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Harcèlement des exilés sur les camps de Calais depuis trois jours.

8 avril 2021

Le 6 avril après-midi a eu lieu une très gosse évacuation sur les camps de Calais, alors qu’il a neigé, que le Plan Grand Froid n’a pas été activé, qu’aucune mise à l’abri n’a été proposée et que même les tentatives de récupération du matériel à la Ressourcerie n’étaient plus possible avant le lendemain.

Le 8 avril, deux jours après l’évacuation spectaculaire du 6 avril après-midi, les tentes sont à nouveau ramassées systématiquement si les gars n’ont pas pu les enlever avant...
Une vidéo montre une espèce de pelleteuse avec des griffes, comme un râteau géant, ramasser des tentes.

Communiqué de presse inter-associatif sur les expulsions de ce mardi 6 avril à Calais

Hier 6 avril, entre 15h et 18h, six opérations d’expulsion de grande ampleur se sont déroulées à Calais.
Sans aucune opération de mise à l’abri concomitante, les personnes exilées ont été expulsées de leur lieu de vie. Les équipes HRO ont dénombré au moins 126 tentes, 170 bâches et 77 couvertures prises aux personnes exilées par les forces de l’ordre. Au moins 76 de ces tentes contenaient des affaires personnelles qui n’ont pas pu être récupérées. Les personnes expulsées indiquent avoir notamment perdu dans cette opération de nombreux objets de valeur tels que des documents d’identité, des médicaments, des téléphones portables ou encore de l’argent.
Ces expulsions sont intervenues alors que les températures sont tombées hier à 3°c. Les autorités ont choisi de ne pas activer le Plan Grand Froid tout en enlevant à près de 300 personnes leurs abris de fortune, les laissant ainsi sans protection contre la grêle et la neige.
Le Commissaire central de Calais, présent au moment de ces opérations, a justifié ces expulsions sur la base du flagrant délit d’occupation de terrain, et ce alors même que la flagrance ne peut pas être une base pour expulser. Il est particulièrement éloquent qu’une de ces opérations d’expulsion intervienne onze jours seulement après une décision de justice favorable aux habitants d’un de ces terrains. En effet, par une ordonnance du 26 mars 2021, le tribunal administratif de Lille avait rejeté la requête en référé mesure utile de la commune de Calais visant à faire expulser le terrain habité par la communauté Erythréenne. Le juge avait notamment relevé que, sur ce terrain, « les services de l’Etat ont érigé, au profit des migrants, des installations sanitaires, et où l’association la Vie active, mandatée à cet effet, distribue des vivres et de l’eau potable deux fois par jour ».
Alors que le juge administratif a rejeté la demande d’expulsion d’un de ces terrains, l’utilisation du régime pénal de l’enquête de flagrance pour parvenir à cette fin apparait alors d’autant plus abusive.
Cette manœuvre de contournement des voies légales est au service d’une politique répressive de harcèlement des personnes exilées à Calais.
Ces expulsions constituent de la part des autorités un pas de plus dans l’inhumanité et le détournement du droit à Calais.

Human Rights Observers (HRO)
Auberge des Migrants
La Cabane juridique
Project Play
Collective Aid
Utopia 56 Calais
Salam Nord/Pas-de-Calais
Refugee InfoBus

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