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L'armée égyptienne promet de céder le pouvoir d'ici juillet

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L’armée égyptienne promet de céder le pouvoir d’ici juillet

22 novembre 2011 - Yahoo, Reuters - Pierre Sérisier, Eric Faye et Jean-Loup Fiévet pour le service français

LE CAIRE (Reuters) - Après plusieurs journées de manifestations et de violences, les militaires au pouvoir en Egypte ont accepté mardi d’accélérer le processus de transfert du pouvoir aux civils en convenant d’organiser une élection présidentielle en juin.

Dans une allocution télévisée visant à désamorcer la situation, le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, président du Conseil suprême des forces armées (CSFA) a également proposé de faire rentrer immédiatement l’armée dans les casernes si tel était le voeu du peuple.

Place Tahrir, sanctuaire de la contestation en plein coeur du Caire, certains manifestants ont raillé cette offre en scandant "Dégage, dégage" après avoir écouté le discours.

L’ancien ministre de la Défense du président Hosni Moubarak, renversé le 11 février par la rue, a affirmé à ses compatriotes que l’armée n’avait pas cherché ou voulu le pouvoir.

"L’armée est prête, le cas échéant, à rentrer sur le champ dans les casernes si le peuple exprime ce voeu par le biais d’un référendum populaire", a-t-il dit à la surprise de nombreux observateurs.

Jusqu’à présent, le calendrier des militaires ne prévoyait pas de présidentielle avant la fin 2012 ou le début 2013.

Le maréchal Tantaoui a annoncé d’autre part qu’il acceptait la démission du gouvernement d’Essam Charaf, intervenue dimanche à la suite des manifestations et de violences.

Il a présenté ses condoléances aux familles des 36 personnes tuées dans les violences des derniers jours.

"Les forces armées, représentées par le Conseil suprême, n’aspirent pas à gouverner et placent au-dessus de toute considération l’intérêt suprême du pays", a assuré le maréchal.

Selon lui, l’armée est "absolument prête à transmettre les rênes immédiatement et à reprendre sa mission initiale de protection de la nation si la nation le souhaite, via un référendum populaire", a-t-il dit.

Il a confirmé en outre que les élections législatives, dont la première phase doit débuter lundi prochain, auraient lieu dans les délais prévus.

EFFIGIE DU MARÉCHAL

"Nous nous sommes mis d’accord sur le fait que le transfert du pouvoir à un président civil interviendrait en juillet", avait déclaré à Reuters, avant l’allocution de Tantaoui, Emad Abdel Ghafour, chef du parti salafiste Nour, l’un des hommes politiques qui ont rencontré l’état-major de l’armée.

L’élection présidentielle aura lieu en juin et la passation de pouvoir au nouveau président en juillet, a indiqué celui-ci.

La lenteur du transfert du pouvoir au civil est au coeur des revendications des manifestants qui s’opposent depuis samedi aux forces de l’ordre sur la place Tahrir.

Les affrontements ont fait 36 morts et plus de 1.250 blessés et la contestation a gagné Alexandrie et Ismaïlia.

La foule des manifestants réclame la chute du maréchal Tantaoui et une effigie du maréchal a été suspendue à un lampadaire.

"C’est évidemment insuffisant", a jugé Chadi el Ghazali Harb, un dirigeant de la Coalition de la jeunesse révolutionnaire, à propos du discours du chef du CSFA.

"Le Conseil militaire est pleinement responsable de l’échec politique que connaît aujourd’hui l’Egypte. Nous exigeons une solution privant immédiatement le CSFA de toutes ses prérogatives", a-t-il confié à Reuters.

Pour les révolutionnaires de Tahrir, les généraux doivent abandonner tout de suite leur pouvoir.

"Nous réclamons une purge complète du système et la suppression du Conseil militaire", a déclaré l’un des manifestants, Fahmy Ali.

A Alexandrie, deuxième ville du pays, des centaines de manifestants ont marché sur une base militaire en brandissant leurs chaussures à la main en signe de dégoût des propos tenus par le maréchal Tantaoui. "Où est le transfert du pouvoir ?", demandaient-ils.

"Le discours de Tantaoui ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de Moubarak. Il ne sert qu’à nous tromper", affirme un jeune homme de 27 ans, Youssef Chaaban.

Des heurts entre la police et des manifestants rendus furieux par l’allocution du chef de l’armée ont également éclaté à Ismaïlia, dans l’Est.

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