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La participation par la RATP de l'évacuation d'un camp de Roms fait polémique

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La participation par la RATP de l’évacuation d’un camp de Roms fait polémique

2 septembre 2011 - RFI

L’utilisation d’une rame de tramway de la Régie autonome des transports parisiens (RATP) pour faciliter l’évacuation d’un camp de roms en région parisienne mercredi 31 août, fait scandale. Alors que la direction de la RATP et la préfecture de Seine-Saint-Denis se rejettent mutuellement la responsabilité de l’opération, la gauche est en émoi.

Mercredi 31 août au matin, une opération de police est organisée pour évacuer un campement de 150 Roms bulgares et roumains en Seine-Saint-Denis (nord de Paris). Les forces de l’ordre les encouragent à monter à bord de tramways par groupes de dix. Mais les bagages volumineux, les caddies et les vélos transportés par les personnes évacuées gênent les passagers et rendent en pleine heure de pointe la manœuvre difficile. Le personnel local de la RATP et les forces de police conviennent alors de l’utilisation d’une rame libre pour acheminer les Roms.

Relayée par les médias dès le lendemain, l’opération crée la polémique. Chaque partie tente alors de se disculper en rejetant la faute sur l’autre. Le PDG de la Régie des transports parisiens, Pierre Mongin, parle d’une décision policière et fait valoir qu’aucun texte de son entreprise ne prévoit une affectation de ses transports pour ce type d’opération. A la préfecture de Seine-Saint-Denis, on se défend de toute réquisition. « Ce n’est pas la préfecture qui a demandé une rame supplémentaire, mais la RATP qui a décidé de mettre en place cette rame », réplique le préfet Christian Lambert.

Emoi politique

Le scandale enfle rapidement. Des élus et des syndicalistes s’indignent. Jean-Luc Benhamias, vice-président du MoDem, dénonce une « politique de stigmatisation qui conduit à des pratiques inacceptables. Plus d’un an après le discours de Grenoble, rien n’a changé : le gouvernement continue sa politique d’expulsion systématique des Roms, de manière volontairement provocatrice », déclare-t-il.

Certains dressent un parallèle avec la Shoah. Le conseiller général PCF Gilles Garnier déplore une scène qui lui rappelle « des souvenirs d’école ou de cinéma ». Cécile Duflot, présidente du groupe Europe Ecologie-Les Verts au Conseil régional d’Ile-de-France, voit dans cette opération « les heures les plus sombres de notre histoire et réveille en nous une monstrueuse évocation ». Pour le Parti socialiste, « la réquisition d’un tramway de la RATP par les forces de police pour évacuer un campement de Roms a réveillé de tristes souvenirs ». Une probable référence à la Rafle du Vel d’Hiv’, lorsqu’en juillet 1942 13 000 juifs avaient été acheminés en autobus pour être déportés vers des camps d’extermination nazis.

Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a immédiatement condamné ces propos, parlant d’amalgames scandaleux. « Des propos comme ceux-là banalisent la Shoah et, finalement, encouragent au négationnisme », a-t-il affirmé.

Le président PS de la Région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a saisi ce vendredi le préfet Christian Lambert « pour que toute la lumière soit faite » sur l’évacuation et « les responsables sanctionnés ».

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