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Des interpellations en attendant la solution

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Des interpellations en attendant la solution

24 novembre 2010 - Le Phare Dunkerquois - D. E.

23 migrants ont été interpellés jeudi et lundi matin aux abords des campements de fortune du lac de Téteghem par les services de la police de l’air et des frontières.

« Il s’agit principalement de personnes qui n’avaient pas de papiers (sous-entendu qui n’avaient pas encore été recensées par les services locaux de lutte contre l’immigration illégale) », a confirmé une militante de Salam après avoir interrogé les migrants restés sur le camp à l’issue du passage des forces de police.
La première opération policière est intervenue deux jours après que le premier magistrat téteghémois, Franck Dhersin, se fut ému du nombre élevé de clandestins, estimé entre 150 à 200 personnes, présents autour du lac.
Un lac autour duquel cohabitent en réalité plusieurs ethnies réparties sur trois camps. L’un mixte composé d’Afghans et de Kurdes, un autre exclusivement kurde et le dernier, plus discret et renfoncé dans les sous-bois, asiatique (Vietnamiens, Chinois,etc).
A leur arrivée jeudi matin sur les camps, les associations d’aide aux migrants étaient partagées entre le soulagement, d’une part, de constater que les forces de l’ordre n’avaient pas procédé à un démantèlement, et d’autre part, la crainte de voir ce démantèlement se dérouler plus tard, « après par exemple la réunion entre le maire de Téteghem et le préfet » qui était prévue le 19 novembre.
Pour tirer la sonnette d’alarme, Franck Dhersin a évoqué l’éventualité « de voir s’installer une seconde jungle » sur sa commune, du type de celle de Calais et donc « de ne plus contrôler la situation ». Le premier magistrat craignant de son côté que cet afflux de migrants ne se répercute négativement dans l’opinion de la population proche.
"Victime" d’une politique menée à l’échelon national qu’il avait lui-même soutenue à l’époque, Franck Dhersin se tourne désormais vers la CUD (propriétaire des terrains occupés par les migrants) et son président Michel Delebarre pour trouver des solutions et garantir notamment une meilleure régulation des flux ainsi que des conditions de vie décentes, surtout à l’approche de l’hiver. Mais surtout, le maire téteghémois souhaite revenir à une situation antérieure, où les effectifs sur les camps ne dépassaient pas la quarantaine de clandestins.
Le lac de Téteghem bénéficierait d’un regain d’intérêt de la part des passeurs (qui organisent les passages et donc attirent vers eux les candidats à l’exil) dont une partie des activités se redéploieraient vers les aires d’autoroutes belges (attendu que les aires françaises sur l’A16 sont désormais fermées) et le port d’Ostende.
Si pour la préfecture, « aucun démantèlement n’est programmé pour l’instant », le préfet s’est néanmoins rendu sur les lieux le 20 novembre sous escorte policière afin de prendre la mesure de la situation. A titre de précaution, les associations humanitaires, comme Salam et Médecins du monde ont distribué des kits de survie tandis que les migrants préféraient quitter le camp téteghémois pour rejoindre d’autres points de chute, contribuant ainsi à faire retomber, sans doute momentanément, la tension.

Souce

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