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Visa pour l'image : des migrants en attente à Calais

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Visa pour l’image : des migrants en attente à Calais

1er septembre 2010 - La Croix - Armelle Canitrot

Les jours sont longs, rythmés par les distributions de repas et les occasions de se rendre en Angleterre. La plupart des migrants restent près du point de distribution de nourriture et ne font rien (© Carsten Snejbjerg / Reportage by Getty Images).

« Le problème de l’augmentation des immigrants illégaux est un sujet que je suis depuis plusieurs années. Quand la police française a expulsé violemment (les occupants de) la jungle de Calais en septembre dernier, jetant à la rue tous ceux dont le but était de rejoindre l’Angleterre, d’y trouver un travail pour payer leurs dettes et envoyer de l’argent à leurs familles, j’ai été stupéfait. Cela pouvait-il exister en Europe ? »

Six mois après, le photographe danois Carsten Snejbjerg décide de se rendre à Calais pour voir ce qu’étaient devenus tous ces migrants. « Beaucoup d’entre eux avaient peur de la presse et des conséquences que pouvait avoir le fait d’être exposés. Avant tout j’avais besoin d’être sûr qu’ils comprennent qui j’étais, d’où je venais et quelles étaient mes motivations. Qu’ils se sentent en sécurité avec moi et rassurés par ma démarche. »

L’insupportable attente

Le reporter danois de 44 ans photographie alors leur vie quotidienne rythmée par la recherche de la survie : accéder aux repas distribués par des associations, trouver un pont ou une voie ferrée où dormir, un endroit où se laver souvent avec les eaux industrielles usées qui provoquent des problèmes cutanés, échapper aux rafles de la police et aux gardes à vue.

Ses images révèlent surtout l’insupportable attente, le désœuvrement, l’ennui de ces jeunes perdus dans des journées vides qui s’enchaînent les unes aux autres avec l’unique espoir de tenter à nouveau leur chance.

« Ces migrants qui s’illusionnaient d’avoir survécu en fuyant la guerre en Afghanistan, atterrissent dans une tout autre réalité. La plupart souffrent d’entorses ou de fractures des mains ou des jambes suites aux poursuites nocturnes de la police, et à leurs tentatives désespérées pour s’accrocher sous un wagon ou un camion en partance pour l’Angleterre . » Carsten Snejbjerg doit recevoir, aujourd’hui, le grand prix Care du reportage humanitaire 2010.

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