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Migrants Le préfet demande la destruction du bidonville de Norrent-Fontes

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Migrants Le préfet demande la destruction du bidonville de Norrent-Fontes

4 janvier 2011 - 20 Minutes - Gabriel Thierry

Ce camp-là ne dérangeait pas le maire. Et pourtant, en bordure de l’A26 dans le Pas-de-Calais, le campement des migrants, à Norrent-Fontes, est en sursis depuis la fin décembre. Le préfet, Pierre de Bousquet, a envoyé une mise en demeure au maire, Marc Boulnois (Europe Ecologie – les Verts). Il lui demande, pour cause de trouble à l’ordre public, « de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire disparaître le campement ». Désert pour le moment : les clandestins, une trentaine d’Érythréens, sont logés par temps de grand froid dans un bâtiment de la municipalité.
Quelques kilomètres plus loin, seuls les claquements des deux drapeaux du camp troublent le silence. Plusieurs chaussures dispersées, des bidons sur le flanc et deux latrines aménagées témoignent d’une vie sur place. Les cinq petites cabanes, assemblées de bric et de broc, sont entourées de champs boueux. « Des conditions gravement insalubres », note le préfet, dans son courrier. « C’est injuste, enrage Valérie, 43 ans, professeur des écoles dans le secteur. Les migrants ne dérangent personne. Pourtant, on les considère comme des objets, que l’on déplace ».

Flux de migrants intarissable

Au village, juste à côté de la dernière aire d’autoroute avant Calais, on s’est habitué depuis la crise du Kosovo au passage des clandestins. « Ils nous demandent parfois des habits, mais même ça, on n’a pas le droit de leur donner », s’attriste Jean-Pierre, un retraité. « Le maire préfère aider les migrants plutôt que les gens du village », persifle au contraire Ophélie, garde d’enfants.
Pas de quoi troubler Marc Boulnois, déterminé à « ne rien faire » malgré les menaces du préfet. « Si le démantèlement n’est pas pour ce mois-ci, ce sera pour le prochain, nous ne nous faisons aucune illusion », soupire Lily Boillet, la présidente de Terre d’Errance, association qui s’occupe des migrants. Passé le délai d’un mois, le préfet pourra, en effet, donner l’ordre de détruire le camp. Cette décision ne suffira pas à tarir le flux des migrants, selon les militants. « Au contraire, ça va rendre leurs conditions de vie encore plus pénibles », s’insurge l’un d’eux.

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