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Sandra, une Calaisienne proche des migrants

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Sandra, une Calaisienne proche des migrants

30 avril 2014 - Nord Littoral - D. K.

Elle ne fait partie d’aucune association et préfère garder sa liberté

Au camp de la Batellerie à Calais, Sandra est devenue une habituée. Elle va à la rencontre des migrants, pour tout, pour rien. Elle n’appartient à aucune association et protège sa « liberté ». Rencontre avec une Calaisienne qui donne de son temps pour « créer du lien humain, du soutien » Les migrants, elle les aide depuis un bon moment « en donnant des vêtements, de la nourriture », décrit cette mère de famille vivant non loin du camp de la Batellerie à Calais. A quelques mètres d’elle, trois migrants boivent une tasse de thé, assis sur un banc, dos aux tentes de fortune. Un bout de pain dans la main, l’un d’eaux rappelle que les conditions de vie, au camp « sont vraiment dures ». Ces conditions de vie ont interpellé la Calaisienne. Pendant longtemps, Sandra s’est tenue à distance, apportant de l’aide matérielle.

Son déclic, la mort de Saney au mois de mars

A la mort de Saney, un migrant retrouvé mort dans le canal au mois de mars, elle a un sursaut. « J’ai toujours été préoccupée par la situation des migrants. Mais le jour où Saney a été retrouvé mort… » Elle s’arrête puis reprend. « J’ai voulu m’investir pour créer du lien humain, les soutenir moralement. » A côté d’elle, un membre proche de l’association Salam soutien son point de vue. « Un repas, c’est capital. Mais les bénévoles n’ont pas le temps d’apporter de l’échange humain tout le temps, ils ont la tête dans le guidon, c’est normal. » Sandra, prend le temps, quand elle ne travaille pas.

« Ils prennent parfois une douche à la maison »

Hier, elle est venue sur le camp avec sa fille. Son action se résume à des moments de partage, de discussion mais aussi à de l’aide pour la vie courante. « Je leur passe mon portable pour qu’ils regardent leurs mails, appellent leurs proches. Parfois je les accompagne dans leurs démarches administratives. Ils viennent parfois prendre une douche à la maison ou simplement aller aux toilettes. Je prends leur portable pour les recharger etc. » Elle concède qu’au quotidien, « ça (lui) pose des problèmes avec (ses) voisins ». Un homme s’approche, lui parle de sa plaie au crâne. Il penche la tête. Sandra jette un oeil et lui conseille d’attendre un peu pour aller retirer les fils. « Ils nous considèrent un peu comme une famille, confie-t-elle. Ils ont confiance. On a échangé nos numéros, quand ils ont besoin, ils appellent. »

Un besoin de tentes urgent

Sur le camp, de nombreux membres des diverses associations. A sa manière, Sandra, à titre personnel, apporte aussi son aide. Hier, le manque de tentes était au coeur des besoins principaux. Des migrants dorment à même le sol, « à la belle étoile », précise un membre d’association, avant de passer quelques coups de fil pour essayer de régler le problème. Les tentes ne sont pas suffisantes, mais aussi les appareils pour se préparer à manger. Les chaussures également. Sandra, comme d’autres, essayent d’aider, au quotidien.

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