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Démantèlement des camps à Calais : jusqu'à quand les migrants resteront-ils rue de Moscou ?

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Démantèlement des camps à Calais : jusqu’à quand les migrants resteront-ils rue de Moscou ?

2 juin 2014 - La Voix du Nord - Dominique Salomez

Après avoir envisagé d’investir le camping municipal samedi soir, les migrants sont finalement restés sur le lieu de distribution des repas, rue de Moscou.

Y resteront-ils au moins jusqu’à mardi, jour où le directeur départemental de la cohésion sociale (DDCS) doit revenir à la rencontre des réfugiés ? Du côté des membres associatifs, il est dit que oui. « Les migrants voulaient quitter le lieu pour un autre endroit. Le camping. Il ne devait pas y avoir de contrôles. À 20 h 30, tout le monde était prêt à partir. Ils ont respecté leur engagement », estime Valentin, militant No Borders.

La tentative d’installation sur l’ancien camping municipal a en effet été avortée par l’arrivée des CRS samedi vers 21 h. Contactée ce dimanche, la direction du cabinet du préfet indique que la position n’a pas changé. « Le dialogue a repris samedi matin mais la préfecture est toujours dans l’attente que les migrants quittent le site. Il y avait un délai de 48 h qui avait été accordé (mercredi), l’engagement a été rappelé samedi. Il est attendu qu’il soit respecté ».

Vendredi, le DDCS et le sous-préfet de Calais se sont rendus sur le lieu de distribution des repas pour poursuivre les discussions. Parmi les échanges, il a été évoqué une nouvelle rencontre mardi avec les représentants des migrants et les militants associatifs pour travailler sur « un autre lieu avec douches et sanitaires ». Certains militants, dont Philippe Wannesson du blog Passeurs d’hospitalité, espèrent que l’État pourra renouveler le type de dispositif comme celui en place au squat Victor-Hugo, que les associations ont investi.

Squat Victor-Hugo : « Les choses se passent de façon paisible »

Le 22 mai, l’État a confié à l’association Solid’R la gestion du squat Victor-Hugo. L’objectif : assurer, après les No Borders, un accompagnement des femmes et des enfants qui vivent dans cette maison appartenant à une propriétaire privée. Il s’agit pour les éducateurs d’évaluer les situations pour trouver d’autres solutions d’hébergement pour ces personnes originaires de l’Afrique. Et ainsi rendre la demeure à sa propriétaire (le 30 juin). « Les choses se passent de façon paisible et calme », a dernièrement expliqué l’association Solid’R, qui a recensé environ 65 femmes dans le squat. Plus que la quarantaine annoncée au départ. « Nous n’avons refusé personne, mais aujourd’hui, c’est complet. Ces femmes sont dans une détresse importante. On les emmène régulièrement à la PASS (permanence d’accès aux soins de santé) Quatre d’entre elles sont enceintes. »

Pour l’heure, les éducateurs ont prioritairement travaillé sur la gestion de la maison, avec l’achat de clic-clacs, de petits réfrigérateurs, de gazinières. Des équipements temporaires – qui pourront servir sur d’autres lieux d’accueil – puisque la maison doit être libérée pour le 30 juin. « On est dans cette logique de dire qu’avec des moyens humains et un accompagnement, les choses peuvent changer pour tout le monde », explique l’association qui souligne une « avancée, de la part de l’État, pour la dignité humaine ».

Mais vers quoi ? Les femmes présentes ne visent que l’Angleterre. Elles ne partiront pas de Calais, mais le 30 juin, elles devront avoir quitté le squat. Pour aller où ? L’État a indiqué vouloir trouver des solutions de logement plus éclatées. En aura-t-il à proposer dans les jours à venir ?

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