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Des Afghans à Saint-Astier. Des vrais et des plastrons

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Des Afghans à Saint-Astier. Des vrais et des plastrons

12 octobre 2011 - Blog Ouest France de Philippe Chapleau

Des Afghans à Saint-Astier (près de Périgueux), ce n’est pas une nouveauté. Un groupe de policiers a déjà pris part à des sessions de formation des POMLT, les équipes de mentoring chargées de conseiller la police afghane, en novembre 2010 puis en juin dernier. "C’est un problème clé, explique le lieutenant-colonel Renault, le chef de la division Relations internationales du CNEFG : il faut former les mentors avant leur départ pour l’Afghanistan. Et la présence de cadres afghans apporte un plus".
Actuellement, un troisième groupe d’officiers de police afghans se trouve au CNEFG pour un séjour de deux semaines au cours duquel ces policiers vont contribuer à la préparation de leurs camarades européens (je reviendrai dans un prochain post sur les POMLT néeerlandaises que j’ai pu suivre lors de leur formation).
Les 26 officiers de l’Afghan Border Police (accompagnés par une dizaine d’interprètes et de conseillers culturels) sont sous les ordres du colonel Mohamed Sedeqi qui commande les 4 000 hommes de l’Afghan Border Police en Zone 5 (nord de l’Afghanistan, sur une frontière de 2 500 km, avec cinq autres pays !).
"Après trois décennies de guerre et grâce au soutien international, mes hommes sont désormais des policiers expérimentés. Ils peuvent donc partager leurs expériences mais ils doivent aussi apprendre", explique l’officier qui reconnaît les carences des forces de police afghanes : "Effectifs encore insuffisants, manque d’armes lourdes, manque de véhicules blindés, besoins en formation...".
Le séjour des cadres afghans à Saint-Astier leur permet cet échange : d’une part, des policiers peuvent présenter aux POMLT de la gendarmerie européenne (actuellement des Néerlandais, des Lituaniens et des Français) les défis culturels, matériels et sécuritaires qu’ils vont devoir relever en Afghanistan ; d’autre part, ils apprennent à connaître les hommes qui vont les conseiller, les former et les soutenir pendant les six prochains mois. Dix jours de théorie, puis cinq jours de pratique dans des ateliers : check-point, contrôle de foule, fouille de compounds, attentat-suicide...
Voilà pour les "vrais" afghans. Et les "faux" ? Les élèves gendarmes qui effectuent tous, au terme de leur formation, un court séjour au CNEFG, ont été réquisitionnés pour le plastron. Tantôt sympathiques villageois, tantôt trafiquants d’armes, voire talibans..., ils jouent le jeu avec ferveur et réalisme. Képi bas ! Ce n’est pas drôle d’être fouillés sans ménagement, d’être jetés dans un fossé, ligotés, sous l’oeil farouche de collègues afghans et néerlandais.

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