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SANTÉ des migrants : TB, VIH et VHB, des vulnérabilités de Santé publique

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SANTÉ des migrants : TB, VIH et VHB, des vulnérabilités de Santé publique

17 janvier 2012 - Santélog

Un état de santé qui se dégrade globalement chez les 5,3 millions d’immigrés vivant en France et même tendance dans d’autres grands pays d’immigration. C’est l’une des conclusions de ce bulletin hebdomadaire de l’Institut de veille sanitaire qui s’est attaqué à ce sujet rendu complexe par la diversité des populations et les nombreux biais de déclaration et de recensement, mais primordial étant donné qu’il touche à des populations vulnérables.

La France compte 5,3 millions d’immigrés soit 8,4% de la population (Source Insee 2000). 38% sont originaires d’Europe et 43% d’Afrique.

La revue de la littérature scientifique française montre un état de santé des immigrés plutôt bon dans les années 1980 et 1990 mais moins bon dans les années 2000, comme dans la littérature internationale. L’avantage bonne santé historiquement constaté à l’arrivée dans le pays s’estompe au fur et à mesure que la durée de résidence dans le pays d’accueil s’allonge, explique l’InVS.

Non seulement les migrants adoptent des habitudes de vie moins favorables à la santé, exercent souvent des professions à forte pénibilité, connaissent des situations de grande précarité mais aussi, de nouveaux profils d’immigration vulnérables se développent comme des femmes et enfants isolés.

D’où un mauvais état de santé majoritaire dans ces groupes, et au-delà des facteurs sociaux et psychosociaux ou du pays d’origine. Cependant, les immigrés originaires de Turquie et du Portugal sont ceux qui se déclarent le plus en mauvaise santé. On retrouve également la situation très vulnérable des femmes migrantes, avec les risques périnataux ou encore certains immigrés politiques présentant des psychotraumatismes. Ainsi, entre 2004 et 2010, parmi les 17.836 personnes ayant consulté un dans les centres de santé du Comede, plus de 60% avaient subi des violences dans leur pays d’origine, et près d’un quart la torture.

Les migrants concentrent la moitié des nouveaux cas de VIH et de TB recensés et les trois quarts des prises en charge pour hépatite B chronique. Les taux de découvertes de séropositivité VIH et de déclarations de tuberculose sont ainsi 10 et 8 fois plus élevés chez les migrants que chez les non-migrants. Curieusement, alors que les immigrés déclarent globalement se faire plus fréquemment vacciner que les Français, ils rapportent moins fréquemment un vaccin contre l’hépatite B et un dépistage du VIH dans les douze derniers mois. Le diagnostic précoce devrait permettre d’orienter rapidement vers une prise en charge adéquate…

Les difficultés d’accès aux soins –et à la prévention- sont réelles et confirmées par ce bilan, aggravées par les barrières administratives comme par celles de la langue. Les études s’accordent sur le moindre recours aux soins de la population immigrée, en particulier en médecine de ville. En cause, la situation économique et sociale plus défavorisée des immigrés, un accès marginal aux complémentaires Santé et une moindre intégration sociale donc connaissance des ressources possibles. Ainsi, les barrières culturelles et informationnelles dans le parcours de soins des immigrés, les font rencontrer les professionnels de santé tardivement, plutôt que dans une démarche

Préventive. Enfin, un tiers des bénéficiaires de l’AME déclare avoir été soumis à un refus de soins de la part des professionnels de santé.

Mieux cerner les besoins de santé et les difficultés d’accès de ces populations doit contribuer à la réflexion sur les politiques publiques et les programmes en direction des migrants. Car certaines politiques de sécurité et de lutte contre l’immigration clandestine, par la peur des arrestations qu’elles engendrent, éloignent aujourd’hui les personnes des structures de santé et entravent le travail de prévention, de réduction des risques et d’accès aux soins, précise l’étude publiée dans ce numéro par Médecins du Monde.

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