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Un arrêté d'expulsion déposé pour le squat Blériot

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Un arrêté d’expulsion déposé pour le squat Blériot

15 septembre 2014 - Nord Littoral - V. P.

Occupée depuis plus d’un an par une dizaine de migrants au départ, puis une quarantaine aujourd’hui dont une quinzaine de mineurs (de nationalités égyptienne, palestinienne et syrienne), le squat situé au 153 de l’avenue Blériot semble vivre ses dernières heures.

Vendredi après-midi, un arrêté d’expulsion a été affiché sur la façade de la maison, papier qui avait disparu le lendemain. Ce document est la conséquence d’une plainte du propriétaire des lieux en décembre 2013 suite à une mise en demeure de la mairie de Calais.

Sur ce document rédigé le 2 septembre dernier par le vice-président du tribunal d’Instance de Calais, Jean-François Le Pouliquen, il est mis en évidence, pour justifier cette expulsion, « l’occupation des lieux sans droit ni titre par des personnes qui n’ont pas accepté de se faire identifier » et aussi « la vétusté et l’insalubrité des lieux ». Par ces motifs, le vice-président du tribunal d’instance a ordonné l’évacuation des lieux qui pourra se faire à tout moment à partir de maintenant.

Du côté des riverains, on s’inquiétait quelque peu de l’évolution du squat : « Au début, les migrants étaient entre une dizaine et une vingtaine, ça ne posait aucun problème. Mais là, ça commence à poser quelques questions concernant leur sécurité et leur santé », confie un commerçant proche du squat. Un autre riverain confirme, comme d’autres de ses voisins, « n’avoir jamais de problèmes d’insécurité avec les migrants. Tout juste quelques incivilités du style jeter des papiers à terre, comme certains Français le font, mais ils les ramassaient toujours sans aucune agressivité lorsqu’on le leur demandait. Ils sont très pacifiques et restent tranquilles ».

Du côté des associations, on condamne cette expulsion : « Le jugement se fait en tenant compte de manière exclusive des droits du propriétaire, ignorant les pans de la législation française concernant le droit au logement, le droit inconditionnel à l’hébergement d’urgence, tout comme ce qui découle de la situation de dénuement des personnes concernées ou la vulnérabilité de certaines d’entre elles – comme les enfants. Une illustration parmi d’autres des distorsions des institutions sous l’effet de l’impératif de la chasse aux exilés », déclare Philippe Wannesson, de Passeurs d’Hospitalité.

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