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Cri d'alarme à Strasbourg

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Cri d’alarme à Strasbourg

5 janvier 2011 - Dernières nouvelles d’Alsace - L. R.

L’accès aux soins des clandestins est menacé par la loi de finances 2011. A Strasbourg, plusieurs associations, notamment de médecins, tirent la sonnette d’alarme.

En cause, le paiement d’un ticket d’accès de 30 euros annuels pour bénéficier de l’aide médicale d’État -accès aux soins pour les étrangers à faibles ressources, en situation irrégulière depuis plus de trois mois. Malgré le rejet de ce dispositif par le Sénat, l’association Parole sans frontière (PSF), la Cimade et le collectif pour l’accueil des solliciteurs d’asiles à Strasbourg (CASAS) manifestent leur inquiétude, craignant un retard de prise en charge médicale et le risque de pandémies, notamment pour des maladies comme la tuberculose.

Des malades graves à la rue

« Au final, ce sont les associations qui payeront ce forfait de 30 euros, jusqu’au jour où elles n’en auront plus les moyens », s’indigne Françoise Poujoulet, déléguée régionale de la Cimade. « En remplaçant le mot « accès » par le terme « indisponibilité » en matière de traitement médical dans le pays d’origine, on barre en France l’accès aux soins des étrangers malades », s’offusque Pascale Adam, directrice du CASAS.

L’inefficacité de ce « droit de timbre », terme administratif officiel, pour bénéficier de l’AME, a été mise en avant par le copieux rapport conjoint -162 pages- de l’Inspection générale des finances et de l’Inspection des affaires sociales (*) qui vient d’être rendu public. En effet, selon les projections, l’économie envisagée -6 millions d’euros- serait engloutie par les dépenses supplémentaires -20 millions d’euros- de soins prodigués tardivement. Alors que par ailleurs, « des étrangers à la rue gravement malades, car souffrant de cancer ou de diabète », sont menacés. « Toucher aux droits légitimes des étrangers, c’est porter atteinte à nos droits », estiment Françoise Poujoulet, Pascale Adam, ainsi que le Dr Bertrand Piret, psychiatre et président de « Parole sans frontière ».

« Souffrances psychologiques »

Tous trois expriment les plus vives inquiétudes quand au projet de loi Besson, en cours d’examen au Sénat, et ses conséquences néfastes « sur les souffrances psychologiques » redoublées des demandeurs d’asile, qui ont déjà subi de fortes pressions dans leur pays d’origine, car leurs droits vont être rognés. Les effets néfastes de ce texte, s’il passe en l’état, sont concrets : « Augmentation des prix imposés par des passeurs professionnels » et surtout « taux de mortalité plus élevé » parmi les candidats à l’immigration.

Source

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