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Le rêve londonien des migrants de Dunkerque

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On a lu, on a vu

Le rêve londonien des migrants de Dunkerque

6 août 2012 - Youphil.com

Le nouveau président de Médecins du Monde, Thierry Brigaud, raconte le marathon au quotidien des clandestins de Dunkerque.

Il y a même une plage à Dunkerque. Quelques touristes qui se baignent dans les rouleaux de la mer du Nord.

Il y a des corps trop blancs qui s’exposent au soleil.

Il y des bières "carmélites" qui fatiguent les neurones.

Mais il y a aussi à Téteghem et à Grande Synthe, des hommes, des femmes, des enfants qui attendent.

Ils attendent au milieu de nulle part, au bord des étangs, dans des champs de boue presque secs pendant l’été, dans des sous - bois, au bord de l’autoroute, ils attendent.

Ils attendent un coup de fil hypothétique pour grimper dans un camion.

Parfois on les arrête – la PAF : police des airs et des frontières - alors c’est le retour à la case départ. Après l’arrestation il faut marcher, retrouver un endroit pour se cacher et de nouveau attendre pour essayer de monter dans un autre camion plus ou moins soudoyé par un passeur.

L’Etat français a rendu la vie impossible à ces migrants. Une vie infrahumaine, comme des bêtes pourchassées.

Ces migrants sont de passage. Ces Iraniens, ces Irakiens, ces Afghans, ces Indiens espèrent seulement circuler librement pour pouvoir s’en aller ailleurs.

Une épreuve à gagner : ne pas être arrêté. En "jouant" au chat et à la souris avec les forces de l’ordre, nous, les médecins du monde, les maires hospitaliers et les associations, avons amélioré leur quotidien.

Il y a désormais des abris, un peu comme des cabanes de chantiers, avec une porte pour entrer et une porte pour s’enfuir.

Il y a quelques points d’eau et quelques lieux d’aisance.

Il y a quelques visages qui retrouvent une identité.

Quelques paroles qui se croisent.

Quelques rêves qui se disent : "demain Londres !"

Quelques remerciements entre deux sandwichs et deux soins.
Il y a un peu de dignité qui s’échange.

Alors nous continuerons à soulager et soutenir ces migrants nordistes.

J’espère que demain, nous mettrons en place des lieux d’accueil encore plus dignes et encore plus visibles pour que ces hommes, ces femmes, ces enfants de passage gardent un autre souvenir de nos plages du Nord.

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