger des flammes et de la fumée, Wissem s’enfuit en sautant par la fenêtre du premier étage : "C’était sauter ou mourir." Il s’en sort avec une brûlure dans le dos et une entorse au genou. Tous ses compagnons n’ont pas eu cette chance.

Wissem décrit le squat comme insalubre, sans eau, ni électricité, équipé d’escaliers de bois branlants et d’une porte d’entrée ouverte aux quatre vents. Les squatteurs s’éclairaient à la bougie. C’est l’une d’elle qui serait à l’origine du drame, selon les premiers éléments de l’enquête ouverte par le parquet de Bobigny.

"Il faut que les circonstances du drame soient éclaircies. Il est indigne que des jeunes soient laissés dans un logement insalubre et impropre à la survie humaine", s’indigne Samia Maktouf, avocate au barreau de Paris. Elle défend les familles de victimes et les rescapés du drame qui ont porté plainte contre X pour homicide involontaire, blessures aggravées et non-assistance à personne en danger.

La tragédie de "l’immigration clandestine" ?

En visitant le lieu le lendemain de l’incendie, le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, avait lié le drame "à la réalité tragique de l’immigration clandestine". Samia Maktouf précise pourtant que toutes les victimes ne recouvraient pas cette réalité : "Je m’insurge contre les propos de Claude Guéant qui pointe la responsabilité des trafiquants de chair alors qu’il n’est pas question de ça !" Parmi les quatre Tunisiens tués dans l’incendie, deux étaient en règle.

Ils s’appelaient Mehrez Sliman et Mourad Ben Hadj et se sont simplement trouvés au mauvais endroit, au mauvais moment. A 42 ans, Mehrez vivait en France depuis deux ans avec un titre de séjour valable dix ans. Mourad Ben Hadj, 35 ans, était lui arrivé au mois d’août avec un visa. Il travaillait chez Valeo en Tunisie et souhaitait obtenir sa mutation dans l’Hexagone. Son père, venu du pays récupérer sa dépouille, ne décolère pas : "Claude Guéant a dit qu’ils étaient des migrants clandestins. Mais Mourad avait un passeport, un visa et de l’argent ! Il était juste venu voir des amis dans le squat."

Gravement brulé, le corps de Mourad n’est pas identifiable. Des analyses ADN sont en cours pour qu’il puisse être restitué à sa famille. La quatrième victime tunisienne, Mourad Sadfi, 28 ans, est en revanche toujours gardé sous X par la brigade criminelle de Paris. Selon Samia Maktouf, Boris Boillon, ambassadeur de France en Tunisie, refuse de délivrer un visa à son père pour qu’il puisse venir identifier et rapatrier le corps.

L’abandon de l’État français

L’avocate, qui défend bénévolement la cause de migrants tunisiens depuis des mois, pointe la responsabilité des autorités françaises : "Si ces migrants se sont retrouvés dans un squat insalubre, c’est parce les responsables politiques n’ont pris aucune décision pour s’occuper d’eux !"

"Je me tue à rappeler que la Tunisie, avec ses moyens modestes, a accueilli plus de 170 000 réfugiés qui ont fui le conflit en Libye. Il est inconcevable que la vieille Europe et la France ne puissent, à ce jour, accueillir les martyrs de la Révolution. Combien faudra-t-il de drames ? Combien de morts avant que les autorités comprennent ?" ajoute-t-elle

Accusée de ne pas avoir relogé les squatteurs dans un lieu plus convenable, la Ville de Pantin dénonce pour sa part l’abandon de l’État qui laisse les municipalités gérer seules la question migratoire : "On ne peut pas reloger tous les squatteurs, affirme à FRANCE 24 Philippe Bon, directeur de cabinet du maire de Pantin. La révolution a provoqué un afflux massif de migrants. Mais 1 200 places dans les hébergements d’urgence ont été supprimées l’année dernière et le 115 [numéro d’urgence et d’accueil des personnes sans abri, NDLR] ne fonctionne plus. Les seules qui nous aident aujourd’hui sont les associations."

Depuis le drame du 28 septembre, quelques survivants sont hébergés dans les locaux du stade de Pantin - qu’ils doivent déserter chaque jour de 9 à 18 h pour laisser la place aux scolaires. D’autres sont retournés dans la rue, dormant cachés le long du parc de Belleville, dans le 19e arrondissement. Mgader Akrout et Mehrez Sliman sont, eux, en route vers leur dernière demeure. Dans l’aube bleue et froide de ce mardi d’automne, les corbillards se sont mis en branle, transportant leurs dépouilles vers l’aéroport d’Orly, d’où ils doivent être rapatriés en Tunisie pour y être inhumés. Près des leurs.

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Qui a peur du délit de solidarité ?

11 octobre 2011 - Youphil - Adeline Farge

Face à des politiques migratoires plus restrictives, les associations d’aide aux migrants dénoncent la pression exercée par les forces de l’ordre. Au cœur du débat : le "délit de solidarité", ou la possibilité de poursuivre des bénévoles pour l’aide qu’ils apportent aux sans-papiers._

Figure de la lutte pour la défense des droits des Roms, Serge Guichard est la dernière victime en date du "délit de solidarité". En mars dernier, son association "a réalisé, comme il le raconte, le nettoyage d’un camp de Roms et en a ressorti pas moins de 2000 sacs poubelles déposés ensuite sur le bas côté de la route, à disposition des services de la ville". Quelques mois plus tard, il s’est vu assigner en justice pour "dépôt d’immondices sur la voie publique".

"Nous n’avons reçu aucune plainte des riverains ni du Conseil général, cela ne pouvait donc provenir que du ministère public, souligne Serge Guichard. Notre association gênait les autorités du département, il fallait donc attaquer son président. C’est impensable d’être assigné en justice pour un acte de solidarité !".

Serge Guichard a été relaxé par le tribunal d’Evry le 22 septembre, mais cette affaire relève pour les associations d’une politique publique agressive envers leurs militants. En soutien à Serge Guichard, une pétition a recueilli plus de 4400 signatures, parmi lesquelles celles du Gisti, d’Amnesty International ou encore de la Ligue des droits de l’Homme.

"Notre appui est en cohérence avec les efforts menés par la Ligue pour que les Roms bénéficient des mêmes droits que les autres citoyens européens. On dénonce une volonté de criminalisation et d’intimidation des mouvements associatifs, dans le cadre de la politique sécuritaire et la xénophobie d’Etat", dénonce Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des droits de l’Homme.

Le "délit de solidarité" : un amalgame latent entre aidants et passeurs

Les organisations en ont profité pour dénoncer une nouvelle fois les formes de ce qu’elles nomment "le délit de solidarité".

L’article 622-4 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) définit en effet une mise en infraction et des sanctions pour toute personne qui "facilite l’accueil, la circulation et le séjour des étrangers en situation irrégulière".

"Les militants deviennent donc des hors-la-loi et encourent 30.000 euros d’amende et 5 ans de prison", précise Claire Rodier, directrice du Gisti.

"Depuis 3-4 ans, cet article a été détourné par son vide et son manque de clarté juridique par Eric Besson alors ministre de l’immigration, affirme Jean-François Corty, directeur des missions France de Médecins du Monde. Dorénavant, il n’y a plus aucune distinction entre les aidants et les passeurs".

Il poursuit : "les associations qui prennent en charge des personnes en situation irrégulière ou les demandeurs d’asile sont les premières cibles des forces de l’ordre. L’objectif est de faire comprendre aux étrangers qu’ils ne sont pas les bienvenus chez nous et qu’ils doivent quitter le territoire".

Depuis 2009, les tensions persistent

Les tensions relatives au travail des bénévoles datent de 2009. Cette année-là, à la suite d’un contrôle d’identité, Kamel Fassatoui, responsable de la communauté Emmaüs Pointe Rouge à Marseille est convoqué par la police. Il est placé en garde à vue et subit une perquisition dans son foyer pour avoir accueilli un sans-papier en détresse.

"Je n’imaginais pas que je prenais des risques, se souvient Kamel Fassatoui. Mon interpellation est intervenue alors qu’Eric Besson remplaçait Brice Hortefeux au ministère de l’Immigration. Il voulait faire mieux dans sa politique du chiffre avec un objectif de 30.000 reconduites à la frontière. Sa volonté en ciblant les présidents d’associations était donc de dire aux travailleurs sociaux "on peut venir traquer les clandestins chez vous" !"

L’arrestation de Kamel Fassatoui a pris une envergure nationale en suscitant notamment la création du mouvement des délinquants solidaires.

Des moyens de répression détournés

Depuis, la répression du travail associatif demeure difficile à cerner dans la mesure où les militants, comme Serge Guichard, ne sont pas poursuivis pour délit de solidarité mais pour un tout autre motif.

"La justice et la police ont par exemple employé ces techniques contre les personnes qui avaient manifesté dans un avion contre l’expulsion de clandestins. Elles ont été accusées "d’entraves à la circulation d’un aéronef", raconte Claire Rodier, directrice du Gisti. Pour les dissuader de travailler sur ce registre, on peut aussi les accuser "d’outrages à agents" lors des descentes de police pendant des soupes populaires".

Dans ce climat tendu, des bénévoles s’interrogent parfois avant d’aider un sans-papier, que ce soit pour l’aider à remplir un dossier ou le transporter dans son propre véhicule, ne sachant pas les risques encourus.

"Cette loi est dissuasive pour les petites associations qui dépendent des subventions locales ou pour les particuliers. C’est une façon d’isoler les migrants et de les laisser dans une situation de grande précarité", assure Claire Rodier.

De leur côté, les grandes organisations nationales s’adaptent à la présence policière et ne distribuent du matériel qu’en cas d’extrême urgence. Elles multiplient en parallèle les interventions auprès des préfets pour mener à bien leurs missions.

Des condamnations rares

Les intimidations débouchent cependant rarement sur des condamnations en justice, estime la Ligue des droits de l’Homme.

"Nous ne sommes pas attaqués sur le plan judiciaire mais nous sommes gênés dans le développement de nos missions. La justice prend en considération les questions humaines, à l’inverse des politiques migratoires", déplore Jean-François Corty, de Médecins du Monde, qui évoque entre autres les arrestations à proximité des centres de soin.

"Depuis le 16 juin 2011, une immunité pénale est prévue pour l’aide nécessaire à la sauvegarde de la personne, ce qui a l’avantage d’être assez général. Avant cette date, il existait une exception pour les actions nécessaires à la sauvegarde de la vie et de l’intégrité physique. Mais cette immunité demeure insuffisante", signale Patrick Delouvin, responsable d’action en France pour Amnesty International.

Protéger le devoir de solidarité

Les associations humanitaires sont en partie protégées par des textes internationaux.

"La déclaration des Nations Unies de 1998 soutient un droit individuel à promouvoir et à protéger les droits de l’homme. La directive européenne est plus protectrice mais ne prévoit pas de sanctions. Ces textes ne sont pas contraignants et ne sont toujours pas transposés dans la loi française", souligne Patrick Delouvin d’Amnesty International.

Les ONG peuvent avoir recours à différentes instances parmi lesquelles le Défenseur des droits, la Halde, le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme. Médecins du Monde confie explorer les textes juridiques afin de dénicher les moyens légaux à leur disposition pour se défendre face à la destruction du matériel et la mise en péril de leurs actions sur le terrain.

Serge Guichard et Kamel Fassatoui, militants de longue date, incarnent le combat du milieu associatif pour préverver le droit d’assistance aux démunis.

"Chez nous, on n’a pas le Dalloz mais la Déclaration universelle des droits de l’Homme, affirme Kamel Fassatoui d’Emmaüs. Et en tant que responsable, je me dois d’obéir au manifeste universel du mouvement Emmaüs (en PDF) et mon principal souci est l’appel de l’Abbé Pierre sur l’urgence sociale. Parmi ces points figure l’accueil inconditionnel de toutes personnes en situation de détresse. L’association continue de bosser pour les étrangers qui arrivent d’Italie et je l’assume. On assiste, point final !".

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Egypte : Massacre place Tahrir après une manifestation de Coptes

10 octobre 2011 - France soir

Une vingtaine de personnes ont été tuées dimanche au Caire lors d’affrontements entre des coptes et des forces de l’ordre.

La place Tahrir a de nouveau été le théâtre d’un massacre. Quelques mois seulement après la fin du soulèvement contre le régime du président Moubarak, la fameuse place égyptienne qui symbolise la révolution du pays a été le terrain de violents affrontements entre des coptes (chrétiens d’Egypte) et des forces de l’ordre. Vingt-quatre personnes ont été tuées et plus de 200 ont été blessées. A l’origine de ces affrontements : une manifestation organisée par les coptes pour protester contre l’incendie d’une église dans le gouvernorat d’Assouan, au sud de l’Egypte. Face à l’intensité de ces violences - les plus meurtrières depuis la révolte de février - le gouvernement a décidé d’instaurer un couvre-feu, mais aussi de renforcer la sécurité autour du Parlement, du siège du conseil des ministres et du musée archéologique du Caire. Un véritable massacre

« Un véhicule de l’armée a roulé sur cinq manifestants », a indiqué le père Daoud à un journaliste de l’AFP avant de désigner le corps d’un manifestant au visage défoncé et de préciser : « voici son cerveau » en montrant de la matière blanche dans un sac plastique. Le journaliste a, quant à lui, rapporté avoir vu une dizaine de dépouilles de coptes à l’hôpital du Caire. L’un d’entre eux était méconnaissable. Il a par ailleurs raconté que l’établissement hospitalier était en proie au chaos et que des familles hurlaient de colère face aux atrocités dont elles ont été victimes. A l’extérieur, des dizaines de véhicules ont brûlé, non loin de l’hôpital, tandis que des manifestants coptes préparaient des cocktails Molotov. "Une nation en danger"

Dans une allocution retransmise par la télévision publique, le Premier ministre Essam Charaf a déclaré que « la nation est en danger suite à ces évènements » et que ces derniers « ont ramené en arrière au lieu d’aller de l’avant pour construire un Etat moderne sur des bases démocratiques saines ». Le ministre a poursuivi en appelant les Egyptiens à faire preuve de « retenue » et à ne pas céder aux « appels de la sédition ». Un message qui, semble-t-il, été entendu puisque les violences ont pris fin dans la soirée. Les musulmans ont en effet marché en direction de l’hôpital tout en criant : « Musulman, chrétien, une seule main ».

Les coptes représentent près de 10% de la population égyptienne. Ils se disent fréquemment victimes de discriminations au sein d’une société majoritairement musulmane.

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David Cameron décidé à limiter l’immigration en Grande-Bretagne

10 octobre 2011 - L’Express - Reuters

Le Premier ministre britannique a annoncé lundi son intention de ramener l’immigration à quelques dizaines de milliers de personnes par an, dans un discours sans compromis qui ne manquera pas de séduire l’aile droite du Parti conservateur.

La Grande-Bretagne veut attirer "les plus brillants et les meilleurs" et compte bien en finir avec les mariages blancs et autres visas d’études frauduleux, a déclaré David Cameron, s’adressant à des chefs d’entreprise.

"L’immigration excessive apporte également son lot de pressions (...) ; pressions sur nos écoles, sur le logement et la santé", a-t-il ajouté, souhaitant que les nouveaux venus ne dépendent pas des services sociaux.

Le Parti conservateur veut ramener l’immigration, qui représente actuellement 200.000 arrivées par an en provenance de pays n’appartenant pas à l’Union européenne, à quelques dizaines de milliers de personnes, mais son programme en la matière est source de tensions avec ses partenaires libéraux démocrates.

"Ensemble, nous allons reprendre possession de nos frontières et renvoyer les immigrés clandestins chez eux", a promis le Premier ministre, invitant les Britanniques à signaler les cas suspects.

"Nous allons réfléchir à de nouvelles mesures pour garantir l’indépendance financière, réduire les promesses d’aide aux familles et aux amis et voir si une caution financière est nécessaire dans certains cas."

"Nous réfléchissons par ailleurs aux moyens de lutter contre l’exploitation abusive du système, pour garantir que les familles des migrants qui viennent ici ont une véritable relation avec leur partenaire", a poursuivi David Cameron, évoquant le cas d’un Pakistanais ayant obtenu un visa après son mariage avec une femme installée en Grande-Bretagne.

"Il a obtenu un permis de séjour illimité, puis a immédiatement divorcé (...) Il a regagné le Pakistan, s’est remarié et a demandé un permis de séjour pour sa nouvelle épouse.

"On ne peut tout simplement pas tolérer des excès de ce genre. Nous allons donc faire attendre les migrants plus longtemps, pour qu’ils démontrent qu’ils ont une véritable relation avant de pouvoir s’installer", a expliqué le chef du gouvernement, ajoutant que le mariage blanc deviendrait un délit.

Keith Weir, Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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Une députée en grève de la faim depuis huit jours

9 octobre 2011 - FTV avec agences

Semin Barakzaï proteste contre l’invalidation de son élection le 21 août, estimant que la loi a été violée.

Huitième jour de grève pour la député afghane qui avait été évincée de l’Assemblée nationale cet été dans le cadre d’un long contentieux autour des résultats des législatives de semptembre 2010.

Semin Barakzaï a affirmé qu’elle ne se réalimenterait pas avant d’avoir retrouvé son siège, bien que, selon un médecin chargé de la surveiller, sa santé soit en danger. "La loi a été violée. La justice a été affaiblie et je n’y mettrai pas fin (à cette grève de la faim) avant que justice n’ait été rendue et que le droit n’ait été rétabli", a-t-elle déclaré, peinant à s’exprimer, à un journaliste de l’AFP qui l’a rencontrée dimanche sous une tente installée devant le Parlement.

_"Elle a déjà des problèmes d’estomac et je crains que cela ne soit dangereux pour elle", a déclaré le médecin Mohammad Fardin à l’AFP. Samedi, sa pression artérielle a chuté et elle avait été placée sous perfusion.

Les législatives de septembre 2010 en Afghanistan ont été marquées par des fraudes massives. La Commission électorale indépendante avait, en proclamant les résultats, invalidé un quart des bulletins, déclenchant un long conflit, au cours duquel le président Karzaï a été soupçonné de vouloir modifier à son avantage des résultats défavorables.

Le 21 août, chargée par Hamid Karzaï de mettre un terme au contentieux, la CEI avait invalidé l’élection de neuf députés - dont Semin Barakzaï - qu’elle avait initialement proclamés élus en novembre, et "réintégré" neuf candidats arrivés en tête du scrutin, mais proclamés battus après l’annulation par la CEI de nombreux bulletins. Le 3 septembre, les neuf députés "invalidés" s’étaient vus interdire l’entrée de l’Assemblée et avaient été remplacés par les "repêchés".

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Afghanistan : 2 civils torturés puis tués par les américains

9 octobre 2011 - Le Post

Nangarhar, Oct. 09 – Hier soir dans la région de Spin Ghar (province de Nangarhar), les troupes d’occupation de l’ISAF dans un raid de nuit ont envahi la maison d’un civils non armé en éclatant sa porte d’après les déclarations rapporté dimanche des responsables des rebelles.

Les habitants de la région ont déclaré que les forces d’invasion ont brutalement fouillé la maison après avoir battu, torturé puis tués deux civils. Ces civils n’étaient pas des combattants d’après les habitants.

Les envahisseurs ont également enlevé quatre autres civils qu’ils ont ramenés à leur base.

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Des milliers de Kurdes défilent à Paris

8 octobre 2011 - Le Point - AFP

Les militants venus de toute l’Europe ont réclamé la libération de leur leader Abdullah Öcalan, détenu par la Turquie depuis 1999.

Plusieurs milliers de Kurdes ont manifesté samedi à Paris pour réclamer la libération de leur leader indépendantiste Abdullah Öcalan, et dénoncer la politique de la Turquie et les arrestations en Europe de militants et d’opposants kurdes. Réunis derrière une immense banderole "Non au complot international contre Öcalan", plus de 3 000 personnes, Kurdes de Turquie, d’Allemagne et de France, ont défilé de Denfert-Rochereau à la place d’Italie en brandissant des portraits du fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan, Abdullah Öcalan, en prison depuis 1999.

"Liberté, Identité", "Nous existons, donc nous résistons", "Autonomie démocratique pour le Kurdistan", pouvait-on également lire sur les petits panneaux distribués aux manifestants. Les organisateurs de la Coordination nationale Solidarité Kurdistan ont revendiqué 10 000 manifestants. Ils étaient 3 500, selon une source policière. "En assimilant la résistance kurde au terrorisme, la France et l’Union européenne participent à la recrudescence de la violence, à la continuation de la guerre et à la non-résolution du conflit", ont estimé les organisateurs dans un communiqué.

Arrestations en France

"Les arrestations de militants et d’opposants kurdes en France et dans d’autres pays de l’Union européenne se multiplient et font écho à celles opérées en Turquie", ajoutent-ils. "La Turquie profite du Printemps arabe, de ce que le monde regarde ailleurs, pour écraser notre mouvement", estime Daniel Yaser, un Kurde de 42 ans venu manifester avec son fils de 8 ans. "Les arrestations quotidiennes, les bombardements au Kurdistan irakien continuent, et les Européens et les Américains ne réagissent pas", déplore-t-il.

La Turquie et la France ont signé vendredi, lors d’une visite du ministre de l’Intérieur Claude Guéant, un vaste accord de coopération sécuritaire, visant notamment à lutter contre les membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont repris le combat contre Ankara. Selon Paris, 70 membres du PKK ont été arrêtés sur le sol français en 2010 et 2011. Plus de 2 500 Turcs d’origine kurde, dont cinq parlementaires, sont actuellement emprisonnés, accusés de liens avec la rébellion, qui a considérablement augmenté ses attaques contre les forces de sécurité ces derniers mois.

Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara, par les États-Unis et par l’Union européenne, a pris les armes en 1984 pour la défense des droits des Kurdes, qui représentent environ 15 millions des 73 millions d’habitants de la Turquie. Le conflit a fait au moins 45 000 morts, selon les données officielles.

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Frontex, tu me coutes cher !

8 octobre 2011 - Newrop Mag - Gabriel del Grande

Trois cent mille euros pour le rapatriement de 21 Burundais. Quatre cent mille pour 56 Irakiens et jusqu’à un demi-million pour 60 Nigérians. La machine des expulsions en Europe ne semble pas connaître la crise. Au moins à en juger au dernier rapport annuel de Frontex, l’agence pour la patrouille des frontières extérieures de l’Union européenne, qui en une année a été en mesure de dépenser bien 8.525.782 d’euros pour le rapatriement de 2038 personnes. Et le chiffre comprend seulement les frais de déplacement, et non pas les coûts pour la rétention dans les centres d’identification ni les coûts des tribunaux pour les procès pour la validation de la détention. En bref, avec un certain recul ces opérations de joint return annoncées avec tant de clameur sont un fiasco aussi du point de vue économique. Et dire que l’idée était née juste pour économiser en temps et en argent. Au lieu d’utiliser des vols réguliers, Frontex loue des avions de compagnies privées et leur fait faire plusieurs escales dans les différents pays européens pour les remplir de passagers à expulser et de leurs escortes de police. Sur l’existence de ces opérations, personne ne fait plus de mystères, tous les Éats membres y participent, y compris l’Italie. Et ils en sont fiers. Mais personne ne nous a dit jusqu’à présent leurs coûts.

Les pays avec lesquels l’agence Frontex a réussi à établir des accords sur les vols charters pour les rapatriements ne sont pas très nombreux : le Nigéria, le Cameroun, la Gambie, le Kosovo, l’Albanie, la Géorgie, l’Arménie, l’Equateur, la Colombie, le Burundi et l’Irak. C’est vrai, même avec l’Irak ! Le retour en Irak des potentiels réfugiés politiques est une question encore aujourd’hui très débattue à cause des risques évidents auxquels ces personnes sont exposées dans un pays qui est loin d’être pacifié. Pourtant des pays comme le Royaume-Uni, la Hollande, la Suède, la Norvège et l’Autriche n’ont pas eu de problèmes pour charger leurs demandeurs d’asile irakiens sur les charters à destination de Bagdad. L’Italie, pour sa part, participe surtout à l’organisation de vols charters à destination du Nigéria et du Cameroun, avec la participation sporadique aux charters pour le Kosovo, l’Ukraine et la Colombie. Les coûts sont à nouveau prohibitifs.

Un vol comme celui de Londres du 11 novembre dernier, avec 60 Nigérians expulsés à destination de Lagos, a coûté bien 423 940 euros. Toujours moins des 491 388 euros dépensés pour le rapatriement de 118 Colombiens et Equatoriens, le 26 janvier 2010 depuis l’Espagne, l’Italie, la France et la Hollande. Et le Burundi en proportion coûte encore plus cher. Le vol du 2 février 2010 à destination de Bujumbura a coûté 273 206 euros pour seulement 21 passagers, expulsés de Suède, Chypre, Pays-Bas et Norvège. Sans mentionner l’Irak : le 9 juin 2010, Frontex a dépensé 392 363 euros pour reconduire à Bagdad 56 Irakiens expulsés de Suède, Hollande, Grande-Bretagne et Norvège après que leur demande d’asile politique avait été refusée.

L’Union européenne, qui alloue près de dix millions d’euros pour 2000 rapatriements est la même région où d’après les estimes environ trois millions de personnes vivent sans permis de séjour et aussi le lieu où l’on considère que 100 000 personnes entrent chaque année de la Méditerranée et des frontières terrestres de l’Est, tandis que d’autres centaines de milliers de personnes arrivent dans nos aéroports avec des visas qui sont destinés à être périmés.

Pendant ce temps, sans faire de bruit, des centaines de milliers d’autres personnes quittent l’Europe pour faire le voyage de retour vers leur pays par leurs propres moyens, au point que dans des endroits comme l’Allemagne, l’Autriche et la Hollande la présence de la population immigrée a baissée de 10% ces dernières années, d’après un rapport d’Eurostat.

Alors on se demande à quoi cela sert de dépenser autant d’argent dans les opérations de rapatriement et plus généralement dans l’appareil de répression contre la mobilité des citoyens non-européens, alors qu’il est scientifiquement démontré que tout cela est inutile. Que les gens se déplacent du sud au nord et vice versa, indépendamment des lois sur l’immigration et de la machine à expulser. Et que tous les désordres causés le long de nos frontières par la désobéissance civile par ceux qui décident de violer les lois d’immigration en paix ne seraient rien de plus que de l’oxygène pour notre démocratie. Si seulement nous avions compris que, en 2011, la mobilité est un droit pour tous. Et que dans deux générations, les politiques d’aujourd’hui seront considérés comme la honte de notre époque. Une période de crise bien évidemment non seulement économique, dans laquelle l’Europe préfère investir dix millions d’euros pour expulser 2000 de ses nouveaux citoyens, plutôt que d’en soutenir autant et de leur donner autant de possibilités concrètes et des services.

Ci-dessous, vous pouvez télécharger le budget 2010 de l’agence Frontex pour les rapatriements conjoints sur les charters.

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Boboïsme culturel : les bateaux des clandestins de Lampedusa transformés en “œuvres d’art”

7 octobre 2011 - Novopress.info

ROME (NOVOpress) – Il n’y a plus de clandestins à Lampedusa depuis qu’ils ont eux-mêmes brûlé leur centre d’accueil, mais il reste leurs bateaux : des centaines d’embarcations qui avaient tenu la mer juste le temps d’être repérées et remorquées par les gardes-côtes (les bien nommés) et qui achèvent aujourd’hui de pourrir sur les plages de l’île ou dans des décharges. Lampedusa, depuis le début de l’année, est devenu un gigantesque cimetière d’épaves, absolument irrécupérables et dont personne ne sait quoi faire.

Un groupe de bobos a trouvé la solution : transformer ces carcasses de bateaux en œuvres d’art « pour faire revivre avec elles les rêves et les espérances de tant de migrants partis en quête d’un meilleur futur ». Une gamme d’objets de design, tables, chaises, coffres à vin, ainsi que d’accessoires de mode, barrettes ou boucles de ceinture, sera également produite avec le bois des bateaux : « Un bois chargé de rêves et d’espérances qui rendra ces créations uniques en leur genre ». L’initiative est placée « sous le signe de la solidarité » puisque, on vous l’assure, le profit obtenu par la vente des œuvres sera reversé au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. « C’est une manière de dire, expliquent les concepteurs du projet, qu’une épave est un témoignage tragique mais aussi une porte vers le futur, signe et symbole d’une espérance en un monde meilleur. Nous entendons marquer la valeur épocale du phénomène de l’immigration, ses aspects humanitaires, et donner à travers l’art un signe de solidarité ».

Les coordonnateurs artistiques du projet, pompeusement intitulé « Opera – Sui relitti delle libertà » (« Œuvre – sur les épaves des libertés »), seront Gino Di Maggio, président de la Fondation Mudima pour l’art contemporain de Milan, le critique d’art Renato Miracco (ancien directeur de l’Institut culturel italien de New York) et Massimo Scaringella, « conservateur indépendant et organisateur d’événements culturels entre Rome et Buenos Aires ». Il s’agit d’une « initiative multiculturelle à laquelle ont déjà adhéré de très nombreux artistes – peintres, sculpteurs, poètes et designers – non seulement italiens mais venant des pays de la Méditerranée, de l’Europe et des Amériques ».

Le projet a été présenté la semaine dernière à Rome sous le patronage de l’Anfe (Association nationale des familles émigrées) et a obtenu le soutien – en période de restrictions budgétaires sans précédent – du Conseil des ministres, du ministère des Affaires étrangères, de l’Assemblée régionale de Sicile, de l’Agence des douanes et de la municipalité de Lampedusa, qui a mis à la disposition des « artistes » un « espace pour donner forme à leurs créations ». Le maire de Lampedusa, temporairement guéri de son immigrationnisme le mois dernier, quand il a eu peur que ses administrés viennent lui demander des comptes, semble être revenu à ses convictions d’avant-guerre.

Le projet sera en outre présenté à Bruxelles, au Parlement européen, le 9 novembre prochain, dans le cadre du congrès organisé par l’Anfe « Democracity [sic] – Citoyenneté italienne et européenne. Propositions et hypothèses pour lancer un nouveau débat ». Nul doute qu’un lot supplémentaire de subventions et de commandes publiques pourra être récolté à cette occasion.

Il Giornale, qui a consacré hier une grande enquête au business de l’immigrationnisme en Italie – les associations d’aide aux immigrés clandestins ont récupéré en 2011 21,5 millions d’euros de subventions publiques – a commenté ironiquement cette nouvelle initiative : « Dommage que, pour la région Sicile, les épaves soient des déchets toxiques parce que le bois a été verni avec des substances contenant du plomb. Au lieu d’en faire des œuvres d’art mises en vente au bénéfice du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, elles devraient être éliminées avec mille précautions ».

Qui prend le pari que, après Koons et Murakami, la prochaine exposition d’art contemporain au Château de Versailles sera consacrée aux épaves de Lampedusa ?

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Fausse alerte : il n’y a jamais eu de corps sous le pont Jacquard

7 octobre 2011 - La Voix du Nord - Hélène Graffeuille

L’alerte lancée par deux hommes, qui avait engendré la recherche d’un corps mobilisant, entre autres, cinq plongeurs des pompiers et de la gendarmerie ...

pendant plusieurs heures mardi et mercredi sous le pont Jacquard, était une fausse alerte.

Ne trouvant pas de corps, les services de police ont jugé utile hier de réécouter les deux témoins, un Audomarois, âgé de 42 ans et un Blendecquois, âgé de 25 ans, qui avaient donné l’alerte dans la nuit de mardi à mercredi. Après s’être contredits devant les policiers à plusieurs reprises, les deux hommes ont avoué avoir monté l’histoire de toutes pièces.

L’Audomarois et le Blendecquois ont reconnu s’être rendus à Calais pour une histoire de moeurs. En discussion avec un migrant, l’affaire aurait mal tourné, ce dernier aurait poussé le Blendecquois à l’eau. Pour ne pas perdre la face, les deux hommes ont décidé d’inventer une histoire.

Ils avaient en effet alerté les secours, mardi vers 23 h, en affirmant avoir été témoins d’une altercation entre migrants. Ils avaient relaté aux forces de police que l’un des migrants avait été jeté à l’eau par deux autres. Le Blendecquois avait d’ailleurs raconté avoir plongé pour tenter de lui porter secours, en vain. Une quinzaine de policiers et autant de pompiers s’étaient rendus sur place. Deux plongeurs de la caserne du Tunnel sous la Manche ont inspecté le fond du canal une bonne partie de la nuit. Les recherches s’étaient interrompues vers 2 h du matin pour reprendre mercredi dans la matinée avant d’être définitivement abandonné en fin d’après-midi. Deux migrants avaient également été mis en garde à vue dans la nuit avant d’être remis en liberté mercredi.

Une fausse alerte qui a eu pour conséquence un déploiement important de secouristes.

Les deux hommes sont poursuivis pour dénonciation de délit imaginaire.

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L’incendie, les migrants et les "criminels" : pourquoi je porte plainte contre C.Guéant

7 octobre 2011 - Rodolphe Nettier, président SÔS - Le + Nouvel Obs

LE PLUS. Il y dix jours, six migrants sont morts dans l’incendie d’un immeuble de Pantin qu’ils squattaient. Pour Rodolphe Nettier, président de l’association SOS soutien ô sans-papiers, il y a des responsables physiques à ce drame.

Lorsque nous - c’est-à-dire l’association SOS soutien ô sans-papiers - avons appris la mort des six migrants, nous n’avions pas prévu d’intervenir. Ce sont les propos de Claude Guéant, quelques heures plus tard, qui nous ont rendus fous.

Selon le ministre de l’Intérieur, l’événement est lié "à une réalité tragique, dramatique de l’immigration clandestine". Il a dénoncé "des filières criminelles, qui rançonnent les candidats à l’immigration, (...) et les laissent face à une vie d’errance et de malheur".

Or il s’agit là d’un mensonge, la plupart des personnes terrées dans ce taudis n’étaient pas des sans-papiers (et quand bien même) puisqu’elles avaient des visas Schengen. De toute façon, tout être humain a les mêmes droits et la même dignité avec ou sans papier. C’est le sens de notre combat.

Repoussés... jusqu’à disparaître

Nous suivions ces migrants depuis le début, à savoir le mois de mars 2011. Nous les avons vus tous les soirs Porte de la Villette, à Paris, se faire virer à coups de gaz et matraques. Ceux qui ne fuyaient pas étaient systématiquement embarqués par la police, même s’ils étaient en règle. Cela a commencé en mars et perdure encore aujourd’hui avec d’autres à la Porte de la Villette, à Belleville, à Courcouronnes, à Colonel Fabien etc, etc...

Si ceux-là se sont retrouvés à Pantin, c’est parce qu’ils ont été repoussés physiquement depuis la porte de la Villette. Ils se sont terrés dans cet immeuble car il a bien fallu trouver un abri dans le périmètre imposé. On leur demandait, à peine implicitement, de le faire. Il leur fallait se cacher au point, si possible, de disparaître.

La responsabilité revient donc à Monsieur Lambert, préfet de la police de Seine-Saint-Denis et à son chef, le ministre de l’Intérieur et de l’immigration, M. Guéant. Lorsque des instructions visent à faire disparaître des gens, à les pousser toujours plus loin afin qu’on ne les voit plus, cela conduit forcément à des drames. En l’occurrence, à Pantin : six morts.

Le procureur de Bobigny - auprès de qui nous avons déposé la plainte - ne peut pas ignorer ces faits et il faudra bien que les avancées de l’enquête soient rendues publiques au plus vite.

Pas un cas isolé

Les victimes de l’incendie de Pantin ont eu une certaine visibilité médiatique. Pourtant, les mêmes méthodes très risquées de la police sont fréquemment employées.

A Calais, dès que les migrants se regroupent, car plus nombreux ils sont moins à la merci de la pression des passeurs, ils sont tabassés et arrêtés par la police. Donc, mieux vaut rester isolé et caché. Résultat : ils se retrouvent seuls dans des endroits reculés, parfois avec seulement quelques couvertures alors qu’il fait un froid glacial. Ils ne prennent pas tous le risque d’aller vers les associations qui sont, elles aussi, sous haute surveillance policière. On peut donc dénombrer tous les ans des migrants morts de froid. A ceux-là s’ajoute, par exemple, ce gamin de 16 ans mort percuté par une voiture en traversant l’autoroute sur un tronçon non éclairé, pour ne pas être repéré par la police...

Madjiguène Cissé, une des porte-parole des sans-papiers de St Bernard disait cette phrase très juste : "Avant : l’esclavage, après : la colonisation, aujourd’hui : sans-papiers".

Il faut bien comprendre que ce n’est pas de gaieté de cœur que des personnes traversent le monde pour se réfugier en France. Nous avons récemment recueilli une famille de quatre enfants, âgés de 2 à 6 ans. Elle avait tant souffert en France que je leurs ai bêtement demandé s’il ne fallait pas mieux repartir. Honteux de mon intrusion dans leur vie privée, j’ai compris que retourner chez eux signerait l’arrêt de mort du père de famille.

Diviser les Français pour mieux régner

Depuis des années que je milite aux côtés de migrants et de sans-papiers, j’ai compris une chose : si nos patrons s’en prennent aux étrangers - stigmatisant plus spécialement les musulmans ou les Rroms - mais tout aussi bien aux fonctionnaires, aux handicapés ou aux chômeurs, c’est pour que ne naisse pas une solidarité avec les Français, particulièrement avec les classes ouvrières, ce qui conduirait à la grève générale.

Tout le reste n’est que préservation ponctuelle d’un semblant de paix sociale maintenue par les différentes associations ou syndicats subventionnés pour ce travail.

Les politiques nous divisent pour que nous luttions tous dans des luttes sectorielles et ce, pour nous prendre nos acquis sociaux. On commence par tout enlever, même la dignité, aux sans-papiers. Mais c’est ensuite tous les travailleurs qui sont touchés. On le voit bien avec les retraites, l’assurance maladie, etc.

La lutte pour les sans-papiers n’est pas une lutte anti-raciste, c’est une lutte de classes. Ce sont les politiques qui cherchent à "racialiser" tout ça.

Notre engagement consiste à inciter les gens à résister, aussi bien autour d’eux en étant présent en soutien auprès des sans-papiers que pour ceux prêts à franchir le pas et à prendre contact avec nous pour s’engager à cacher des gens.

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Cri de souffrance sortant de rétention : nouvelle tentative de suicide au CRA au Nîmes

7 octobre 2011 - La Cimade

"Je vous entend mais je ne vous écoute pas". Telle est en substance la réponse que les autorités apportent aux mises en garde qui ne cessent d’émaner, tant des associations intervenant dans les centres de rétention administrative (CRA) que des personnes privées de liberté elles-mêmes.

Aujourd’hui, les personnes enfermées au centre de rétention de Nîmes tirent la sonnette d’alarme en adressant un communiqué à la presse. La Cimade, témoin de la violence de leur situation, partage leurs inquiétudes.

La nouvelle loi Besson est venue renforcer la négation de l’individualité de ces personnes dont le seul tort est d’être sans papiers : allongement de la durée d’enfermement jusqu’à 45 jours, contrôle du juge des libertés et de la détention reporté à cinq jours, accès hypothétique au juge administratif…

Pour ces hommes, ces femmes et ces enfants, l’enferment s’est mué en une lourde condamnation, une condamnation qui se passe de plus en plus souvent de juges, une condamnation sans contrôle…

Au CRA de Nîmes, depuis un mois et demi, La Cimade constate une recrudescence d’actes de désespoir allant de l’automutilation à la mort. Hier encore, un détenu s’est pendu. Son pronostic vital n’est aujourd’hui pas encore connu.

La banalisation de l’enfermement semble induire également celle des actes de désespoir. Jusqu’à quel point devrons-nous accepter et tolérer une politique dont la mécanisation accélère la déshumanisation de nos semblables, et la nôtre par la même occasion ?

Au cours de ces dernières semaines, les faits suivants sont survenus CRA de Nîmes :

  • l’enferment d’un enfant polyhandicapé en fauteuil roulant
  • le suicide d’un roumain par pendaison
  • une automutilation ayant entraîné 128 points de suture
  • une tentative d’incendie
  • deux tentatives de suicide par pendaison
  • une tentative de suicide terminée en asile psychiatrique
  • l’enfermement absurde et inutile d’un grand nombre d’étrangers en situation régulière

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Pas d’enfants à la rue pour faire pression sur l’État !

7 octobre 2011 - Gisti - action commune

Saisine de la juridiction administrative contre la décision du conseil général de la Seine-Saint-Denis concernant les mineurs isolés étrangers

Le 25 juillet 2011, Claude Bartolone, président du conseil général de la Seine-Saint-Denis, annonçait, qu’à compter du 1er septembre, les mineurs isolés étrangers ne seraient plus accueillis dans son département au titre de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).

« La solidarité départementale ne peut plus se substituer à la solidarité nationale », pouvait-on lire dans un communiqué de presse expliquant que le conseil général n’était plus en mesure de faire face à l’afflux de mineurs. Cette annonce estivale n’était pas un coup de bluff destiné à faire pression sur un gouvernement particulièrement hostile aux étrangers et notamment aux plus fragiles d’entre eux.

En effet, par une note de service du directeur général adjoint du conseil général, datée du 31 août, la menace était mise à exécution dans des termes manifestement illégaux.

Outre la suspension de l’accueil des nouveaux arrivants, cette note prévoyait aussi de ne pas respecter les décisions des parquets et des juges des enfants confiant des mineurs isolés à l’ASE. Ces instructions discriminatoires ont été suivies d’effets : depuis quelques semaines, ce sont des dizaines de mineurs supplémentaires qui dorment dans la rue alors qu’ils devraient être pris en charge par l’ASE.

Les déclarations du préfet de la Seine-Saint-Denis annonçant, le 22 septembre, vouloir « œuvrer à une répartition plus équitable et homogène de l’accueil des mineurs étrangers » n’y ont rien changé. Elles n’ont certes pas été accompagnées de projets concrets de réforme alors que de véritables propositions, émanant du milieu associatif mais aussi du rapport rendu par la sénatrice UMP Isabelle Debré, en mai 2010, ont déjà été avancées : révision à la hausse des montants financiers attribués aux départements, mutualisation de certains moyens, plate-forme régionale d’accueil... Plusieurs solutions sont envisageables dès lors qu’elles n’aboutissent pas à la mise place d’un régime de protection de l’enfance à deux vitesses, avec un dispositif de droit commun inchangé et un dispositif dérogatoire « spécial mineurs isolés étrangers ». Ces solutions doivent s’inscrire clairement dans le cadre d’une solidarité et d’une politique nationales, c’est pourquoi il est urgent que le ministre de la Justice, coordonnateur de ce dossier, prenne l’initiative d’une table ronde avec les services de l’État, les représentants des conseils généraux, le réseau associatif et les professionnels pour adopter enfin une stratégie concertée et de dimension nationale qui permettrait à la France de respecter ses engagements internationaux.

Il est indéniable que l’accueil de ces mineurs pèse lourdement sur le budget de quelques départements, dont celui de la Seine-Saint-Denis qui reçoit une grande partie de ceux entrés par l’aéroport de Roissy. L’État, signataire de la Convention internationale des droits de l’enfant, n’assume pas ses obligations, même si, dans l’état actuel du droit, c’est effectivement aux conseils généraux qu’il revient de prendre en charge tous les enfants en danger présents sur leur territoire. Aucune distinction selon la nationalité ne peut être opérée.

Laisser des enfants à la rue dans le seul but de faire pression sur le gouvernement relève de pratiques contraires à la dignité humaine, à l’obligation de protection de l’enfance comme le prévoit le code de l’action sociale et des familles, et des pires formes de la politique d’inhospitalité, quelles que puissent être les raisons avancées. C’est pourquoi, les organisations sous-signées entendent attaquer devant la juridiction administrative la note de service du 31 août et obtenir son annulation. Elles étudient également la possibilité de soulever par toute voie de droit la mise en danger de mineurs dépourvus de prise en charge.

Les déficiences en matière d’accueil des mineurs isolés étrangers ne concernent pas seulement la Seine-Saint-Denis qui s’était jusque-là efforcée bon an mal an de répondre à sa mission de protection. Les stratégies de dissuasion mises en place dans d’autres départements sont moins visibles que l’annonce de M. Bartolone mais elles ne sont pas plus acceptables. Rendez-vous à répétition, contestations systématiques de l’âge, « mises à l’abri » dans des chambres d’hôtel sans suivi éducatif, appels contre les décisions des juges des enfants, etc. sont autant de mesures destinées à ne pas assumer les obligations légales en matière de protection et de prise en charge des mineurs isolés.

Les organisations sous-signées sont prêtes à soutenir les demandes de péréquation financière et de contribution étatique pour peu qu’elles soient accompagnées d’une véritable reconnaissance des droits des mineurs isolés. Mais, en aucun cas, elles n’accepteront que des enfants fassent les frais du bras de fer qui oppose certaines collectivités locales au gouvernement actuel.

Le 7 octobre 2011

Organisations signataires :

  • Gisti
  • Hors la rue
  • La Voix De l’Enfant
  • Ligue des droits de l’Homme
  • Mrap
  • Sud Collectivités territoriales du CG 93
  • Syndicat de la Magistrature

Près du pont Jacquard, plusieurs heures de vaines recherches pour retrouver le corps d’un migrant... qui n’aurait pas disparu

6 octobre 2011 - La Voix du Nord - Hélène Graffeuille

Dans la nuit de mardi à mercredi vers 23 h 30, une quinzaine de pompiers et autant de policiers ...

se sont affairés sous le pont Jacquard. Deux hommes, originaires de Saint-Omer, affirmaient avoir été témoins d’une altercation entre trois hommes qui aurait mal terminé quai du Danube : deux des protagonistes auraient poussé à l’eau le troisième. L’un des témoins assure même avoir sauté à l’eau pour tenter de lui porter de secours sans y être parvenu. Les pompiers de Calais, Audruicq et du Tunnel sous la Manche sont rapidement sur les lieux. Sous les yeux des quelque curieux, l’adjudant chef Depré a organisé les secours pour retrouver cette éventuelle victime.

Cinq plongeurs mobilisés

Trois lampes ont été dressées, une embarcation de la caserne d’Audruicq mise à l’eau. Deux plongeurs de la caserne du Tunnel sous la Manche, guidés par un chef d’unité de la caserne de Boulogne, ont inspecté le fond du canal. Plusieurs allers-retours ont été effectués au fond du canal. En vain. « Malgré une assez bonne visibilité et un courant en surface assez faible », explique un des secouristes. Après plus de cent vingts minutes de recherches, les secours ont cessé, vers deux heures.

Pendant ce temps, les forces de l’ordre ont interpellé deux personnes, d’origine iranienne, âgées de 22 et 23 ans. Elles ont été placées en garde à vue et emmenées au commissariat de Calais.

Pas de corps, pas d’affaire

Les secours ont repris hier matin. Cette fois trois plongeurs de la brigade nautique de Saint-Valery-sur-Somme ont exploré les eaux du canal.

Toujours pas de corps. Les recherches ont alors définitivement cessé hier en fin d’après-midi. Les deux personnes placées en garde à vue, la veille, ont été remises en liberté au même moment.

À cette heure, deux hypothèses apparaissent les plus vraisemblables : soit les deux témoins ont mal vu, soit la personne, qui aurait été jetée à l’eau, est parvenue à sortir du canal et s’en est allée sans demander son reste.

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La crise de l’asile et de l’austérité

6 octobre 2011 - La Cimade

Alors que le nombre de personnes à la rue, n’a jamais été aussi grand, en particulier des demandeurs d’asile, l’augmentation de 27% des crédits consacrés à l’asile apparaît comme un effet d’annonce. En réalité, le ministère de l’Intérieur procède à une « réduction des délais et des coûts » qui va avoir des conséquences sur l’accueil des demandeurs d’asile.

Une crise de l’asile ?

Pour la troisième année consécutive, la demande d’asile en France est en hausse en 2010. Avec 52 762 demandes dont près de 37 000 premières demandes (+11% par rapport à 2009), près de 5000 réexamens, (moins 16% par rapport à 2009) et plus de 11 000 mineurs accompagnants, le nombre de demandes d’asile enregistré à l’OFPRA a connu une hausse de 10% par rapport à 2009 et de 60% par rapport à 2007. La Cour nationale du droit d’asile a, quant à elle, enregistré 27 500 recours (+10%).

La tendance s’accentue pour les huit premiers mois de 2011 avec 37 000 demandes (+13% par rapport à 2010). Les nationalités les plus représentées sont le Bangladesh, la Russie, l’Arménie, la République Démocratique du Congo et le Sri Lanka.

[...]

Pour lire le rapport entier, cliquez ici.

Libye : L’OMI évacue des migrants africains bloqués en Libye

5 octobre 2011 - Afrique en ligne - Pana

Migrants africains bloqués en Libye - L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a commencé le rapatriement de plus de 1.200 migrants africains de son centre de transit dans la ville de Sebha, dans le Sud de la Libye. Un communiqué de l’OIM indique que les migrants, qui sont originaires de 11 pays, seront évacués en premier lieu vers le Tchad avant d’être acheminés vers leurs différentes destinations à travers l’Afrique.

Les migrants, qui font partie d’un groupe de plusieurs milliers de personnes qui sont arrivées dans le centre alors que la bataille pour le contrôle de Sebha commençait, sont originaires du Tchad, plus de la moitié du nombre total, du Nigeria, de la Gambie, de l ’Erythrée, de Somalie, du Soudan, du Sénégal, du Mali, d’Ethiopie, du Burkina Faso et du Maroc.

Ils ont quitté dimanche à bord d’un convoi de 15 camions, accompagnés du vice-consul du Tchad et d’aînés des communautés tchadienne et nigériane.

L’OIM précise que les migrants, parmi lesquels des femmes et des enfants, ont été évacués avec le soutien des Etats-unis, de l’Allemagne et du Bureau de protection civile et d’aide humanitaire de la Communauté européenne (ECHO).

’Ce furent quelques semaines très éprouvantes pour les migrants. Ils avaient été pris au centre du conflit pour le contrôle de Sebha. Les combats nous avaient empêché d’acheminer des vivres dans notre centre en ville et pour faire sortir les migrants. Heureusement, ce n’est plus le cas’ ,a déclaré Qasim Sufi, chef de mission de l’OIM au Tchad.

’Les migrants sont extrêmement soulagés de rentrer chez eux et d’oublier cette expérience’, a ajouté M. Sufi.

Un autre groupe de plusieurs centaines de migrants de différentes nationalités est resté à Sebha, attendant d’être évacué.

Les migrants africains ont été harcelés, arrêtés et incarcérés par les combattants du Conseil national de transition libyen (CNT) qui les soupçonnaient d’être à la solde du leader libyen déchu Mouammar Kadhafi.

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Société Aujourd’hui à 17h25 Incendie d’un squat à Pantin : ouverture d’une information judiciaire contre X

5 octobre 2011 - Libération - AFP

Une information judiciaire contre X pour homicides involontaires a été ouverte pour éclaircir les circonstances du drame. Six migrants tunisiens et égyptiens ont trouvé la mort.

Une information judiciaire contre X pour homicides involontaires a été ouverte pour éclaircir les circonstances de l’incendie d’un immeuble squatté à Pantin (Seine-Saint-Denis) qui a fait 6 morts fin septembre, a annoncé mercredi à l’AFP l’avocate de familles de victimes.

"J’ai reçu ce jour (mercredi) un courrier du parquet de Bobigny m’informant qu’une information judiciaire contre X pour homicides et blessures involontaires avait été ouverte", a déclaré Me Samia Maktouf, qui défend les familles de quatre migrants tunisiens qui ont péri dans le sinistre.

"La désignation d’un juge d’instruction va permettre de faire la lumière sur ce drame", s’est félicitée l’avocate.

Le 28 septembre au matin, un incendie apparemment d’origine accidentelle s’était déclaré à Pantin dans un immeuble de deux étages occupé principalement par des migrants tunisiens et égyptiens.

Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, avait lié le drame "à la réalité tragique de l’immigration clandestine" tandis que le président (PS) de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, avait dénoncé le manque de place en hébergement d’urgence.

Me Maktouf a par ailleurs affirmé avoir écrit au préfet de Seine-Saint-Denis Christian Lambert pour que 17 rescapés du sinistre obtiennent des autorisations provisoires de séjour.

"Pour le moment, ils ont trop peur pour se manifester auprès des services de police et participer à l’enquête", a affirmé l’avocate.

Le maire de Pantin, Bertrand Kern (PS), a pour sa part indiqué jeudi dans une lettre aux habitants que la ville prenait "en charge l’hébergement provisoire, le suivi social et médical des survivants de cette tragédie".

Vingt jeunes majeurs, en grande majorité des Tunisiens, sont hébergés dans des appartements de la ville. "On essaie de trouver des solutions plus pérennes", a-t-il dit à l’AFP.

"Certains ont dit qu’ils étaient arrivés quelques jours avant le drame dans le bâtiment qui a pris feu, un autre était là depuis deux mois", a rapporté l’élu.

"Le consulat de Tunisie a proposé à ses ressortissants de retourner dans leur pays, mais la plupart ont refusé", a expliqué Bertrand Kern.

Il s’est une nouvelle fois alarmé des squats en région parisienne, particulièrement nombreux dans l’Est parisien, et s’est dit "inquiet pour l’hiver". Dans sa ville, qui compte 55000 habitants, six squats ont été identifiés.

"Ces gens sont évacués par la police et le soir-même, ils poussent la porte d’un autre squat", a-t-il déploré, dénonçant les suppressions de place en hébergement d’urgence.

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Tentative de suicide d’une Algérienne enceinte : l’ordre de quitter le territoire français abrogé

5 octobre 2011 - Nord Eclair - Fl. Traulle (avec AFP)

Samia Hamadou, cette jeune Algérienne vivant à Liévin et enceinte de 8 mois était, hier, toujours hospitalisée à Lens après une surdose de médicaments. Dans la soirée, le préfet du Pas-de-Calais a décelé un vice de forme concernant le couple.

Hier, en fin de journée, Ahmed Hamadou était un peu rassuré sur l’état de santé de sa femme Samia. Elle était toujours hospitalisée au CHR de Lens « sous surveillance en soins intensifs à la maternité », selon son mari. Lundi, en fin de matinée sa femme, qui doit accoucher vers le 27 octobre, avait avalé deux plaquettes de médicaments. Souffrant d’une dépression sévère, provoquée d’après son mari par les pressions subies en Algérie, elle avait dû être hospitalisée pendant trois mois et bénéficiait d’un suivi médical vu son état de fragilité psychique.

Après un rejet des demandes d’asile du couple, arrivé en France en 2009, une demande de régularisation exceptionnelle avait été faite auprès de la préfecture du Pas-de-Calais. qui leur avait notifié le rejet de la demande, assortie d’un arrêté portant obligation de quitter le territoire français. Un arrêté entaché d’irrégularité, observait hier le député socialiste Bernard Roman, « puisqu’il indique que M. et Mme Hamadou sont arrivés en France en août 2009 avec leurs deux filles alors que la seconde est née en décembre 2009 en France ».

Et hier soir, le préfet du Pas-de-Calais a annoncé qu’il avait abrogé - pour vice de forme - l’ordre de quitter le territoire français qu’il avait lui-même intimé au couple. « Suite à un réexamen très attentif de mes arrêtés du 23 septembre 2011, portant obligation à monsieur et madame Hamadou de quitter le territoire français, j’y ai décelé une erreur de forme. Ce constat m’a conduit à abroger ces deux décisions », a-t-il expliqué.
La préfecture avait souligné dans la journée que d’autres recours étaient encore possibles avant que la menace d’expulsion ne devienne réelle, notamment un recours contentieux auprès du tribunal administratif ou un recours gracieux auprès du préfet. Celui-ci n’a toutefois pas indiqué hier soir s’il envisageait d’accorder une telle grâce au couple.

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Histoire du monde : Rock in Kabul

4 octobre 2011 - RTBF.be

L’Afghanistan n’avait plus vu vécu ça depuis les années ’70 : un festival de rock s’est tenu ce weekend à Kaboul. Robin Cornet. Des guitares qui rugissent... Une foule des jeunes qui dansent entre les murs d’un caravansérail. Un vent de liberté a soufflé sur le parc Bagh-e Babur. Six heures d’insouciance sous l’œil de gardes armés. L’événement avait été organisé dans le plus grand secret. Pour éviter une attaque, les radios ne l’ont annoncé qu’en dernière minute. Seuls 500 personnes ayant eu connaissance du lieu, ont pris part au festival. Certains avaient fait des kilomètres, depuis Kandahar ou d’autres villes afghanes. Un moment historique. Un tout premier concert, pour beaucoup. C’est l’initiative d’un reporter-photographe australien, en poste à Kaboul. Il a fait venir des groupes d’Australie et des pays voisins (Ouzbekistan, Kazakhstan). Mais aussi - et surtout - de petits groupes afghans sortant rarement des caves ou des hangars. 10 ans après le départ des talibans, la musique reste un sujet sensible. Elle est revenue dans les rues. Il y a des transistors dans les échoppes. Les radios privées se sont multipliées. A la télévision, les programmes musicaux ont beaucoup de succès. Le plus emblématique est Afghan Star, inspiré d’American Idol ou de la Nouvelle Star. Mais des attaques visent encore régulièrement des magasins de disques. Le rock reste largement incompris. Diabolisé par les religieux, vu comme un mode de rébellion par les autorités. Les rockeurs sont généralement contraints de jouer dans la clandestinité et, bien sûr, de couper leurs cheveux. Il y a pourtant de formidables talents, dit le reporter Travis Beard, qui a rejoint d’autres de musiciens locaux. Le groupe organisateur du festival a dû tenir compte des traditions. Les concerts ont été interrompus aux heures des prières, laissant les voix des muezzins raisonner. L’alcool était évidemment interdit. Seuls des kebabs étaient proposés aux festivaliers. Tout au long, ils ont danser et acclamer les groupe. Ovation pour le groupe de Kaboul, White Page. Et triomphe pour les Ouzbèques Tears of the Sun, dont la chanteuse a fait sensation. Une femme sur scène - portant malgré tout un voile discret - c’était aussi une petite révolution.

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Derrière le drame de Pantin, l’échec de l’aide au retour

4 octobre 2011 - La Vie - Matthieu Balu

Une semaine après la mort de 6 migrants Nord-Africains dans l’incendie d’un squat de Pantin, les associations de soutien aux immigrés sans papiers dénoncent les incohérences de la politique dite d’Aide au retour volontaire.

“Des démarches systématiques de proposition d’aides au retour aux personnes déboutées du droit d’asile devront être mises en oeuvre” : par cette note adressée à l’Office français de l’immigraion et de l’intégration (Ofii) le 1er septembre, le ministre de l’intérieur Claude Guéant affirmait vouloir augmenter le nombre de reconduites volontaires des migrants dans leur pays d’origine. Un mois plus tard, dans un squat insalubre de Pantin, six immigrés venant d’Egypte et de Tunisie trouvaient la mort à cause d’une bougie mal éteinte. Au-delà du manque de places en hébergements d’urgence, ce drame pose le problème de l’incohérence de la politique dite d’Aide au retour volontaire (ARV).

"Personne ne risque sa vie pour 2000 €"

Imaginée dès 1977, élargie et augmentée par Nicolas Sarkozy alors qu’il était ministre de l’intérieur, l’aide au retour des migrants en situation irrégulière doit contribuer au développement du pays d’origine grâce à un pécule personnel, versé par le gouvernement français. Il s’agit donc d’une d’apporter une vue à plus long terme au problème des flux migratoires, tout en débarassant aux yeux de l’opinion publique les expulsions d’une partie de leur inhumanité. Mais cette aide, d’un montant de 2000€ pour une personne seule ou 3500€ pour un couple, n’est pas proposée spontanément, et doit être demandée auprès de l’Ofii.

Une démarche qui prend du temps, trop pour certains des squatteurs de Pantin. “Quelques-uns avaient entrepris des démarches”, confie un membre du Refuge, association d’aide au migrants basée deux pas du squat.“Un Egyptien, qui voulait rentrer, nous avait confié son dossier, il était complet. Il est mort maintenant.” Le total de ces pensionnaires de fortune se montait à vingt-quatre, et six ont disparu ce matin-là : quatre Tunisiens et deux Egyptiens. Tous n’étaient pas dans la même situation : l’un d’eux avait une carte de séjour valide, plusieurs voulaient rentrer. D’autres, parmi les Tunisiens, avaient refusé l’offre de retour volontaire. La peur sans doute de rentrer au pays, mais surtout l’effet d’une douche froide : la baisse drastique du montant de l’ARV vers la Tunisie, passée en juin de 2000 à tout juste 300€.

"Une mesure irresponsable", pour l’association France-Terre d’Asile, qui s’occupe du droit des migrants arrivés dans l’hexagone. Selon son Directeur Général Pierre Henry, il s’agit non seulement d’une décision illégale, mais aussi totalement contre-productive : “Le gouvernement a justifié cette mesure par les réductions budgétaires, mais aussi le risque d’appel d’air, qui entrainerait l’arrivée de nouveaux migrants venus de Tunisie. C’est ridicule ! Personne ne vend ce qu’il possède et risque sa vie pour si peu d’argent.” A 300€, la prime au retour devient presque dérisoire au regard de la rançon versée à un passeur pour traverser la méditerranée : entre 1000 et 1200€.

Un exil temporaire

Dès le mois de juillet, la mairie de Paris a réagi en complétant l’aide de l’Ofii par une enveloppe de 700 euros, versée à chaque Tunisien bénéficiaire de l’aide au retour. Mais l’offre, limitée à une centaine de dossier, est rapidement épuisée. Ceux qui restent sont dans l’impasse. “Même si le calcul est difficile, on peut estimer que sur les vingt-trois mille arrivés à Lampedusa, huit mille sont passés en France, dont la moitié sont en région parisienne. Et je pense qu’il sont entre un quart et un tiers à vouloir rentrer immédiatement, si on compense les frais de leur voyage ”, selon Pierre Henry. Mille personnes, peut-être un peu plus : un chiffre à comparer aux quatre mille retours volontaires accordés par l’Ofii en 2010, principalement à des Afghans et des Irakiens.

L’autre face du drame de Pantin réside dans ces chiffres : on a privé les réfugiés tunisiens d’une aide au retour de plein droit, alors qu’ils sont arrivés en grande majorité en avril-mai, dans la peur de l’après-révolution. Un exil temporaire, comme le confirme l’association Le Refuge :”Chez les anciens du squat, presque tous veulent repartir, même les Tunisiens.” Aujourd’hui logés dans le stade de Pantin par la mairie, les seize rescapés du squat attendent que l’Ofii s’occupe de leur dossier en priorité. En militant pour un meilleur fonctionnement de l’ARV, France-Terre d’Asile est parfois critiquée par les autres associations d’aide aux migrants, qui y voient une manière pour le gouvenement de gonfler les chiffres des expulsions.

Un argument insuffisant, pour Pierre Henry :”Je n’ai pas de problème avec l’aide au retour. Alors on me dit parfois que je suis l’idiot utile. Vaut-il mieux être l’idiot ou le criminel ? Le maintien dans la précarité de ces gens, sans solutions de retour, c’est une erreur dramatique et dangereuse du ministère de l’intérieur. Il faut à la fois un dispositif d’accueil temporaire digne, et une aide au retour volontaire efficace.” Le squat de Pantin est l’expression de ces deux manques.

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Aides au retour des immigrés : comment Guéant gonfle ses chiffres

3 octobre 2011 - Marianne 2 - Tefy Andriamanana

Le ministre de l’Intérieur veut augmenter les aides au retour, une façon de gonfler artificiellement les chiffres d’expulsions. Sauf que le dispositif est loin d’être efficace.

Un nouveau « drame de l’immigration » à Pantin. Sept migrants venus d’Egypte et de Tunisie sont morts mercredi dans l’incendie de leur immeuble, « probablement » des clandestins selon la Préfecture de Bobigny. Pour Claude Guéant, présent sur place, ce drame est liée « à une réalité tragique (…) de l’immigration clandestine », dénonçant « des filières criminelles, qui rançonnent les candidats à l’immigration » puis « les laissent face à une vie d’errance et de malheur ».

Ironie de sort, ses migrants auraient pu rentrer de leur plein gré dans leur pays. Selon Le Monde, il leur a été proposé de bénéficier du dispositif d’aide au retour humanitaire (ARH), mais ils ont préféré rester en France. L’ARH est versée aux migrants clandestins ou non et en situation de grande précarité à condition qu’ils retournent d’eux même dans leur pays. Cet aide peut atteindre 300 euros par adulte, hors frais de voyage. L’ARH est à distinguer de l’aide au retour volontaire (ARV), l’autre dispositif d’aide au retour, qui ne concerne que les sans-papiers et qui peut atteindre 3500 euros pour un couple marié, hors frais de voyage. C’est l’Office français de l’immigration et de l’intégration qui gère ces aides.

Et quel est l’objectif de ces aides ? Si le « million Stoléru » sous Giscard (rendu célèbre grâce au film « Prends 10 000 balles et casses-toi ») visait à mettre fin à une immigration qu’on n’a pas pu (ou voulu) intégrer, les aides au retour actuelles ont un objectif plus politicien en permettant de gonfler les chiffres des expulsions en évitant tout contentieux entre les migrants et l’administration.

Retour vraiment volontaire ?

Mais le risque est le migrant revienne ensuite en France, ce qui rend cette politique sans effet. Et des petits malins ont bien compris le système. Ils prenaient le chèque pour rentrer chez eux et revenaient ensuite en France, pour empocher... un nouveau chèque de retour. Pour cela, le fichier Oscar a été mis en place en octobre 2010 pour recenser les données biométriques des bénéficiaires d’une aide au retour.

Malgré ces failles, ce dispositif a toujours les faveurs du ministère de l’Intérieur. En cela, Claude Guéant a récemment souhaité que « des démarches systématiques de proposition des aides au retour » soient proposés aux migrants déboutés du droit d’asile, bien souvent dans des situations financières difficiles. En clair, il faut forcer la main aux personnes les plus décidées à rester en France. Et tant pis, si ces retours ne sont pas si volontaires que ça. Le tout est de faire du chiffre et non de réguler les flux migratoires.

Car il faut bien trouver des moyens pour arriver à son objectif très ambitieux de 30 000 expulsions pour cette année. D’autant plus que cette solution ne nécessite ni d’adapter la loi, ni d’augmenter les moyens de la police et encore moins de démanteler les mafias de passeurs. D’ailleurs, lorsqu’il était ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux avait lui aussi, dès 2007, relancé les aides au retour. De même, lorsqu’il était Place Beauvau, Nicolas Sarkozy avait lui aussi insisté sur ce type de mesures.

Tour de passe-passe

Et ces aides au retour sont de plus en plus utilisées. Selon l’OFII, les retours au pays dans le cadre de l’ARV ont connu une hausse de 37,9% entre 2010 et 2009. Au total, 4 016 personnes (3489 adultes et 527 enfants) ont bénéficié de l’ARV contre 2913 en 2009. Les Irakiens, les Chinois et les Russes sont les premiers bénéficiaires de cette aide. Une liste peu étonnante, vu que ces pays sont aussi les plus récalcitrants à admettre sur leur sol leurs migrants expulsés de force. Preuve que ces aides au retour ne sont que des rustines pour une politique migratoire défaillante.

Pour l’ARH, les choses sont différentes. Son attribution a baissé de 21% entre 2009 et 2010. Les principaux bénéficiaires de l’ARH sont Roumains (84%, des effectifs) et Bulgares (10%). Cette sur-représentation s’explique par le fait que l’ARH sert à expulser plus facilement des migrants pauvres qu’ils s’agissent de Roms ou des migrants de Pantin. Au total, 13 732 personnes ont bénéficié d’une aide au retour en 2010 contre plus de 14 000 en 2009 et 10 072 en 2008.

Radinerie

Et le coût des aides au retour paraît bien moindre qu’une expulsion forcée qui nécessite des policiers, un séjour en centre de rétention, sans parler des frais de justice. En 2010, selon l’OFII, l’aide au retour a coûté 21,8 millions d’euros dont 10,9 millions pour le transport des migrants et 10,9 millions pour les aides financières. En 2009, ces dépenses se montaient à 11 et 8,4 millions. Une petite somme quand on sait qu’une seule expulsion par la force peut coûter 20 970 euros. Bref, on gonfle les chiffres pour moins cher et sans tracasseries administratives.

Reste à savoir si ce tour de passe-passe va marcher longtemps. Certains migrants risquent de trouver le chèque de 300 euros trop faible. D’autant plus que les migrants tunisiens espéraient bénéficier d’un accord franco-tunisien de 2008 fixant l’aide au retour déjà 2000 euros, mais l’OFII n’a voulu accorder que les 300 euros par adulte.

Mais tout cela n’est qu’une solution de court terme, quitte à dépenser de l’argent, autant participer au développement des pays d’origine des migrants, une politique qui serait plus efficace que de financer le voyage de migrants vers un pays où ils n’ont pas de raisons de rester.

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Cherbourg : le camp des Afghans affiche toujours complet

3 octobre 2011 - Tendance Ouest

Un peu plus d’un an après l’incendie du squat Nordez, Plusieurs dizaines de migrants sont installés au pied du Roule. Deux nouvelles expulsions montrent que le problème est loin d’être résolu.

Deux Afghans, qui vivent au square Nordez à Cherbourg, sont expulsés ces jours-ci. Le premier, un mineur, a été renvoyé ce matin vers la Slovénie. Le second, un majeur, sera renvoyé demain vers l’Italie.

De nouveaux exemples qui montrent que le camps des Afghans ne désemplit pas à Cherbourg.

De nombreux réfugiés y vivent toujours dans des conditions précaires. Outre les sans papiers, les demandeurs d’asile reviennent aussi s’y installer.

Bonus AUDIO / Pas de quoi rassurer Brigitte Le Coutour, présidente de l’association Itinérances.
Ecoutez ici (Source)

Les immigrés font aussi les frais de la crise grecque

2 octobre 2011 - Tribune de Genève - Olivier Bot

Bloqués à Athènes, des migrants squattent les places. Et la population s’en accommode de moins en moins bien.

D’énormes baluchons bleus sont planqués dans les feuillages des mûriers. Des enfants joyeux jouent dans les escalators et les ascenseurs du métro qui débouche sur la place Victoria d’Athènes. Entre cent et deux cents clandestins, afghans pour la plupart, passent leur journée à l’ombre de ces arbres.

Assis, le regard vague, discutant, téléphonant, des hommes jeunes en majorité, attendent. Quelques semaines, des mois, plus d’un an parfois. Ils sont en transit en Grèce pour une autre destination européenne. Bloqués. Dans le quartier, ils seraient plus de 3000 selon le Centre hellénique de prévention et de soins des maladies qui se charge du suivi médical de ces populations fragiles.

« Tous les jours, il en arrive de nouveaux en provenance d’Afrique ou d’Asie », constate Irini Xanthopoulou, responsable du Centre. « Square Ameriqi, ce sont des Somaliens et des Sénégalais notamment. Dans les environs, ils sont à peu près 2000. Ces deux dernières années, ces réfugiés ont été de plus en plus nombreux. Ils dorment à dix ou vingt dans des appartements pour un euro. »

Comme 80% des immigrés clandestins d’Europe, ces sans-papiers sont passés par les 150 kilomètres de frontières entre la Grèce et la Turquie dans la région d’Evros. Cette zone est devenue la principale porte d’entrée de la zone de Schengen, depuis les accords de coopération entre l’Espagne, le Sénégal et la Mauritanie, ou entre la Libye de Kadhafi et l’Italie, qui ont eu un fort impact sur l’immigration illégale en provenance d’Afrique. Consciente du problème, l’Agence européenne des frontières extérieures Frontex a dépêché sur place 175 gardes-frontière pour aider les Grecs l’an dernier. Mais ce n’est pas encore assez.

« Ce sont les Turcs qui leur font passer la frontière terrestre », affirme Yiannis Pogas dont l’école culinaire se situe à deux pas du square Victoria. Et puis n’importe qui avec un bateau peut débarquer dans une de nos deux à trois mille îles. Comment voulez-vous les surveiller toutes ? » explique encore ce quinquagénaire qui a étudié le management hôtelier en Valais.

« Il y a quinze ans, il n’y avait que des Grecs ici. Des étrangers, des Pakistanais notamment, se sont installés depuis. Le prix de l’immobilier a chuté. Un appartement qui valait 100 000 euros a perdu la moitié de sa valeur », constate encore ce Grec qui trouve normal que par humanité, son pays s’occupe de ces populations. Mais, se désole-t-il, « il y a des bagarres entre communautés, des trafics. Les rues sont devenues sales, les marbres ont noirci. Et la nuit, personne ne met plus le nez dehors. »

Jusqu’ici, les Afghans de la place Victoria n’ont pas rencontré d’hostilité des habitants du quartier. Mais ils ont déjà dû décamper du quartier Agios Panteleimonas et de la place Attikis, chassés parfois à coups de bâton par des milices. La crise a exacerbé ces réactions populistes, voire xénophobes à Athènes. La Grèce, qui était un pays d’émigration, est devenue un pays d’immigration. Il y a sans doute près de 2 millions d’immigrés pour une population d’un peu plus de 11 millions d’habitants en Grèce. Une pression énorme.

« Notre pays a assimilé un million d’Albanais, près d’un tiers de la population de ce pays proche, il est vrai », rappelle Théodoros Pangalos, vice-président du gouvernement grec. « Le deuxième groupe, celui des Pakistanais, n’est pas assimilable mais ne pose pas de problèmes. Mais ces jeunes Afghans et Maghrébins de 18 à 30 ans, parfois très agressifs, commencent à poser de gros problèmes », reconnaît le vice-premier ministre.

En septembre dernier, l’ONG Human Right Watch pointait diverses violations des droits de l’homme dans quatre centres de détention d’immigrants illégaux et demandeurs du droit d’asile en Grèce. Surpopulation, saleté, absence d’intimité, mauvais traitements, insultes, violences des gardiens : cette année, la Grèce avec l’assistance de l’Europe, veut remédier au problème. Mais la crise risque bien d’aggraver encore les choses. Dans les centres comme en ville.

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Deux Afghans menacés d’expulsion à Cherbourg

1er octobre 2011 - Ouest France

Deux Afghans, l’un mineur, l’autre majeur, sont convoqués par la police des frontières, lundi et mardi, pour être envoyés, l’un en Slovénie, l’autre en Italie. Selon les accords intra-européens dits Dublin 2, les étrangers arrivant en Europe doivent demander l’asile dans le pays de leur arrivée en Europe. Les deux Afghans cherbourgeois, qui vivent actuellement avec leurs compatriotes dans le squatt Nordez plusieurs fois incendié, refusent de quitter la France pour un autre pays que l’Angleterre ou l’Irlande. Ils contestent les PV de police qui assurent qu’ils ont donné leur accord à leur expulsion.

Le Collectif contre le racisme et les idées d’extrême-droite et l’association Itinérances appellent à une mobilisation citoyenne. Ils invitent toutes les personnes qui veulent soutenir ces Afghans à venir manifester lundi à 6h du matin devant les bureaux de la police des frontières, dans l’ancien hôtel Atlantique, près de la gare maritime de Cherbourg.

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