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L'Etat débloque cent mille euros pour héberger des migrants au BCMO

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L’Etat débloque cent mille euros pour héberger des migrants au BCMO

3 décembre 2010 - Nord Littoral - A. TH.

L’Etat débloque cent mille euros
pour améliorer les conditions d’hébergement des migrants au gymnase du BCMO. L’argent devrait permettre l’achat de matelas et de couvertures,
et l’embauche de personnels.

« C’est une sacrée belle avancée qui est en réalité le fruit du combat que nous avons mené l’an passé. » Présidente de la Belle Étoile, Monique Delannoy se félicite de la réunion qui s’est tenue hier matin en sous-préfecture de Calais. A l’issue d’une rencontre entre les associations qui aident les migrants, le préfet et la ville de Calais, une convention a en effet été signée par l’État et la ville. « L’État a décidé de verser 100 000 euros à la ville de Calais pour améliorer les conditions d’accueil des migrants au BCMO, explique Pierre de Bousquet de Florian, préfet du Pas-de-Calais. Il ne s’agit absolument pas de statibilisation malvenue mais d’humanité et de dignité. » Pour la troisième année consécutive, l’ancien bureau central de la main d’oeuvre destiné à l’embauche des dockers, est mis à disposition de la mairie par le conseil régional du Nord - Pas-de-Calais. La ville passe ainsi une convention avec l’association Salam. En cas de déclenchement du niveau "grand froid" du plan hivernal (lorsque la température ressentie est entre -5°C et -10°C la nuit et négative dans la journée) le BCMO est mis à disposition de Salam qui peut y accueillir les migrants de 19 heures à 10 heures du matin.

Achat de matériels, recrutement de salariés

Le gymnase a cette année ouvert ses portes aux migrants samedi en accueillant 70 personnes environ. Mais ils étaient 140 environ dans la nuit de mercredi à jeudi. L’an passé, le BCMO avait été ouvert durant soixante-deux jours. Un long épisode hiémal qui avait usé les organismes. Trois bénévoles assurent chaque nuit la garde du local et de ses occupants.

En plus de la garde du local, les bénévoles devaient rechercher sans cesse des cartons propres et des couvertures qui, pour des raisons d’hygiène, ne pouvaient être distribuées deux soirs de suite. « Ces 100 000 euros pourront être utilisés à l’achat de matériel de couchage, à la location et à l’entretien quotidien des WC, à l’achat de produits de nettoyage, à l’embauche de personnel d’accompagnement », détaille le préfet avant de préciser que la mairie rencontrera prochainement Salam pour dresser un inventaire des priorités.

Cette somme de 99 999 euros - et pas cent mille, pour des raisons juridiques - s’ajoute aux cinquante mille euros dépensés chaque année par la ville dans le cadre de l’ouverture du BCMO « pour la valorisation des personnels, l’entretien de la salle, etc. » explique Philippe Mignonet, adjoint en charge de l’Environnement.

« L’argent sera débloqué avnt le 10 décembre »

Le maire de Calais, Natacha Bouchart, se félicite évidemment de cette convention : « Je pense que les associations peuvent être satisfaites que l’État reconnaisse le travail qu’elles accomplissent. Lors du dernier conseil des migrants il avait été question d’une subvention de 1 500 euros au bénéfice de Salam pour l’achat de 300 couvertures jetables. Compte tenu de cette somme de 100 000 euros débloquée par l’État, il n’en est évidemment plus question. » L’argent émane de la direction départementale de la cohésion sociale. « Nous avons travaillé de façon efficace avec les services de la ville, ce qui nous permettra de déloquer cette somme avant le 10 décembre, précise Serge Szarzynski, directeur de la DDCS. Il s’agit de fonds 2010 qui couvriront l’hiver 2010-2011. Nous estimons que cette somme permettra de tenir une centaine de jours alors que le BCMO avait été ouvert 62 nuits l’hiver dernier. » Et Pierre de Bousquet de Florian de prévenir : « Que les choses soient claires. Il ne s’agit pas d’embaucher un maître-chien pour surveiller le BCMO. Mais on peut envisager que soient recrutés des accompagnants. » L’État répond ainsi à une doléance maintes fois itérée par la Belle Étoile. « Les bénévoles des associations n’ont pas à se substituer aux pouvoirs publics pour assurer la mise à l’abri des migrants », argue ainsi Monique Delannoy (NL du 20/11/10) qui ajoute : « Cette somme permettra d’acheter environ trois cents duvets, une centaine de lits et de recruter du personnel. C’est tout de même une avancée. »

« On ne peut pas tout acheter »

Paradoxalement, Salam, se dit déçue par la rencontre en sous-préfecture. L’association refuse régulièrement de participer à ces rencontres. « Honnêtement, aujourd’hui, je regrette d’y être allé, lance Jean-Claude Lenoir, vice-président de Salam. De l’argent a été mis sur la table et c’est une bonne chose. Mais on ne peut pas tout acheter. L’argent ne fait pas tout. » Alors que la réunion d’hier était consacrée au débloquage de cette somme, plusieurs bénévoles ont voulu aborder d’autres thèmes. « Nous avons évoqué un seul cas, un cas personnel, et il y a été apporté une fin de non-recevoir, rapporte Jean-Claude Lenoir. Il s’agit d’une jeune femme érythréenne qui vient d’accoucher. La seule solution qu’on lui propose est de demander l’asile. Même dans un cas extrême comme celui-là il n’est pas question d’accorder une autorisation provisoire de séjour. » Depuis son accouchement, la maman et son bébé sont hébergés par des bénévoles.

La Belle Étoile a quant à elle évoqué son combat du moment : la prise en charge des mineurs. « Nous avons bien avancé et je veux continuer à rencontrer le préfet pour mener à bien des problématiques qui, pour le moment, n’ont pas encore de solution », gage Monique Delannoy.

Président de l’Auberge des migrants, Christian Salomé regrette en outre que « la prise en charge des sans-abri sans-papiers se fasse dans de moins bonnes conditions que la prise en charge des sans-abri français » tout en se félicitant de la signature de la convention entre l’État et la mairie.

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