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Ilyès : la mobilisation a payé

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Ilyès : la mobilisation a payé

11 novembre 2011 - Le Journal de Saône et Loire - Marion Giouse

Hier, la préfecture a invité Ilyès Benyoucef à déposer une demande de visa long séjour. La forte mobilisation qui a secoué le Bassin minier cette semaine aura finalement porté ses fruits.

à la demande du ministre de l’Intérieur Claude Guéant et à titre « exceptionnel et humanitaire », la préfecture a fait machine arrière hier en « invitant » Ilyès Benyoucef à « déposer une demande de visa long séjour ».

Scolarisé en 1 ere S au lycée Parriat depuis janvier 2011, le jeune algérien avait été reconduit à la frontière mercredi 2 novembre car sa majorité ne lui permettait pas de bénéficier d’une admission au séjour, en dépit de sa scolarisation et la présence en France de ses deux parents et de ses deux frères. Malgré une demande de recours gracieux (semble-t-il égarée en préfecture), l’obligation de quitter le territoire était finalement arrivée dans la boîte aux lettres des Benyoucef.

Si l’État a fait finalement le choix d’interpréter plus souplement les textes, c’est sans doute un effet direct de la mobilisation généreuse du Bassin minier avec trois rassemblements en une semaine de 700 personnes, puis 300, puis 600. D’abord porté par les lycéens, le mouvement spontané a également été soutenu par la Ligue des droits de l’homme de Montceau et par RESF dont la pétition avait déjà récolté près de 3500 signatures mercredi. Face à ce mouvement de soutien qui commençait à se structurer, la préfecture avait rétorqué (dans un communiqué paru dans nos colonnes le 8 novembre) que cette décision ne portait pas atteinte « à la vie privée et familiale » d’Ilyès.
Ilyès est impatient de revenir à Montceau

Or, Toufik Benyoucef, le père, mûrit depuis plusieurs d’années un projet pour sa famille : « Avec mon épouse, nous voulions venir en France avant tout pour assurer une bonne scolarité à nos enfants », déclare-t-il, expliquant que la situation scolaire et universitaire se dégrade en Algérie où « la question religieuse domine tout. » Je ne suis pas là pour profiter des aides sociales, s’empresse-t-il d’ajouter. Je suis chirurgien-dentiste et ma femme est éducatrice de jeunes enfants. Nous avons tous les deux des autorisations de travailler. » Le papa remercie « ce bel élan de solidarité, qui montre que la France est restée un grand pays. Un pays de liberté d’expression, ajoute-t-il. Je suis fier que mes enfants puissent s’épanouir dans ce contexte. »

De son côté Ilyès, actuellement chez ses grands-parents en Algérie, est impatient de revenir à Montceau pour « retourner étudier au lycée ».

Il devrait pouvoir rattraper rapidement son retard car ses camarades de classe se sont relayés pour lui « prendre ses cours » pendant son absence. À Parriat, presque personne n’était au courant de la situation précaire du jeune garçon, pas même son professeur principal. « Ilyès avait honte, il n’en a jamais parlé à personne, témoigne sa mère, Hinda Benyoucef. C’est sa gentillesse et sa bonne éducation qui l’ont sauvé. »

« Finalement le gouvernement est revenu à la raison, souligne le maire Didier Mathus dont le recours auprès du Premier ministre a pu également peser dans la balance. Il n’était pas acceptable qu’on interrompe les études d’un jeune qui a une perspective de vie meilleure. »

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