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Migrants à Calais : « Ils sont dans une logique de survie »

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Migrants à Calais : « Ils sont dans une logique de survie »

9 août 2014 - Le Nouvel Observateur - Magali Judith

Les rixes se multiplient entre les migrants, de plus en plus nombreux, et dans une précarité accrue, selon Cécile Bossy, coordinatrice de la mission migrants à Calais pour Médecins du Monde. Interview.

Environ 300 migrants se sont battus aux abords du terminal ferry dans la nuit du lundi au mardi 5 août dans la zone portuaire de Calais, faisant une cinquantaine de blessés, dont un grave. Une nouvelle rixe a eu lieu mardi dans la soirée. Des tensions “extraordinaires” qui sont liées à plusieurs facteurs récents, selon Cécile Bossy, coordinatrice de la mission migrants à Calais pour Médecins du Monde.

Ces rixes entre migrants sont-elles régulières ?

- On assiste à une situation de crise assez importante au vu des dernières rixes. Il y a eu quelques tensions auparavant entre migrants mais les dernières bagarres extraordinaires sont à mettre en relation avec l’afflux important de migrants, les expulsions à répétition et les relations compliquées avec les CRS.

Comment expliquer ces rixes ? Sont-elles liées à une lutte de territoires entre migrants ?

- Les systèmes de réseaux sont indéniables mais les rixes sont dues à des facteurs multiples. Les migrants sont dans une situation de précarité accrue et ils sont dans une logique de survie, qui peut susciter un comportement violent. La situation est disproportionnée. Les migrants sont constamment confrontés au stress : il faut se battre pour avoir de l’eau, de la nourriture et des médicaments... Se battre pour vivre, en somme.

Comment expliquer l’augmentation de migrants à Calais ?

- C’est la répercussion du contexte international. Il y a des migrants qui viennent à Calais pour des raisons d’instabilité politique ou des problématiques liées à des conflits armés. Certains fuient les systèmes qui vont à l’encontre de leur liberté…

Comment analysez-vous les réponses policières ?

- Pour gérer l’afflux de migrants, la réponse se fait par une présence policière plus importante. Les migrants sont de plus en plus méfiants. Lorsque l’on parle avec eux, certains disent qu’ils sont violentés, gazés ou tabassés. C’est la conséquence d’une politique qui privilégie l’expulsion plutôt que l’accueil. Il n’y a pas de changements concrets à Calais.

Il y a quelques portes ouvertes à travers des discussions avec l’État mais ces solutions sont bien faibles. Le volet répressif domine, c’est la réponse quasi automatique. Médecins du Monde a mis en place un dispositif d’accueil avec les responsables locaux, mais il n’y a pas de travaux de grande envergure.

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