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Sans-papiers aux urgences : le coup de gueule des hôpitaux de Lille

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Sans-papiers aux urgences : le coup de gueule des hôpitaux de Lille

21 décembre 2012 - Nord Eclair

Ce vendredi matin, le CHRU de Lille, l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul ainsi que l’Agence régionale de santé tirent la sonnette d’alarme : "il ne saurait être admis plus longtemps que les urgences soient massivement occupées tous les soirs" par les sans-papiers en grève de la faim, avancent-ils dans un communiqué.

Cette situation perdure depuis le 4 décembre, date à laquelle quelque 120 sans-papiers en grève de la faim ont été expulsés de l’église réformée de Lille-Fives, qu’ils occupaient illégalement. "Depuis cette date, les équipes médicales et soignantes des urgences du CHRU et de l’hôpital Saint-Vincent de Paul ont assuré près de 350 prises en charge, en plus de l’activité par ailleurs très soutenue en cette période hivernale".

Le communiqué précise que de nombreux sans-papiers sont déposés en groupe aux urgences, tous les jours en début de soirée, et que cela "met en difficulté l’accueil des personnes nécessitant une prise en charge médicale". Les équipes médicales rappellent également qu’"une grève de la faim avérée peut potentiellement entraîner des problématiques graves de santé à partir de la 6e semaine".

Dans un communiqué envoyé hier soir, le comité des sans-papiers (CSP 59) a annoncé que 81 personnes se déclaraient toujours en grève de la faim. Celle-ci a débuté le 2 novembre. Le CSP 59 estime que, depuis, "le préfet continue d’ignorer la grève de la faim et fait comme si elle n’existait pas".

Depuis l’évacuation de l’église réformée de Fives, le CSP59 a été reçu à deux reprises en Préfecture. Il a présenté d’ailleurs 147 cas de personnes qui demandent à être régularisées. La Préfecture, lors du 2e rendez-vous, a annoncé que sur 161 dossiers (elle englobe les conjoint(e)s aux 147 dossiers initiaux), 9 devraient bénéficier d’une régularisation, et 44 sont "susceptible" de répondre aux critères de régularisation, sous réserve d’une étude plus approfondie des dossiers.

Après cette annonce, le CSP 59 s’est réuni en assemblée générale et 7 sans-papiers ont décidé de suspendre leur grève de la faim. 81 personnes, en revanche, la poursuivent.

La question qui se pose, aujourd’hui, est aussi de savoir dans quel état se trouvent les individus qui se déclarent toujours en grève de la faim. Cela fait, en théorie, 50 jours qu’ils ne s’alimenteraient plus quotidiennement. Sur ce point, le CHRU de Lille et l’hôpital Saint-Vincent précisent qu’"aucune hospitalisation prolongée au-delà de 48 h ne s’est avérée nécessaire jusqu’à ce jour". Ils alertent en revanche sur la dangerosité d’une grève de la faim avérée à partir de la 6e semaine : ce qui, a priori, est le cas des quelque 81 personnes se déclarant grévistes de la faim. Enfin, ils affirment que "le refus de soin observé jusqu’à ce jour par certaines personnes en grève de la faim pourrait entraîner des problèmes de santé dans les jours à venir". Ce qui résonne, somme toute, comme une alerte...

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