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Les larmes des "méchants skinheads" à la barre du tribunal

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Les larmes des "méchants skinheads" à la barre du tribunal

9 octobre 2010 - La Voix du Nord - Laurent Renault

Quatre jeunes comparaissaient hier après-midi devant le tribunal de Boulogne pour répondre de violences volontaires racistes envers des migrants. Ces fameux « skinheads » d’une vingtaine d’années seront finalement jugés le 12 novembre. À l’annonce de leur mise en détention provisoire, trois d’entre eux n’ont pu retenir leurs larmes.

Ils sont neuf, en tout, à avoir été interpellés et entendus dans le cadre d’agressions contre des migrants au mois de septembre. Si cinq mineurs seront convoqués prochainement devant le juge des enfants, quatre jeunes adultes répondaient hier de violences volontaires avec arme. Menaces à distance avec une barre de fer, un couteau, emploi d’une bombe lacrymogène, jet de cailloux... À plusieurs reprises, la petite bande s’en est prise à des « sales noirs », des « sales négros ». Ils n’avaient pas « besoin d’eux en France ! »

Un des trois migrants blessés (aucun jour d’interruption de travail) s’était constitué partie civile et était présent, juste derrière ses agresseurs ayant reconnu les faits. C’est tout penaud qu’ils ont demandé un report d’audience à tour de rôle. Et le ciel est littéralement tombé sur leur tête lorsque le procureur Sabatier a motivé le placement en détention pour trois d’entre eux. « Skinhead... C’est un bien grand mot pour vous définir car vous ne connaissez pas grand chose à cette mouvance, cette idéologie. En revanche, il y a une véritable hostilité manifeste contre les étrangers... » Jason Rougemont (une mention au casier), de Calais, Christopher Foubet (trois mentions), de Blériot et Rémi Longavesne (Les Attaques) ont été placés en détention provisoire dans l’attente de leur jugement le 12 novembre. À cette annonce, les trois jeunes se tiennent le peu de cheveux qu’il leur reste.

Des larmes coulent. Les propos du procureur se confirment : ce n’est pas trop l’attitude de skinheads méchants qu’ils voulaient se donner malgré les treillis, le bombers et les crânes rasés.

Le quatrième, originaire de Fiennes, a été placé sous contrôle judiciaire. Il doit, avant le 12 novembre, trouver du travail ou une formation (pas à Calais), ne pas sortir après 22 h et ne pas rencontrer les victimes. Les quatre se sont confondus en excuses. « C’est mal ce que l’on a fait, on n’aurait jamais dû, c’est nul... » Des excuses qu’ils devront réitérer dans un mois.

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