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Une trentaine de chalets squattés à Blériot-Plage : le ras-le-bol des propriétaires

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Une trentaine de chalets squattés à Blériot-Plage : le ras-le-bol des propriétaires

17 avril 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Sur les quelque 200 chalets que compte la plage de Blériot, une trentaine seraient actuellement squattés. C’est le constat amer que dresse Maria Alvarez, présidente de l’Association des chalets de Blériot-Plage, qui doit se réunir en assemblée générale ce samedi. L’agression dont ont été victimes vendredi une propriétaire et son fils de la part d’un squatteur a renforcé un sentiment de ras-le-bol croissant ces dernières semaines.

1. Trente chalets squattés sur deux cents

Elle remue ciel et terre ces derniers jours pour qu’on l’entende. Maria Alvarez, présidente de l’Association des chalets de Blériot-Plage, a contacté la presse, mais aussi le collectif Calais, ouverture et humanité, Médecins du monde, l’association l’Auberge des migrants, la mairie, le commissariat... Et ce n’est pas tout : elle compte écrire au préfet et au procureur, comme elle l’a déjà fait « à plusieurs reprises », pour qu’ils fassent « quelque chose ». Le problème ? « Depuis l’hiver, une trentaine de nos chalets sur 200 sont squattés. Il y a parfois jusqu’à cinq ou six migrants dans un même chalet. Or, comme il fait beau, on (les propriétaires, ndlr) retourne sur la plage pour faire nos travaux, car on a jusqu’à juin pour les faire, et on les dérange. Nous devons faire face à une certaine agressivité de la part de certains d’entre eux », affirme-t-elle. Maria Alvarez fait référence en particulier à un incident qui s’est produit sur la plage vendredi.

2. Une propriétaire et son fils agressés vendredi

Ce jour-là, Hélène Leleu, propriétaire d’un chalet, était venue réaliser quelques travaux. Quand elle a sorti son téléphone portable pour prendre des photos, un homme qui squatte un chalet depuis plusieurs semaines s’est avancé vers elle, agressif. « Il a cru que je le prenais en photo. Il voulait voir mon téléphone mais j’ai refusé, alors il a pris un bâton et a tapé sur le téléphone et sur ma main. Mon fils est arrivé pour me défendre, ils se sont battus et il a été griffé à la joue. Un propriétaire belge est intervenu aussi et a raisonné la personne en lui disant Ces gens-là viennent pour des travaux, pourquoi tu les agresses ? Le lendemain, je suis allée au commissariat porter plainte. J’ai surtout peur que ce monsieur revienne m’agresser. » Steven Van Den Abeele, le propriétaire belge qui est intervenu dans la bagarre, avait déjà rencontré cet individu : « Il s’était montré agressif la veille au soir quand j’ai pris des photos des chalets et que je l’ai photographié par inadvertance. Depuis, je suis retourné discuter avec lui et il était beaucoup plus calme et posé. C’est une personne qui semble désorientée et très désœuvrée. » Suivi par plusieurs militants, cet homme vivrait depuis environ deux ans en France. « C’est un ex-migrant qui est devenu sans-abri et qui s’est installé dans ce chalet, explique Christian Salomé, de l’Auberge des migrants. Cette personne est à la marge, et quand elle se sent agressée, elle peut devenir violente. » Plusieurs associations, dont Médecins du monde, tentent de lui apporter une prise en charge psychologique. Depuis l’agression de vendredi, qui serait donc un cas isolé, la victime a porté plainte, tout comme la propriétaire du chalet squatté, Jacqueline Feldis, âgée de 85 ans. « Quand on m’a prévenue que mon chalet était squatté, j’ai vu rouge, raconte-t-elle. J’ai fait venir la police, qui a mis dehors ce monsieur lundi matin. » Voilà « une dizaine d’années » que cette propriétaire n’avait pas eu de problème de squat : « Là, il avait mis son lit à l’intérieur et tout était très propre. Il n’a rien dégradé, j’ai juste à refaire les montants de porte. » La vieille dame, qui n’utilise plus son chalet depuis des années, cherche à s’en séparer.

3. « Et pas que des migrants »

Pour Steven Van Den Abeele, ce sont justement les chalets délaissés ou peu entretenus qui sont le plus souvent la cible des squatteurs : « Il n’y a d’ailleurs pas que des migrants qui y viennent : parfois ce sont des jeunes du coin ou même des touristes. Si le chalet n’est pas en bon état, certains n’hésitent pas à entrer. » Inversement, des propriétaires « n’osent plus investir dans des travaux » s’ils constatent que leurs chalets sont trop souvent fracturés. « Il y a quelques années on tolérait les migrants parce qu’ils étaient discrets. Mais ces derniers temps ils viennent plus au contact et ne se cachent plus : ça, c’est gênant », estime pour sa part Maria Alvarez. Christian Salomé rappelait mardi que cette situation n’est pas le fruit du hasard : « Les autorités viennent d’expulser des Soudanais de leur campement derrière Lidl. Tant qu’on se contentera de chasser les gens, ils iront s’installer ailleurs, souvent dans des endroits qui gênent encore plus. » Les chalets de la plage de Calais sont quant à eux moins touchés par les squats ces derniers mois : la présence accrue de CRS, décidée lors de la venue de Manuel Valls en décembre dernier, y semble pour quelque chose. « Le problème a été délocalisé, analysait ce mardi le syndicaliste d’Unité SGP Police - FO Gilles Debove. À Calais, la police passe en voiture tandis qu’à Blériot, elle ne peut y accéder qu’à pied. Elle n’y va donc que sur réquisition et tout se fait sur la base de constats : si le commissariat a des signalements et des mains courantes, alors il agira. » À bon entendeur...

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