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« Pourquoi ne pas déplacer les douches ? »

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« Pourquoi ne pas déplacer les douches ? »

11 mai 2011 - Nord Littoral - A. TH.

Une nouvelle fois, les douches destinées aux migrants ont été vandalisées. C’est pourquoi les bénévoles du Secours catholique demandent à Natacha Bouchart de changer de site.

Quatrième fois. Depuis leur ouverture en janvier 2010, les douches destinées aux migrants ont été vandalisées de façon importante à quatre reprises. Les dernières exactions en date ont été commises dans la nuit de vendredi à samedi, rendant encore une fois les douches inutilisables (NL du 08/05/11). C’est pourquoi, les bénévoles du Secours catholique, qui gèrent l’installation, demandent à Natacha Bouchart de déplacer ces douches mobiles pour les installer sur un autre site, sécurisé. « Les derniers actes de vandalisme, commis ce week-end, nous interrogent une nouvelle fois sur la pérennité des installations sur ces lieux », peste Véronique Devise, responsable diocésaine du Secours catholique.

Samedi après-midi, c’est un riverain qui avait signalé à la police que les portes des bungalows abritant les douches étaient ouvertes. Sur place, les forces de l’ordre découvraient l’étendue des dégâts. Deux ballons d’eau chaude de deux cents litres chacun ont disparu. Même chose pour la tuyauterie en cuivre.

L’installation n’aura fonctionné que cinq jours. Après qu’elles avaient été dévastées par un incendie volontaire et divers actes de vandalisme le 28 mars 2011, les sept douches avaient été remises en service lundi.

« Pourquoi s’obstiner ? »

Natacha Bouchart refuse pourtant de déplacer la structure. « Je le répète, les douches ne bougeront pas d’endroit », affirmait le maire samedi après-midi. Les déplacer serait-il donner raison aux vandales ? « Peut-être. Mais à quoi sert-il de s’obstiner », demande l’abbé Michel Delannoy, aumônier du Secours catholique.

D’autant que cela à un coût, même si la mairie fait des demandes d’indemnisation à l’État. « Grosso modo cela fait trois fois 20 000 euros de frais. En tant que contribuable, je préférerais que mon argent aille ailleurs », regrette Vincent de Coninck, directeur départemental du Secours catholique.

Natacha Bouchart entend malgré tout remettre les douches en état. « On va sécuriser le site et on réinstallera tous les équipements », gageait-elle samedi.

Un mur de béton

Pour éviter que pareilles dégradations ne se reproduisent, Philippe Mignonet, adjoint en charge de l’environnement, envisageait de remplacer l’enceinte grillagée par un mur de béton qui présentera beaucoup moins d’intérêt pour les voleurs (NL du 09/05/11). Une hypothèse qui révolte les membres du Secours catholique. « Nous ne nous voyons pas exercer notre bénévolat dans une prison, s’agace Véronique Devise. Les migrants ne sont pas des délinquants. » Hier, l’association a profité d’une réunion de formation organisée le matin pour 150 de ses bénévoles pour manifester devant l’hôtel de ville. Une rencontre a été organisée avec Claude Demassieux, le directeur de cabinet du maire. L’occasion de lui remettre une lettre signée par quatre-vingt-dix personnes.

Pendant que la délégation était reçue, les bénévoles du Secours catholique se sont réunis sur le perron de l’hôtel de ville avant d’entamer un cercle de silence.

Source

Natacha Bouchart, maire de Calais, n’a pas répondu à nos sollicitations.

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