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Immigration : « La Libye n'est plus un problème »

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Immigration : « La Libye n’est plus un problème »

2 septembre 2010 - Le Figaro - Pierre Prier

En visite à Tripoli, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, reconnaît l’action préventive de Mouammar Kadhafi.

Pendant le ramadan, Mouammar Kadhafi vit la nuit. C’est vers 23h30, après le dîner officiel, que le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, s’assied avec le guide de la révolution et les représentants de dix pays riverains de la Méditerranée pour une réunion du 5+5. Ce club informel rassemble cinq États européens, France, Italie, Malte, Portugal, Espagne et cinq du Maghreb, Libye, Algérie, Maroc, Tunisie et Mauritanie. La réunion est expédiée en vingt minutes. Le représentant de la France rejoint ensuite le colonel libyen dans la tribune d’un hippodrome, où défilent jusqu’à 2h30 du matin des troupes folkloriques, des groupes d’enfants des écoles et des cavaliers lancés au grand galop, au son d’une litanie de louanges au guide de la révolution. Comme a son habitude, l’astucieux colonel a pris soin de convoquer une réunion internationale le jour anniversaire de son coup d’État du 1er septembre 1969.

Mais au-delà du folklore, le 5+5 fournit aux Européens un espace de discussion avec la Libye. À Tripoli, on a d’abord discuté boutique. La Libye souhaite l’élargissement à un 6+6, renforcé de la Grèce et de l’Égypte. L’Italie est favorable, d’autres pays plus réticents. Mais le 5+5 a surtout évoqué l’immigration illégale. Sujet brûlant : la veille, à Rome, Mouammar Kadhafi avait fait sensation en demandant à l’Europe de lui verser 5 milliards d’euros par an pour l’empêcher de devenir « noire ». Comprenez : de façon à ce que la Libye continue d’intercepter les migrants africains qui tentent de rejoindre les côtes italiennes et maltaises.

Surprise : le ministre des Affaires étrangères italien ne s’en offusque pas. Rejoignant Pierre Lellouche autour d’un Coca, dans les jardins d’un des hôtels de luxe qui ont poussé aux quatre coins de Tripoli, Frattini félicite Kadhafi pour son aide. « La source est tarie. Grâce à l’action de la Libye, le nombre de migrants clandestins parvenus en Italie a été de 300 en 2010, contre une moyenne de 23.000 les années précédentes. » Pierre Lellouche renchérit : « La Libye n’est plus un problème. Le trafic des êtres humains s’est aujourd’hui déplacé vers la Turquie, qui sert de pays de transit vers la Grèce et le reste de l’Union européenne. »

Renforcer les gardes-côtes

Les 5 milliards ? Franco Frattini relativise. Même s’il n’est pas question d’inscrire la somme sur un chèque, l’UE doit continuer à renforcer la police et les gardes-côtes libyens. Et surtout voir plus loin. « Il n’a pas demandé l’argent pour lui-même, mais pour le développement de l’Afrique », explique le ministre italien. L’Europe a besoin de la force de frappe financière libyenne pour faire décoller le continent. « Selon les prévisions de l’ONU, il y aura un milliard et demi d’Africains en 2030 » rappelle Lellouche.

Mais le secrétaire d’État français et le ministre italien ont aussi longuement discuté du dossier brûlant des Roms. Pierre Lellouche, qui se prépare à une confrontation avec le Parlement européen mardi prochain, a pu constater une fois de plus que Franco Frattini et lui étaient sur la même longueur d’ondes. La France et l’Italie souhaitent mettre la Roumanie devant ses responsabilités : intégrer les Roms chez elle. Pour recevoir les fonds européens, qui sont prêts, Bucarest doit présenter des projets précis, entre autres dans le domaine de la santé et de l’éducation.

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