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Situation des migrants à Calais : un plan d'urgence... pour informer sur la demande d'asile

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Situation des migrants à Calais : un plan d’urgence... pour informer sur la demande d’asile

19 juin 2014 - La Voix du Nord - Olivier Pecqueux

Denis Robin, le préfet du Pas-de-Calais, a annoncé ce mercredi midi à Arras la mise en place d’un « dispositif exceptionnel » pour tenter de solutionner, du moins en partie, la problématique des migrants à Calais. Il s’agira de « mieux informer » les migrants sur les demandes d’asile et les solutions d’hébergement d’urgence. Une stratégie pour éloigner de Calais les clandestins, déjà tentée ces dernières années, sans succès.

Trois semaines après l’évacuation des camps de migrants au port et à la batellerie, le préfet du Pas-de-Calais rompt le silence. Entouré du sous-préfet de Calais Alain Gérard et du directeur départemental de la cohésion sociale Serge Szarzynski, Denis Robin a d’abord dressé un état des lieux. « Les migrants sont actuellement entre 900 et 950 à Calais. Je suis saisi par la justice de décisions pour faire évacuer trois squats (rues de Vic, Aubert et Massena) en centre-ville. Je gère un quatrième lieu, boulevard Victor-Hugo, pour les femmes et les enfants. Enfin, le nombre de migrants au lieu de distribution des repas continue d’augmenter et je constate que mon autorisation d’occuper ce lieu 48 heures seulement (après le démantèlement des camps le 28 mai) n’a pas été respectée… » Autant d’éléments qui, ajoutés aux plaintes de riverains de la rue de Moscou, à la montée de la violence entre migrants et chauffeurs routiers agacés que l’on transperce les bâches de leur remorque, et à l’agression dont ont été victimes deux hommes visés par des plombs, poussent la préfecture à tenter une réaction.

« L’État ne veut pas la reconstitution d’un centre comme celui de Sangatte ou d’une jungle. Ce que l’on va faire, c’est activer un dispositif exceptionnel pour le droit d’asile et mobiliser un parc d’hébergement d’urgence pour ceux qui veulent notre protection. » Dès ce jeudi, à 14 h 30, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFFI) informera à Calais les migrants sur les solutions d’hébergement, mais ailleurs dans le département et en France. Dans le cadre d’une « mission de toute urgence », l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) informera les clandestins sur les demandes d’asile. Le Pas-de-Calais ne dispose que de 200 places d’hébergement, mais le préfet a reçu la garantie, de la part de l’État, que des places seront trouvées pour chaque demandeur d’asile.

Le préfet est resté évasif sur le projet de Maison des migrants et n’a pas donné d’ultimatum pour constater la réussite, ou l’échec, de ces mesures déjà testées sans succès par le passé. Si les migrants ne prennent pas « la main tendue de l’État », le préfet sera « dans l’obligation de procéder à des évacuations ».

(*) Médecins du monde, Salam, L’Auberge des migrants, France Terre d’asile et Solid’R assistaient à cette réunion à la préfecture.

Le squat Victor-Hugo bientôt fermé

Le préfet du Pas-de-Calais Denis Robin a évoqué le devenir du squat Victor-Hugo, réaffirmant que le logement sera libéré pour le mois de juillet. Ses occupants, des femmes et des enfants, seront hébergés d’ici une quinzaine de jours dans une autre structure, au sujet de laquelle le préfet est resté très discret. Aucune information n’a filtré sur la commune ou le quartier où sera accueilli ce public fragile. Depuis quelques semaines, la gestion de ce squat a été confiée à l’association Solid’R, dont l’un des représentants était présent à Arras hier. « J’entends parfois que le dispositif autour du squat Victor-Hugo est une expérimentation, c’est faux. Je ne souhaite pas que ce type de squat réapparaisse. J’ai dit que la force publique ne mettra pas à la rue des femmes et des enfants, mais j’ai également indiqué que des négociations avaient abouti à un accord avec la propriétaire, qui récupérera son bien au 1er juillet. »

Les trois autres squats (rues de Vic, Masséna et Aubert), qui font l’objet d’un arrêté d’expulsion, seront évacués si ses occupants ne se montrent pas sensibles aux dispositifs d’accueil proposés par la préfecture.

« Le vide intersidéral » selon Philippe Wannesson

Ce mercredi après-midi, à l’invitation d’associatifs œuvrant auprès des migrants à Calais, un point presse devait se tenir à 15 h sur le lieu de distribution des repas. Mais aucune des associations présentes à la réunion du matin en préfecture n’était finalement au rendez-vous. Les migrants ont pour la plupart obtenu des informations au compte-gouttes avant la venue du sous-préfet de Calais et du directeur départemental de la cohésion sociale.

« Les annonces faites par le préfet, c’est le vide intersidéral, commente, presque amusé, Philippe Wannesson, de l’association Passeurs d’hospitalité. La préfecture arrête de parler pendant trois semaines et quand elle reprend la parole, c’est pour tenir le discours répété depuis douze ans. » Des bénévoles au chevet des migrants soulignent : « La sous-préfecture dispose déjà d’une antenne qui informe sur les demandes d’asile trois fois par semaine. Ceux qui veulent rester en France savent déjà ce qu’il faut faire. » Séverine Mayer, du collectif Calais Ouverture et humanité, se dit « déçue » : « Ils ont proposé la même chose qu’avant les évacuations des camps. Il ne faut pas oublier que les demandes d’asile ne concernent qu’une minorité de personnes. »

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