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Les réfugiés de Teteghem prennent la route

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Les réfugiés de Teteghem prennent la route

22 novembre 2010 - 20 Minutes - Gabriel Thierry

Migrants Un camp installé près d’une aire d’autoroute a brusquement pris des airs de « jungle »

Ils ont bouclé leurs valises à roulettes et rangé les duvets. Les migrants installés dans la « jungle » de Téteghem ont commencé à démonter leur campement de fortune, hier. Dans la matinée, ils avaient reçu la visite de la police pour des contrôles d’identité. « Cela ressemble à la destruction de la jungle de Calais (en septembre 2009) », note Mathieu Quinette, coordinateur de Médecins du monde sur le littoral. Quelques jours plus tôt, devant l’afflux de migrants, le maire Franck Dhersin (UMP) avait tiré la sonnette d’alarme. « Je n’ai jamais demandé l’évacuation du camp, j’ai toujours réclamé que l’on partage la misère », assure l’élu. D’une quarantaine, le nombre de clandestins était passé à près de 200 et entre 150 et 180 ce week-end : la fermeture de l’aire d’autoroute voisine, d’où ils partaient vers l’Angleterre, a transformé le camp en impasse

Un scandale pour les bénévoles

Ce dimanche, les bénévoles qui aident les migrants ont tenté de parer au plus pressé. Deux familles, quatre jeunes enfants en tout, ne retourneront pas sur la route, mais seront hébergés par Emmaüs Dunkerque. « Même s’ils sont clandestins, ils ont le droit d’être traités comme des êtres humains », enrage Marc, un bénévole. « Personne n’en veut, c’est scandaleux », renchérit François Braure, le président de l’association de Terre d’errance Flandre-littoral.
La veille, Médecins du monde avait constaté la disparition de la citerne d’eau de 3000 litres, fournie par la mairie, lors de la distribution d’un repas et d’un kit de survie.« On a eu un problème technique, elle devrait être remise en place dès lundi », assure encore Franck Dhersin. Ce lundi, la grande majorité des migrants devrait déjà être repartie. Vers Calais, Grande-Synthe, ou même Paris. « J’y serais dans trois ou quatre jours, lâche un migrant. De toute façon, je ne sais pas où aller ».
Dans un coin de la jungle, des irakiens et des afghans se préparent au départ. Regards durs. Un peu plus tôt, les bénévoles assurent avoir vu les hommes pleurer après ce nouveau coup du sort. « Nous ne sommes pas des criminels, juste des victimes de la guerre », insiste Ahmed, un migrant originaire du Soudan. En fait, seuls ceux qui n’ont plus d’argent devraient rester à Téteghem. Dans l’impasse.

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