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Demandeurs d'asile. Rennes ne suffit pas

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Demandeurs d’asile. Rennes ne suffit pas

2 décembre 2011 - Le Telegramme - Alain Le Bloas

Sur le papier, la Bretagne paraît disposer d’un nombre suffisant de places d’hébergement pour faire face à l’afflux de demandeurs d’asile. Mais Rennes, où se concentrent les arrivées, ne pourra pas faire face cet hiver. 1.232 demandeurs d’asile sont
aujourd’hui domiciliés en Bretagne, en attendant de connaître la réponse de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), chargé de statuer sur leur demande. Pour les héberger, 1.220 places (un chiffre conforme à la moyenne nationale) sont prévues par le dispositif spécifique Cada (centres d’accueil des demandeurs d’asile) mis en place par les préfectures. Le problème, c’est que 991 demandeurs sont arrivés en Ille-et-Vilaine, alors que ce département ne compte que 531 places. Rennes-Métropole a proposé d’assurer 95 places supplémentaires sur l’agglomération, mais le compte n’y est pas. Quant aux hébergements d’urgence « de droit commun », ils sont déjà totalement saturés. Pour affronter l’hiver, le réseau hôtelier rennais devra être mis à contribution par le 115, chargé de gérer les demandes. Mais on sait que les années passées, des familles ont passé l’hiver dans des squats, et il est arrivé que certaines dorment dans la rue.

Répartition sur quatre départements

Le préfet de région Michel Cadot espère que l’hiver qui approche ne sera pas trop rude. Pour les mois qui viennent, il compte sur un meilleur équilibre des arrivants sur le territoire breton. « Il a été décidé, cet été, d’opérer une répartition entre les quatre départements », explique-t-il. « En moyenne, 130 demandeurs d’asile arrivent chaque mois. 65 restent en Ille-et-Vilaine, quinze sont orientés vers les Côtes-d’Armor et vingt vers le Finistère et le Morbihan ». La mise en application récente de ce dispositif commence à produire ses effets mais il faudra attendre encore quelques mois avant que le nombre des arrivants à Rennes diminue suffisamment pour correspondre à la capacité d’hébergement.

En quête de communauté

« Cette orientation ne satisfait pas vraiment les arrivants », remarque Michel Cadot. « Une grande majorité préférerait être domiciliée à Rennes, où il existe des réseaux communautaires d’entraide. D’ailleurs, faute de pouvoir s’y installer, certains préfèrent aller à Paris plutôt que de rester en Bretagne ». L’hébergement est la question qui pose problème, les autres obligations fixées à l’État par l’Europe étant par ailleurs respectées : l’allocation journalière de subsistance (10,67 € par jour et par personne), l’accès aux soins et la couverture maladie universelle, dus pendant la durée d’instruction du dossier d’asile (de l’ordre de 18 mois en moyenne).

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