Prise en charge des mineurs : A revoir !

Soutenons, aidons, luttons, agissons
pour les migrants et les pays en difficulté

Actualités

Prise en charge des mineurs : A revoir !

25 juin 2010 -

Une bénévole s’est rendue dernièrement accompagnée de trois mineurs qui désiraient rester en France à la Police des Airs et des Frontières de Lille.
Pourquoi Lille me direz-vous ? Les jeunes souhaitaient et on peut aisément les comprendre s’éloigner de Calais, des migrants et des personnes qui peuvent s’avérer dangereuses pour eux.
L’accueil fut pour le moins brutal. Un policier est arrivé très agressif dans un premier temps envers la bénévole :
« Pourquoi êtes-vous venue avec eux ici ?
- Ils souhaitaient rejoindre un foyer à Lille et s’éloigner de Calais.
- C’est pas eux qui décident ! Ils vont où on leur dit d’aller ! C’est illégal de les emmener jusqu’ici. Vous allez avoir des problèmes !
- Je les ai conduits ici pour qu’ils puissent être protégés.
- Vous devez les amener à la PAF de Coquelles ! »
Il s’absente une dizaine de minutes et revient encore plus agressif :
« Allez ! GARDE A VUE ! »
La bénévole est sidérée ainsi que les autres personnes qui étaient présentes.
Pourquoi traiter ces jeunes comme des assassins ? Ils viennent demander à être protégés et on les met en garde à vue !
Les trois jeunes ont suivi le policier non sans avoir jeté un regard désemparé à la bénévole. Lorsque celle-ci s’est levée pour partir, le policier l’en a empêché.
« Restez là. On va vous interroger. »
Après une vingtaine de minutes un autre policier, plus courtois, est arrivé. La bénévole a ensuite été interrogé pendant près d’une heure :
Nom, prénom, nom des parents, du mari, niveau d’étude, ressources....
Questions :
« Pourquoi êtes vous venue ici avec eux ? »
« Pourquoi pas à Calais ? »
« Comment savez-vous s’ils sont mineurs ? »
« Combien y a-t-il d’enfants mineurs à Calais ? »

« Mais quelle était donc la solution ? Comment mettre ces enfants en sécurité ?
- Vous devez écrire au Procureur de la République.
- Ok, mais il me répond au bout de combien de temps ?
- Il a six mois pour vous répondre… »
Six mois ? Mais que deviennent les mineurs pendant ce temps là ???

Au bout d’environ une heure l’interrogatoire s’est terminé. Dans le couloir, alors qu’elle discutait avec le policier sur les tests osseux qui permettent normalement de déterminer si le migrant est mineur, le premier policier est arrivé encore très agressif : « Vous n’aviez qu’à ne pas les amener ! ».
La bénévole a dû attendre encore et vers 18 heures elle a pu enfin reprendre la route vers Calais.

Conclusion :
Il n’est pas du tout sur que les trois jeunes restent en foyer compte tenu de l’accueil qui leur a été réservé !!!
Nous ne comptons plus le nombre de réunions, rencontres où a été abordé la question de la prise en charge des mineurs et comment réussir leur intégration. Tout cela ne sert à rien. On nous écoute mais rien ne suit, rien ne change.
Tant que les mineurs seront traités de cette façon toute démarche pour demander l’asile en France sera vouée à l’échec.