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Eau des migrants : le Port de Dunkerque s'explique

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Eau des migrants : le Port de Dunkerque s’explique

4 août 2010 - Libélille - Haydée Sabéran

Après avoir retiré le point d’eau potable installé par Médecins du Monde à Loon-Plage pour les candidats au passage clandestin en Grande-Bretagne, le Port Autonome de Dunkerque s’explique. « On n’autorisera pas d’installation fixe. Nous avons indiqué par écrit à Médecins du Monde qu’ils n’avaient pas d’autorisation pour installer cette citerne d’eau gonflable », se justifie Philippe Carpentier, adjoint au directeur d’exploitation. Premier argument, la politique migratoire de la France.

« Le Port est un établissement public d’Etat. A ce titre, on ne peut pas autoriser une installation qui tendrait à pérenniser le campement de Migrants. On ne peut pas laisser pérenniser un site qui va à l’encontre de ce que fait l’Etat en matière migratoire ». Second argument : la sécurité. « A côté, à une centaine de mètres du terminal de containers. Il y a de très gros risques ». Et les arguments humanitaires ? Le responsable du port relativise : « Ils ont un accès à l’eau à environ 2 kilomètres ». Le Port a donc « déposé » l’installation, sans la détruire, et la tient à la disposition de Médecins du Monde.

Hier en début d’après-midi, l’association Salam et Médecins du Monde étaient sur le campement, les premiers pour nourrir les migrants, les seconds pour les soigner. Ils leur ont apporté des bouteilles d’eau. « Heureusement que tu es venu », a dit Farman, jeune Afghan de 20 ans à Vincent Hirel, logisticien de Médecins du Monde « on n’avait plus rien à boire ». Il tente le passage en Angleterre depuis 20 jours. Un autre a avoué être là depuis huit mois, à Calais puis Loon-Plage.

La première fois que Libération a rencontré des migrants à Loon-Plage, c’était en 2003, quelques mois après la fermeture du Centre de la Croix-Rouge de Sangatte. D’autres étaient là avant la fermeture. A l’époque, il n’y avait pas de citerne d’eau potable pour « pérenniser » leur présence. En revanche, il y avait déjà, à quelques centaines de mètres de leur campement de fortune, des liaisons transmanche vers la Grande-Bretagne.

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