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Immigration : des ONG dénoncent l'Europe forteresse

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Immigration : des ONG dénoncent l’Europe forteresse

27 avril 2013 - L’Express

Les ONG se mobilisent pour attirer l’attention des gouvernements sur le sort des candidats à l’immigration dans l’Union européenne. Alors que près de 18 000 personnes auraient péri en 25 ans en cherchant à rallier les côtes européennes, ces organisations réclament un contrôle démocratique des opérations de surveillance réalisées aux frontières.

L’Europe doit protéger les migrants qui se massent à ses frontières au lieu de les traiter comme des criminels, demandent les défenseurs des Droits de l’Homme. Des représentants d’Amnesty international ont rencontré, mercredi 24 avril, le président du Parlement européen, Martin Shultz, et lui ont remis une pétition demandant un contrôle démocratique des opérations de surveillance réalisées aux frontières de l’Union européenne.

"Il se passe à nos frontières trop de choses graves, mettant en jeu la vie des personnes, sans qu’on sache précisément comment se déroulent ces opérations, explique Jean-François Dubost, responsable du Programme Personnes déracinées à Amnesty International France. On veut plus de détail sur ce qu’il advient des personnes concernées par les opérations de Frontex". L’agence européenne Frontex, créée en 2004, a pour but de coordonner les activités des garde-frontières de l’Union.

Le passif de l’Italie avec la Libye

Pour Amnesty, les députés européens doivent garantir que les droits des migrants sont respectés : "Les Etats sont responsables de leur protection, qu’il s’agisse de réfugiés, de demandeurs d’asile, de migrants, en situation régulière ou non", complète Jean-François Dubost.

Les mesures de contrôle des migrations ne sont en effet pas toujours conformes aux obligations des pays en matière de droits humains. "Nous demandons que des formations de sensibilisation à la protection des droits humains soient données aux policiers et garde-frontières qui sont au contact des clandestins. Les Européens ont le droit de définir leur politique migratoire et de passer des accords avec les pays d’origine des migrants, mais pas à n’importe quel prix. La protection de ces personnes, qui sont la plupart du temps très vulnérables, est indispensable, elles doivent être traitées dignement", souligne-t-il.

18 000 personnes ont perdu la vie en mer en 25 ans

Certains pays européens cherchent à externaliser le contrôle des migrations aux pays voisins. "Notre inquiétude est alimentée par l’exemple d’un accord passé entre l’Italie et la Libye" fait valoir Jean-François Dubost. Dans ce cadre, certains réfugiés ont été renvoyés en Libye, où ils ont été par la suite persécutés, torturés pour certains. C’est pourquoi nous souhaitons la mise en place de mécanismes de contrôle. Il faut que les parlements nationaux se saisissent de ces questions."

L’ONG demande aussi que des moyens soient déployés pour sauver des vies. Des centaines d’enfants, de femmes et d’hommes meurent aux portes de l’Europe chaque année. Selon le site Fortress Europe qui comptabilise les victimes de naufrages, plus de 18 000 personnes ont perdu la vie en Méditerranée et dans l’Atlantique, au cours de leur traversée vers l’Europe depuis 1988. L’Europe doit faire plus pour empêcher ces décès, estime Amnesty qui s’insurge contre le peu de cas fait pas les Européens de ces victimes et souligne la part de responsabilité des 27 dans ces drames : le renforcement des mesures de contrôle aux frontières conduisent en effet les migrants "à choisir des itinéraires dangereux pour atteindre l’Europe".

Témoigner des conditions de vie dans les centres de rétention

Parallèlement, une quinzaine de députés européens ont annoncé qu’ils se rendraient dans des centres de rétention de l’Union, afin de témoigner des conditions de vie des clandestins enfermés dans ces lieux. Cette opération se déroulera à partir de la fin avril dans le cadre de la campagne européenne "Open Access Now". Initiée par l’association Alternatives européennes et le réseau Migreurop. Elle concernera notamment la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne et l’Italie.

La "directive retour", la législation européenne sur les conditions d’éloignement des étrangers, garantit en théorie aux ONG un droit d’accès aux centres de rétention. Les parlementaires, nationaux et européens, disposent également d’un tel droit. Mais dans les faits, accéder aux centres est souvent tâche difficile, voire impossible. "En France par exemple, il est étonnant que l’accès des journalistes soit plus facile aux prisons où les personnes sont en situation préventive ou de condamnation, alors que les personnes mises dans des centres de rétention n’ont commis aucun délit", regrette l’eurodéputée GUE-NGL (gauche communiste) Marie-Christine Vergiat. Elle participera à la compagne de visite aux côtés de sa collègue des Verts, Hélène Flautre.

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