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Dans « La Mort au détail », Jacobsen entre migrants et... baraques à frites

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Dans « La Mort au détail », Jacobsen entre migrants et... baraques à frites

13 octobre 2011 - La Voix du Nord - Jennifer Laure Djian

Intrigue dense, dénouement subtil. « La Mort au détail », le troisième volet des aventures du commandant Jacobsen, écrites par Dirck Degraeve, plonge dans les affres des migrants et des baraques à frites. Deux enquêtes incompatibles, en apparence. Elles sont toujours trompeuses.

Le fil de l’intrigue, Dirck Degraeve le dénoue avant d’écrire. Il débute par là. Le détail, invisible aux yeux du lecteur, qui fera vaciller l’enquête, autour duquel il assemble son histoire. Dans La Mort au détail, la jungle des migrants installée près de la gare de Saulmères, le double de Saint-Omer dans l’univers de l’auteur. « Ça faisait longtemps que je souhaitais en parler en le transposant à Saulmères . C’est une situation qui me perturbait. Je ne propose pas de solution mais je crois que le roman policier doit s’inspirer d’une réalité sociale. Je voulais voir ce que ça pourrait donner en imaginant un scénario catastrophe. »

« Un moyen de se dépasser »

L’enquête sur la jungle, après le décès d’un bénévole de l’association Caritas, qui oeuvre auprès des migrants, est confiée au commandant Jacobsen. Corinne Maresquier hérite de celle des baraques à frites. Elles finiront par se rejoindre. Un peu comme les deux héros, dont l’histoire d’amour s’apaise. « Jacobsen est flic depuis vingt ans, on le surnomme Schubert, il passe pour un has been aux yeux de ses collègues. L’arrivée de Maresquier est pour lui un moyen de se dépasser. Comme il est pour elle l’occasion de changer de vie. C’est une vision assez optimiste de l’amour. » Elle s’accompagne d’une bande son. Chaque personnage a son double musical. Le rock pour Corinne, la musique classique pour Jacobsen, le jazz pour la juge Rotrou, troisième protagoniste d’importance de La Mort au détail. « Ce sont des références à ce que je lis, ce que j’écoute pendant que j’écris, confie Dirck Degraeve. La musique vient jouer le contrepoint de l’horreur du monde, elle apporte un peu de poésie. Les romans policiers sont souvent très noirs, ils ne proposent pas de respiration. Et puis, dans celui-ci, c’est un vecteur de rencontre, d’échange, entre Jacobsen et Maresquier notamment. Il y en a moins dans le quatrième. » Dirck Degraeve est en train de l’écrire. Un premier jet pendant les grandes vacances, il est maintenant en train de peaufiner l’intrigue, fouillée encore. « J’espère finir à Noël et me ménager ensuite quelques mois de repos, j’en aurai besoin. » Après ? Il ne le sait pas encore. « C’est difficile de maintenir le rythme. Dans un sens, l’idée de la série, ça facilite les choses, on s’y glisse comme dans un vieux vêtement.

En même temps, il faut se méfier de la facilité pour ne pas s’essoufler. » Il ne se lasse pas. « Sur le dernier, je m’amuse énormément. » S’attache à ses personnages de papier, imaginés en reflets de lui. « J’ai mis en chacun des traits de ma personnalité que je ne renierai pas. » Le goût pour la musique et la littérature en Jacobsen, son côté excessif « que j’essaie de contrebalancer dans la vie. Mes personnages sont aussi des miroirs. Le je est complexe, on trouve aussi dans nos écrits des parties de nos vies qu’on peut avoir refoulé ».

Après le quatrième, Dirck Degraeve laissera au cinquième le temps de venir. Il a aussi d’autres projets d’écriture, autour de Ces Êtres chers , son premier roman, et de la vie estudiantine dans la période post-mai 68. « C’est un projet, je n’en ai pas écrit une ligne », coupe Dirck Degraeve. Loin de Jacobsen. •

« La Mort au détail », aux éditions Le Riffle, tarif : 20 E.

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