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Des Érythréens, soupçonnés d'être des passeurs, écopent de quatre mois ferme

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Des Érythréens, soupçonnés d’être des passeurs, écopent de quatre mois ferme

30 juin 2010 - La Voix du Nord - M. L. T.

L’affaire est peu banale. La Flandre est coutumière des migrants en quête d’Angleterre.

Pas des passeurs traduits devant la justice.

Selon le tribunal d’Hazebrouck, les quatre hommes jugés hier en comparution immédiate appartiennent à la seconde catégorie. Le visage couvert d’un masque, suspicion de tuberculose oblige, ils ont entre 18 et 30 ans et réfutent le motif des poursuites : « Nous sommes des "passés", pas des passeurs. » Les surveillances policières menées jeudi soir sur l’aire de Saint-Laurent, au bord de l’A 25, à Steenvoorde, indiquent le contraire, souligne le président du tribunal, Benoît Pety, qui reprend soigneusement le procès verbal. Il mentionne « l’arrivée de quatre hommes qui précèdent un groupe de quarante ». Deux sous-groupes sont « positionnés aux extrémités du parking », les quatre hommes « ouvrent des remorques et tentent d’y faire monter plusieurs personnes ». Des routiers sortent de leur cabine, le ton s’envenime. Les policiers interviennent et interpellent le quatuor, puis six Érythréens dissimulés dans des remorques.

« Par hasard »

« Nous étions ensemble par hasard, nous discutions de football », témoigne le plus jeune des prévenus. « Si nous avions été des passeurs, nous nous serions sauvés », ajoute son voisin. Un élément conforte le tribunal : ces hommes ont l’extrémité des doigts brûlée, limée, « pour échapper à la police ». Me Danel explique : « Certains sont déjà fichés en Italie. Ils ne veulent pas y retourner. C’est pour ça qu’ils éliminent leurs empreintes digitales. » L’avocat de la défense met en exergue la précarité des migrants, sur lesquels ni argent, ni téléphone portable n’ont été découverts.
Pour la représentante du parquet, Mathilde Defretin, « ces quatre hommes sont dans une situation de profit. Plus on se rapproche de l’Angleterre, plus les places sur les aires de repos se monnaient cher ». Elle requiert quatre mois pour deux des Érythréens, six à l’encontre des deux autres, convoqués à la barre le 27 juillet car suspectés de faits similaires : « L’affaire n’est pas jugée, vous ne pouvez pas leur reprocher », s’emporte Martin Danel, qui plaide « un avertissement que la justice applique à tous, que l’on ait des papiers ou pas ». Les quatre Érythréens écopent de quatre mois ferme. Ils ont réintégré leur cellule à l’issue de l’audience. •

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