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En France, deux fois moins de métiers autorisés aux étrangers non-Européens

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En France, deux fois moins de métiers autorisés aux étrangers non-Européens

12 août 2011 - RFI - Claire Arsenault

A partir de ce vendredi 12 août 2011, le nombre de métiers que pourront exercer en France les étrangers non issus de la communauté européenne en France, est divisé par deux. Le gouvernement a choisi le plein cœur de l’été pour publier l’arrêté fixant la nouvelle liste des métiers ouverts aux non-Européens. Dorénavant, les immigrés concernés n’auront plus accès qu’à quatorze familles d’emploi au lieu de trente jusqu’à présent.

Vous êtes informaticien, maçon, serveur, passez votre chemin, la France n’a plus besoin de vous. C’est même le ministre de l’Intérieur et de l’Immigration, Claude Guéant, qui l’a fait savoir haut et fort en mai dernier ajoutant ainsi un chapitre à ce qui est censé conquérir un électorat hostile à l’immigration. Le texte publié ce 12 août, et signé des ministères du Travail et de l’Intérieur, limite donc dorénavant à quatorze le nombre de groupe de métiers, au lieu de trente, auxquels pourront prétendre les travailleurs venant de pays situés hors de la communauté européenne.

Mesure ou mesurette

Parmi les emplois qui sont désormais pratiquement fermés aux travailleurs migrants figurent les métiers de l’informatique et ceux du BTP (bâtiment travaux publics). Nouvel élément de langage, le gouvernement introduit la notion de « tension » pour désigner les métiers qui restent accessibles à tous. Autrement dit, il s’agit des emplois qui s’avèrent difficiles à pourvoir sur le marché classique du travail.

Ainsi les non-Européens pourront toujours prétendre à des postes dans la fabrication de l’ameublement en bois et la transformation du verre, la conception de produits mécaniques, électriques ou électroniques, le téléconseil et la télévente, ainsi que dans la production chimique, pharmaceutique et mécanique.

Les mesures qui entrent en vigueur aujourd’hui ne concernent pas les travailleurs étrangers séjournant déjà régulièrement en France, pas plus que les ressortissants des pays qui ont signé des accords de gestion des flux migratoires comme par exemple la Tunisie ou le Sénégal. Chaque année, la France délivre quelque 20 000 visas de travail ce qui fait dire à ceux qui s’opposent à la nouvelle mesure qu’il s’agit plutôt d’une « mesurette ».

Quelques milliers d’emplois concernés

C’est ce que dit le secrétaire national du Parti socialiste chargé de l’emploi, Alain Vidalies pour qui c’est une « opération politicienne » menée « en catimini en plein coeur de l’été qui cible la goutte d’eau de l’immigration légale pour faire oublier l’océan du chômage de masse. Faut-il rappeler, ajoute-t-il, que l’immigration légale ne représente aujourd’hui que 20 000 personnes par an alors que la France compte 4 millions de personnes inscrites à Pôle Emploi » !

Du côté des syndicats la méfiance est aussi au rendez-vous et François Chérèque, n’y voit qu’« une façon déguisée de faire du discours contre l’immigration ». Même la patronne du Medef, Laurence Parisot, a tenu a exprimé ses réserves en déclarant : « Je ne crois pas que ce soit le coeur du sujet ». Tant pis, pourrait-on ajouter, pour ceux qui le croiraient.

Selon de calculs effectués par des spécialistes, cette réduction de l’immigration professionnelle ne libérerait que 10 ou 12 000 emplois en France. Autant dire que son impact n’est pas de nature à bouleverser le paysage social. Le gouvernement s’est par ailleurs engagé à réviser la liste qui vient d’être publiée, au plus tard, le 1er août 2013.

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