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"L'Obs" : dossier spécial sur les migrants.

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On a lu, on a vu

"L’Obs" : dossier spécial sur les migrants.

14 janvier 2018 -

A la une : « Migrants, bienvenue au pays des droits de l’homme… »
dimanche 14 janvier 2018

C’est le titre qui a fait réagir, la Une qui a fait polémique et c’est signé L’Obs. L’hebdo publie un dossier spécial sur les migrants. Et le ton est donné dès qu’on aperçoit le magazine dans les kiosques : la une est provocante. Elle montre Emmanuel Macron, en noir et blanc. Gros plan sur le visage fermé du chef de l’État. Visage cerné de barbelés noirs imposants, qui viennent recouvrir les joues et le front présidentiels. Une Une qui a choqué Christophe Castaner, le délégué général de La République en marche (LRM). Il l’a dit sur France Info, évoquant un choix éditorial visant à mieux vendre. Mais il n’y a pourtant pas que l’image, il y a également les mots de L’Obs, qui rappelle en ouverture de son dossier cette réalité : « En 2017 en France, près de 40 000 réfugiés sont “dublinés”. Ces migrants, au nom de l’accord européen dit “de Dublin”, peuvent être expulsés vers le pays où ils ont été contrôlés après leur arrivée en Europe. » « Une situation inextricable », selon l’hebdo qui dénonce l’hypocrisie française sur le sujet du droit d’asile. « Emmanuel Macron semble adopter la même ligne que son prédécesseur, affirme L’Obs, François Hollande qui s’est plus comporté en boutiquier qu’en homme de conviction. La France de 2018 face aux dublinés rejoue la même partition que la France de 2015-2016. Au plus fort de la crise migratoire, elle s’était contentée d’entrouvrir sa porte. »

La rédaction de L’Obs n’est pas la seule à le penser. Elle affirme ouvrir ses colonnes à une colère partagée…

Colère partagée par l’écrivain Jean-Marie Gustave Le Clézio qui signe une tribune aussi poignante qu’accablante. Aux côtés de cinq autres personnalités, de Laurent Berger secrétaire général de la CFDT, à Louis Gallois, ancien président de la SNCF aujourd’hui à la tête de la Fédération des acteurs de la solidarité… Tous font part de leur malaise face à la politique gouvernementale. Notamment face à la circulaire de décembre prévoyant des recensements de migrants dans les centres d’hébergement d’urgence. Officiellement, pour identifier et mieux accompagner les demandeurs d’asile. Mais « Comment peut-on faire le tri ? » s’insurge Jean Marie Gustave Le Clézio… « Comment faire la différence entre les demandeurs d’asile au titre du danger qu’ils encourent dans leur pays, et ceux qui fuient leurs pays pour des raisons économiques ? » demande encore celui qui reçut en 2008 le prix Nobel de littérature, avant de nous interroger : « Est-il moins grave de mourir de faim, de détresse, d’abandon, que de mourir sous les coups d’un tyran ? » Le Clézio y voit en somme un déni d’humanité insupportable.

Même la Croix-Rouge française sort de sa réserve habituelle

Dans la voix de son président, Jean-Jacques Eledjam. Il rappelle la nécessité de mettre les migrants à l’abri, de les soigner, les accompagner et les fixer rapidement sur leur avenir. Le patron de la Croix-Rouge déclare qu’il y a pour son organisation trois lignes rouges à ne pas franchir : le principe d’accueil doit demeurer, la continuité de cet accueil également, et enfin on ne doit pas demander à ses équipes de participer au recensement et à l’évaluation administrative des migrants.

Un dossier de L’Obs qui a fait réagir. Jusqu’au sommet. Interrogé jeudi à Rome, Emmanuel Macron a déclaré qu’il y a « beaucoup de confusion chez les intellectuels ». Le président met en garde : « il faut se garder des faux bons sentiments… »

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