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Lutte contre la faim - Afrique, la tragédie silencieuse

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Lutte contre la faim - Afrique, la tragédie silencieuse

29 mars 2012 - La Voix du Nord

Jean Ziegler tire la sonnette d’alarme au sujet du continent africain. ...

La situation dans la Corne de l’Afrique semble vous scandaliser ?

« Les habitants, soit 12,4 millions de personnes dans cinq pays (Djibouti, Érythrée, Kenya, Somalie, Éthiopie), y subissent, depuis avril dernier et pour la cinquième année consécutive, une sécheresse absolument meurtrière. Comme les prix ont augmenté, ces pays n’ont pas pu faire de réserves alimentaires et le Programme alimentaire mondial n’a pas suffisamment de moyens pour aider les survivants. Des milliers et des milliers de gens meurent.

Cette faim silencieuse me scandalise. »

Au Sahel aussi, c’est très préoccupant...

« Là-bas, la tragédie commence pour 30 millions de personnes. Ce qui m’énerve, c’est le crétinisme télévisuel ! En quelques secondes, on dit : "À cause de la sécheresse, des gens meurent de faim à cause de la sécheresse, le Niger est au bord de l’effondrement, etc.

" Tout cela est vrai, mais derrière la sécheresse, il y a les vraies causes : l’impossibilité pour ces pays à faire et à acheter des réserves alimentaires. Ils vont de récolte en récolte mais, au Bénin par exemple, elles sont épuisées en avril. Et la récolte suivante est en octobre ! Pendant ces six mois, il n’y a rien à manger. »

Que faire ?

« Il y a des appels d’urgence contre la faim - et évidemment il en faut, ça n’a pas de prix un enfant qui peut manger. Mais il faut aussi des réformes structurelles pour interdire la spéculation, pour que les prix sur le marché mondial baissent. Et il faut absolument réduire la dette de ces pays.

Par exemple, au Niger, la Banque mondiale a fait une étude de faisabilité pour mettre en place l’irrigation de 44 000 ha au moyen de canaux. Si ce projet se réalisait, on pourrait faire trois récoltes par an et, avec le produit de ces récoltes, la population nigérienne serait à l’abri de la faim ad vitam aeternam. Le projet coûte 852 millions de dollars, mais le Niger, qui est le deuxième producteur d’uranium du monde, n’a pas le moindre sou ! »

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