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Dix ans après la fermeture de Sangatte, la problématique des migrants n'est pas réglée

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Dix ans après la fermeture de Sangatte, la problématique des migrants n’est pas réglée

3 novembre 2012 - RTL.fr

La fermeture du centre de Sangatte il y a 10 ans, devenu en quelques mois le symbole de l’émigration clandestine vers l’Angleterre, n’a pas fait disparaître les migrants de la région, où les différents acteurs sont toujours en quête de solutions.

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"La stratégie de l’invisibilité"

Depuis la rentrée, l’agitation règne chez les associations, qui dénoncent la "répression policière" exercée à Calais contre les migrants. Plusieurs expulsions de squats ont été ordonnées, dont celle du lieu de distribution des repas pour qu’il retrouve sa fonction première, selon la préfecture. Juste avant le 10ème anniversaire de Sangatte, c’est l’occasion de dénoncer un problème irrésolu.

"La fermeture de Sangatte, c’est le début de la stratégie de l’invisibilité pour les migrants", résume Maël Galisson, de la Plate-forme de Services aux Migrants. "Au lieu d’un camp qui renferme 1.500 personnes, il y a eu un éclatement de la population migrante exilée sur l’ensemble du territoire. C’est le grand nord qui est concerné, de Cherbourg à Ostende en Belgique".

Ils sont désormais entre 200 et 250 personnes, selon la préfecture. Les associations parlent de 600 à 700 personnes sur la région Nord/Pas-de-Calais.

"Sangatte est sorti de l’épure initiale"

En 1999, alors qu’errent de nombreux réfugiés de la guerre du Kosovo, le centre de Sangatte est créé à la demande du gouvernement pour accueillir 800 personnes. Il en comptera jusqu’à 1.800 juste avant sa fermeture le 5 novembre. Au cours de l’année 2002, 97.500 personnes avaient été interpellées dans des camions ou dans le port de Calais. Dix ans plus tard, la moyenne est entre 550 et 600 par mois, explique le préfet du Pas-de-Calais, Denis Robin.

"Sangatte était un dispositif à gestion associative, organisée, qui est sorti de l’épure initiale, qui n’était plus sous contrôle", estime Denis Robin. Philippe Wannesson, de La Marmite aux Idées, est partagé. "Les conditions à l’intérieur n’étaient pas idéales. Mais ils pouvaient se laver, accéder à des soins médicaux, ne pas avoir d’incertitude sur où dormir ou être expulsé, ne pas avoir cette insécurité qu’il y a depuis que les gens sont à la rue".

Après Sangatte il y a eu aussi le démantèlement de la "jungle" de Calais, en 2009, un énorme campement de fortune où des centaines de migrants s’étaient installés.

"Calais reste tout aussi attractif pour un certain nombre de candidats à l’émigration. La fermeture de Sangatte de ce point de vue n’a pas modifié l’attitude des migrants. Par contre, on a mis fin à ce dispositif de regroupement qui pesait exclusivement sur le Calaisis. Depuis 2009, le nombre de migrants évalués reste à peu près stable", note Denis Robin.

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