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Evacuation du squat de l'école des greffes : la colère des associations

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Evacuation du squat de l’école des greffes : la colère des associations

4 juillet 2012 - Le bien public

Après l’évacuation, lundi, de 225 personnes, essentiellement ressortissants du Soudan, de Somalie, d’Érythrée ou du Tchad, installés depuis janvier dans un bâtiment de l’école nationale des greffes, à Dijon, plusieurs associations, qui les soutenaient depuis plusieurs mois, réagissent : « lundi 2 juillet la Préfecture a fait expulser les 300 demandeurs d’asile occupant le squat des « greffes » suite à un arrêté du maire de Dijon « portant mise en demeure de quitter les lieux ». Les associations engagées depuis des mois dans le soutien aux demandeurs d’asile tiennent à condamner vivement cette expulsion. »

« Nous sommes indignés »

Une compagnie de CRS avait été appelée pour cette opération et la rue était bouclée. Les demandeurs d’asile présents sur les lieux ont été emmenés dans des bus en direction de la caserne Vaillant. Ils ont dû laisser derrière eux la plupart de leurs affaires. Nous sommes indignés de voir des personnes demandant la protection de la France pour fuir des persécutions être ainsi traitées comme des délinquants. La cour d’appel de Dijon avait accordé des délais mais les pouvoirs publics ont préféré prendre les devants au mépris complet du dialogue en cours entre les associations de soutien et la préfecture, dialogue dont le but était de trouver des solutions de relogement pour tous les demandeurs d’asile concernés. Un rendez-vous était programmé le jeudi 5 juillet à ce sujet. Nous avons donc le sentiment d’un passage en force bafouant toute concertation. »

« Le maire de Dijon a refusé le dialogue »

« Pour sa part, le maire de Dijon a refusé le dialogue avec les associations et n’a jamais répondu à nos demandes répétées de rencontre afin de rechercher des solutions respectueuses de la dignité humaine. L’arrêté justifiant cette opération pose des problèmes de fond et de droit.

D’une part, une partie des problèmes soulevés sont exagérés ou avaient été réglés, mais surtout ces questions avaient été soulevées par deux fois devant les tribunaux et au final la cour d’appel ayant eu connaissance des éléments amenés par toutes les parties avait accordé un délai qui n’a pas été respecté. Les organisations engagées dans le soutien aux demandeurs d’asile n’ont jamais nié les problèmes de sécurité des locaux. Elles ont fait leur possible pour y remédier dans la mesure de leur possible et ont toujours regretté que les pouvoirs publics aient refusé de s’engager dans la gestion matérielle et sociale de ce lieu. Cependant, elles affirment que mettre des personnes à la rue et les condamner à rechercher des abris encore plus précaires, rend encore plus difficile l’aide matérielle et sanitaire qui avait été mise en place et ne fait qu’augmenter les risques encourus.

Il apparaît à l’issue de cette expulsion que les annonces de relogement aux médias sont loin de correspondre à la réalité. Les représentants de la Préfecture nous ont en effet confirmé lundi soir que sur les 300 demandeurs d’asile du bd de la Marne, seulement 19 seront accueillis en structure d’hébergement stable. La plupart sont donc de nouveau à la rue ou le seront dans quelques jours, passés les hébergements d’urgence. Certains même se sont vus refuser l’accès aux hébergements dans les villes où ils ont été conduits par manque de place. [...] »

« Nous continuerons à agir »

« Nous voulons enfin attirer l’attention sur la situation du squat de la rue Bertillon dont la Mairie a demandé l’expulsion après avoir tenté d’y couper l’eau et l’électricité. Nous rappelons aujourd’hui encore notre refus de toute expulsion de ses habitants sans relogement durable pour tous.

Nous continuerons à agir pour le respect du droit d’asile et à soutenir ceux qui fuient les persécutions dans leurs pays. »

Le communiqué est signé par : ACAT Dijon / Action Catholique Ouvrière / Adisar / Afrane Bourgogne / Amnesty International / ATTAC 21 / Agir ABCD / CFDT 21 / CGT 21 / Club Unesco Dijon / CCFD Terre Solidaire / CNT 21 / CSF / Espace Autogéré des Tanneries / Euphorbe en Illabakan / Fraternité de St François d’Assise / FSU 21 / CIMADE / La Vie Nouvelle / Ligue des Droits de l’Homme / MRAP / Pastorale des Migrants / RESF 21 / SOS Refoulements / Syndicat de la Magistrature / Sud Santé / Urgence Solidaire.

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