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En plus du chômage, les immigrés marocains guettés par la précarité

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En plus du chômage, les immigrés marocains guettés par la précarité

1er mai 2012 -

A partir du 1er septembre prochain, des milliers de Marocains en situation irrégulière n’auront plus la possibilité de bénéficier de la couverture médicale suite à l’annonce par le gouvernement conservateur d’un plan de rigueur pour contenir un déficit public galopant. Hormis les femmes enceintes et les enfants, tous les étrangers en situation irrégulière auront pour seul recours les urgences en cas de maladie.

Un Marocain demande à un compatriote expatrié dans quel pays celui-ci réside. Ce dernier répond : en Espagne. Et le premier de commenter : le pauvre ! Cette blague résume la situation de la communauté marocaine établie en Espagne qui, au chômage sévissant dans ses rangs, doit ajouter la précarité sociale dans un pays où l’État providence est sacrifié sur l’autel de l’austérité.

Le 20 avril dernier, l’exécutif avait adopté un plan de rigueur visant des secteurs très sensibles tels que la santé et l’éducation, après celui de l’emploi. Parmi les mesures de ce plan qui vise à économiser 7 milliards d’euros dans la santé, figure celle qui restreint aux seuls immigrés en situation régulière, c’est-à-dire ceux inscrits à la sécurité sociale, l’accès au système de santé public, ce qui permettra à l’État de renflouer quelque 500 millions d’euros.

Plus d’un demi-million de sans-papiers concernés

Cette mesure concernera plus d’un demi-million de migrants sans-papiers établis en Espagne, selon le gouvernement. Parmi eux, des milliers de ressortissants marocains en situation irrégulière ou ayant perdu leur titre de séjour régulier en raison du chômage.

Le gouvernement, sous la pression de Bruxelles et d’institutions financières internationales, tente de juguler la crise économique et financière dans laquelle se trouve empêtré le pays depuis 2008 et de contenir le déficit actuellement à 8,51 du PIB, à coup de mesures d’austérité impopulaires.

Vendredi dernier, il a annoncé une augmentation des impôts à la consommation à partir de 2013, mesure qu’il avait pourtant écartée durant sa campagne électorale.

Un avant 2012 et un après 2012

Avant 2012, la loi espagnole sur les étrangers garantissait aux immigrés, en situation régulière ou pas, l’accès aux services de santé à même pied d’égalité que les Espagnols.

A partir de septembre prochain, les immigrés sans papiers ne pourront plus bénéficier de cet avantage social et la carte de santé, qui leur permet d’accéder aux centres de santé et aux hôpitaux publics leur sera retirée.

Seules les femmes enceintes et les enfants seront acceptés dans les services de gynécologie et de pédiatrie. Les autres, en cas de maladie, devront se rendre aux urgences pour être traités.

Le problème est que parmi ces sans-papiers, des dizaines de milliers de Marocains sont tombés dans la clandestinité suite à la perte de leur travail. Dans l’incapacité de trouver un contrat de travail, ils ne peuvent plus renouveler leur carte de séjour, ni cotiser à la sécurité sociale.

Pour le Parti socialiste espagnol (PSOE), principal formation politique d’opposition, cette mesure s’ajoute à d’autres mesures insensées prises par le gouvernement conservateur. Son leader, Alfredo Perez Rubalcaba, est allé même jusqu’à la qualifier de mesure "xénophobe, cruelle et inefficace".

“Cette mesure est non seulement xénophobe et cruelle car elle laisse sans assistance médicale des personnes malades, mais elle est également inefficace car de simples grippes devront être traitées dorénavant aux urgences.”

Alfredo Perez Rubalcaba, leader du PSOE

Cette nouvelle mesure du gouvernement a été également fortement dénoncée par les ONG de défense des immigrés et des droits de l’Homme, comme Amnesty International, par les syndicats ainsi que par l’opposition de gauche, car elle rompt avec le principe de santé gratuite pour tous dont se targuait l’Espagne.

Parution

“Migration et Mondialisation” est l’intitulé du nouvel ouvrage collectif paru sous la direction du professeur Moha Ennaji, enseignant chercheur à la faculté des lettres et sciences humaines de l’université Sidi Mohammed Ben Abdallah de Fès.
Publié aux éditions Al-Maarif Al-Jadida avec le concours de la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger, cet ouvrage de plus de 300 pages a été réalisé par des chercheurs marocains, européens, africains et américains. L’objectif essentiel de la publication, selon le professeur Moha Ennaji, est d’examiner la problématique des migrations et de la mondialisation d’une part, et du multiculturalisme et de la démocratie d’autre part ainsi que de soulever des questions relatives notamment aux droits des immigrés dans les pays d’accueil.

Source

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