• Liste de diffusion

L'argent de l'aide au retour financera la réinsertion des sans-papiers

Soutenons, aidons, luttons, agissons
pour les migrants et les pays en difficulté

On a lu, on a vu

L’argent de l’aide au retour financera la réinsertion des sans-papiers

16 décembre 2012 - La Croix - Jean- Baptiste François

Manuel Valls a annoncé la suppression de l’aide au retour humanitaire accordée aux migrants en situation irrégulière.

Selon un document que La Croix s’est procuré, l’argent économisé doit être « en partie redéployé » pour financer des programmes de réinsertion des sans-papiers dans leur pays d’origine.

Dimanche 9 décembre, Manuel Valls annonçait sur Europe 1 son intention de supprimer l’aide au retour « humanitaire » accordée l’an dernier à 10 600 migrants en situation irrégulière. Pour encourager la réinstallation d’étrangers sans papiers dans leur pays d’origine, plus particulièrement de Roumains et de Bulgares, cette allocation créée en 2005 était passée de 150 € à 300 € en 2007. Une « prime » différente de l’aide « au retour volontaire » développée à la même époque (3 500 € pour un couple, 2 000 € pour un adulte, 1 000 € pour un mineur), bénécifiant aux étrangers soumis à une procédure d’expulsion, et qui concernait l’an dernier près de 5 000 bénéficiaires.

En 2012, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) aurait consacré 21,5 millions d’euros aux différentes aides au retour – 11,5 millions d’aides financières et 10 millions de billets d’avion – évalue un rapport interne de l’Ofii que s’est procuré La Croix. Or selon ce document, ces sommes auraient été en grande partie dépensées en pure perte, compte tenu des « effets pervers » de cette politique.

On a ainsi vu apparaître des personnes dont la venue était « uniquement motivée par le bénéfice de la perception des aides financières », écrivent les auteurs. En outre, selon les associations, les Roms expulsés revenaient quasi systématiquement. L’Ofii pointe l’évolution inflationniste des chiffres : de janvier à fin octobre 2012, l’organisme a organisé 14 853 retours, dont 61 % à l’intérieur de l’Union européenne, espace de libre circulation. Seize mille sont attendus d’ici à la fin de l’année. En comparaison, seuls 2 390 candidats en avaient bénéficié en 2006.

L’Ofii entend continuer à procéder à des éloignements. L’aide au retour « humanitaire » sera remplacée une « aide au retour simple » ou une « aide au voyage ». Elle ne financera que les frais de transports, plus 50 € par adulte et 30 € par enfant pour leur permettre de regagner leur région d’origine depuis l’aéroport.
« Economies »

Ce dispositif concernera en priorité des ressortissants de l’UE « sans ressources ni logement », précise le rapport. Quant à l’aide au « retour volontaire », elle sera rebaptisée aide « au retour renforcée », et ne s’adressera qu’aux ressortissants extra-communautaires. Ces derniers pourront, eux, toucher une allocation, mais revue à la baisse : 500 € par adulte, 250 € par enfant.

L’Ofii allégera donc ses comptes de plusieurs millions d’euros. « Les économies réalisées, au titre des aides aux retours volontaires, seront en partie redéployées pour le financement des aides à la réinsertion », précise le rapport. Une fonction déjà présente au sein de l’office, mais jusque-là peu développée. Depuis 2005, 3 800 projets de migrants dans leur pays d’origine ont été financés. Le ministère de l’intérieur entend multiplier ces initiatives, avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et des collectivités locales, notamment des régions.

Source

Association Loi 1901, parution au J.O. du 31 mai 2003 | Mentions légales | Webdesign & réalisation : Le Sens de Votre Image