Procès de Jean-Claude Lenoir

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Procès de Jean-Claude Lenoir

12 mai 2010 -

Le vice-président de l’association SALAM est comparu, hier, devant le tribunal d’appel de Douai pour outrage. Le 31 juillet 2009, il avait été relaxé, mais le parquet avait fait appel de la décision.
C’est ainsi, que, soutenu par sa famille, l’association et de nombreux sympathisants, Jean-Claude Lenoir a dû se présenter, une nouvelle fois, devant la justice, pour des faits qui datent du 8 novembre 2010.
A cette époque, il était question de procéder à des arrestations de migrants afghans dans le but de remplir des charters franco-britanniques à destination de Kaboul. Depuis quelques temps, des compagnies de CRS aidées d’hélicoptères qui volaient à basse altitude menaient à une véritable chasse à l’homme dans la zone des dunes, où les migrants se posent habituellement, dans les « jungles ».
SALAM trouvait évidemment ces agissements insupportables. Pour éviter que des jeunes gens soient renvoyés en Afghanistan et apaiser les tensions, des bénévoles se rendaient dans cette partie de Calais, en signe de protestation.

Ce 8 novembre, Jean-Claude Lenoir a eu le malheur de marcher quelques mètres en avant du groupe, en direction d’un cordon de CRS. L’un d’entre eux crie : « il nous a insulté ». C’est alors qu’il est bousculé, se laissant choir en guise de « résistance passive », pour reprendre des termes employés dans la salle d’audience. Puis, il est traîné sur le sol par les jambes, si bien que ses vêtements remontent et qu’il se retrouve torse nu, en pleine nuit d’hiver. Enfin, il sera emmené par la police nationale au commissariat, où on le mettra en garde à vue.
Trois des cinq CRS concernés porteront plainte pour outrage. Selon eux, notre porte-parole aurait proféré des propos insultants (« Allez vous faire voir, bande de cons », supplanté par la suite par « allez vous faire foutre », version plus « édulcorée », selon l’avocat général) et serait jeté à terre et déshabillé volontairement afin de faire croire à la bavure.
Maître Deguines a bien su insister sur l’élément central : la présence de Calais-TV. Les CRS auraient pu avoir pris conscience d’être allé trop loin avec Jean-Claude Lenoir, et ce, peut-être, devant des caméras qui auraient enregistré les images – ce qui n’a pas été le cas. C’est ainsi que pour se protéger, ils auraient entamé des procédures légales, pour lesquels ils n’ont jamais pris la peine de se déplacer.
Nous notons par ailleurs qu’ils ne demandent que l’euro symbolique en guise de dédommagement. L’avocat général réclame 2000€.
Bien sûr, nous espérons de tout cœur qu’une justice digne de ce nom confirmera la relaxe.

Vidéos de Calaisis-TV ici