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Deux responsables du Haut Commissariat aux réfugiés en visite de terrain à Calais

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Deux responsables du Haut Commissariat aux réfugiés en visite de terrain à Calais

4 septembre 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Deux responsables du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) se sont rendus à Calais ce mercredi. Cette visite fait suite à l’annonce du ministre de l’intérieur d’ouvrir un centre d’accueil pour migrants à Calais. Lors de sa rencontre avec la maire Natacha Bouchart mardi, l’hypothèse d’une participation du HCR à ce nouveau centre avait d’ailleurs été évoquée.

Le directeur pour l’Europe et le responsable en France du HCR se sont rendus ce mercredi à Calais, où ils ont visité la « jungle » de Tioxide, assisté à la distribution des repas et rencontré à la fois des migrants et les associations qui leur viennent en aide. « On pense qu’un bon nombre seraient reconnus comme réfugiés s’ils faisaient une demande d’asile, mais ils doivent en être informés », a déclaré William Spindler, porte-parole du HCR en France. Les deux responsables ont également rencontré le sous-préfet de Calais Denis Gaudin et la maire, Natacha Bouchart. Ils devaient s’entretenir dans la soirée avec le préfet de Calais, Denis Robin. « Les gens qui demandent l’asile en France ont le droit d’être hébergés », a également souligné M. Spindler. « Notre idée, c’est de fournir des informations à ces personnes pour qu’elles comprennent les différentes options, dont la demande d’asile en France », a ajouté le porte-parole, qui a salué l’annonce par les autorités d’ouvrir un accueil de jour à Calais.

Le plan Cazeneuve pour Calais, en six points

Créer un accueil de jour à Calais

L’idée : « Éviter l’errance des migrants dans le centre de Calais et leur apporter une aide humanitaire d’urgence ».

Héberger les migrants les plus vulnérables

Femmes, enfants : ils seront hébergés mais pas dans l’accueil de jour. « Je ne veux pas de Sangatte-bis », dit le ministre qui aurait également promis une tolérance zéro pour les squats. Cet hébergement pourrait s’organiser à l’extérieur de Calais.

Contraindre les Britanniques à prendre leurs responsabilités

Bernard Cazeneuve leur a demandé d’être plus présents à Calais « pour dissiper les mythes sur l’eldorado anglais » et participer « à la sécurisation du port et aux actions humanitaires ».

Démanteler les filières de passeurs

Et ce par une « coopération renforcée » avec les Britanniques.

Maîtriser davantage les flux migratoires

C’est l’objectif de l’opération européenne « Frontex plus », qui vise à renforcer la surveillance des frontières extérieures de l’UE. Bernard Cazeneuve souhaite aussi que les États membres respectent davantage les règles européennes d’enregistrement des migrants.

Être plus ferme avec les migrants qui ne répondent pas à l’asile

« Quiconque sera interpellé en tentant une traversée illégale fera l’objet d’une procédure rigoureuse », ont prévenu le ministre et son homologue britannique. « Des vols de retour cofinancés en direction de certains pays-clés » seront même « accrus ».

Accueil de jour : ce qu’ils en pensent

Que pensent-ils du projet d’accueil de jour annoncé par le ministre Cazeneuve ? Cette question, nous l’avons posée à Maël Galisson, qui coordonne les différentes associations de soutien aux migrants sur le littoral, ainsi qu’à l’ancien maire de Calais Jacky Hénin. Voici leurs réponses.

Maël Galisson, coordinateur de la plateforme de service aux migrants : « Je ne pense pas que les associations soient satisfaites. Elles sont fatiguées de faire ce que l’État ne fait pas. L’accueil de jour n’a jamais été porté par les associations. On ne peut pas donner à manger, soigner et dire aux migrants d’aller dormir dans un fossé ou dans un buisson, c’est quelque chose d’inacceptable. Les associations étaient mobilisées sur la maison du migrant. L’État met de côté l’hébergement d’urgence alors que cela fait partie de ses prérogatives. Il s’agit-là d’un petit écran de fumée pour oublier ses obligations. L’État pilote les choses et les associations sont mises hors jeu. On est presque spectateur et notre expertise de terrain en tant que militant et bénévole n’est pas considérée. »

Jacky Hénin, ancien maire communiste de Calais, conseiller municipal d’opposition : « On va passer très vite sur la course à l’échalote sur qui est passé le premier chez le ministre et qui a obtenu satisfaction. L’idée de l’ancien ministre de l’intérieur Manuel Valls semble mise en avant, avec ce projet d’accueil de jour. Moi je dis allons-y, prenons cette décision, tout en sachant que très vite, ils vont se rendre compte que ça ne suffit pas : quand la nuit va tomber, les gens seront livrés à eux-mêmes ! Si le ministre propose un hébergement à l’extérieur de Calais, comment vont-ils s’y rendre ? Ils vont dans tous les cas revenir à Calais car ils veulent aller en Angleterre ! La suite logique de cet accueil de jour, pour moi, c’est qu’il y ait un hébergement pour les migrants : laissons-les commencer avec cet accueil, l’hébergement se fera naturellement à la suite. »

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