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Petit génie des échecs et clandestin bangladais, Fahim va rester en France - « Je suis heureux »

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Petit génie des échecs et clandestin bangladais, Fahim va rester en France - « Je suis heureux »

14 mai 2012 - Est Républicain

LA FIN D’UNE LONGUE route entamée en 2008 au Bangladesh : Fahim Alam, âgé bientôt de 12 ans, arrivé clandestinement en France avec son père, va pouvoir rester en France où il vient d’être sacré champion national. Leur situation a été provisoirement régularisée hier par la préfecture du Val-de-Marne, mettant ainsi fin à l’obligation de quitter le territoire français (OQTF) qui frappait les deux hommes.

Après moins d’une heure à la préfecture du Val-de-Marne à Créteil, visages souriants, Fahim Alam et son père sont venus annoncer la bonne nouvelle aux journalistes : « Mon père a eu une carte de trois mois pour travailler, voilà, je suis content, je suis heureux », « heureux de (pouvoir) vivre avec mon père, de vivre tranquillement ».

La fédération française d’échecs avait indiqué qu’elle n’attendait que la régularisation de la situation de Fahim Alam pour l’intégrer en équipe de France.

Après des années à se cacher, Fahim entre en pleine lumière : en août, ce seront les championnats d’Europe des jeunes à Prague, puis en novembre les Mondiaux à Maribor (Slovénie). Ce samedi, il racontera son incroyable odyssée sur Canal +, invité du « talk show » de Thierry Ardisson « Salut les Terriens ».

« Je suis heureux », a simplement commenté le père, Nura Alam, qui, quand il avait entamé la formation de son fils de six ans, avait très vite décelé son don. « A sept ans je participe à mon premier tournoi (ndlr : au Bangladesh), je termine 7e », raconte Fahim, qui s’exprime dans un français parfait, quatre ans après son arrivée clandestine dans un pays qui lui était parfaitement inconnu.

Le père décide d’écumer les tournois en Inde, où il se rend en car, pour faire progresser son fils autant que pour le faire remarquer. Mais au pays, le père, pompier de formation, affirme être la cible de menaces. Nura décide de quitter le Bangladesh, en emmenant Fahim mais en y laissant sa femme, un autre fils et une fille.

Escale indienne, étape en Hongrie où Fahim dispute, le First Saturday : « J’ai battu le premier du tournoi », dit fièrement Fahim.

« Un ami de mon père nous a dit qu’on pouvait mieux s’entraîner en France », raconte l’adolescent. Ils reprennent la route et contactent la fédération d’échecs qui leur conseille de s’installer à Créteil, siège de l’un des meilleurs clubs formateurs d’Ile-de-France.

Ils logent chez des membres du club ou dans le foyer de France Terre d’asile de Créteil, se cachent. Fahim est scolarisé. Il est aujourd’hui un excellent élève de 6 e au collège Clément-Guyard.

Entre les deux tours de la présidentielle, sur France Inter, l’ancien Premier ministre François Fillon est interpellé sur leur situation : « Naturellement ce jeune homme, s’il est un champion d’échecs, mérite que son cas soit regardé avec la plus grande attention », « dès aujourd’hui ».

Dans l’attente d’un titre de séjour plus durable, le maire PS de Créteil Laurent Cathala, a déjà promis de les loger et de trouver un travail au père, comme agent de sécurité.

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