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Craignant un afflux massif de réfugiés syriens, l'UE augmente son aide humanitaire

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Craignant un afflux massif de réfugiés syriens, l’UE augmente son aide humanitaire

8 septembre 2012 - L’Orient le Jour - AFP

Craignant pour sa propre sécurité face à l’escalade de la violence et de la crise humanitaire en Syrie, l’Union européenne a annoncé hier une augmentation de son aide aux réfugiés, tout en réfléchissant à l’après-Assad.
Au moment où les ministres européens des Affaires étrangères entamaient à Paphos (Chypre) une réunion dominée par la crise syrienne, la commissaire européenne en charge de l’Aide humanitaire, Kristalina Georgieva, a annoncé le déblocage de 50 millions d’euros en faveur des civils syriens. Bruxelles porte ainsi sa contribution tirée du budget de l’UE à 119 millions d’euros, et à 200 millions d’euros l’aide fournie par l’UE dans son ensemble (en prenant en compte l’aide directe de ses États). Selon Mme Georgieva, « la situation humanitaire s’aggrave presque chaque jour en Syrie depuis que les hostilités ont dégénéré en guerre civile ». « Des dizaines de milliers de Syriens ont déjà trouvé refuge au Liban, en Jordanie, en Turquie et en Irak, et une aide humanitaire massive et efficace s’impose », a-t-elle expliqué à Bruxelles. L’aide s’adresse à plus de 1,5 million de personnes en Syrie et à une grande partie des Syriens qui ont fui vers les pays limitrophes, dont le nombre dépasse les 235 000, selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

« Nous avons besoin de toute urgence de contributions supplémentaires aux efforts humanitaires », a renchéri à son arrivée à Paphos le ministre britannique William Hague. Alors que des pays comme la Turquie et la Jordanie redoutent d’être dépassés par l’afflux de réfugiés, plusieurs ministres ont rejeté l’idée d’en accueillir en Europe. « Il faut davantage les aider plutôt que de déplacer ces réfugiés à d’autres endroits », a jugé M. Hague. Son homologue luxembourgeois, Jean Asselborn, a lui aussi douté qu’on puisse « transporter des milliers de réfugiés vers l’Europe et ainsi résoudre le problème ». L’enjeu de la crise syrienne est grave, ont prévenu les ministres italien et français, Giulio Terzi et Laurent Fabius, dans une lettre diffusée en amont de la réunion. « Si nous échouions en Syrie, la stabilité du Moyen-Orient serait compromise et la sécurité de l’Europe, sous tous ses aspects, du terrorisme à la prolifération des armes en passant par l’immigration illégale et la sécurité énergétique, serait gravement menacée », écrivent les deux ministres.
Paris, mais aussi Berlin, Londres et Rome estiment qu’il faut d’ores et déjà préparer l’après-Assad, en encourageant l’opposition à surmonter ses profondes divisions pour former un gouvernement de transition. Fournir des armes aux rebelles n’est pas possible du fait de l’embargo décrété par l’UE. C’est pourquoi Londres et Paris ont choisi la voie de l’assistance « non létale », a expliqué M. Hague. « Nous avons envoyé des équipements de communication à certains groupes d’opposition, des kits de purification de l’eau, et nous envisageons d’envoyer des vêtements de protection à certains d’entre eux », a-t-il dit. La clé, selon M. Asselborn, reste au Conseil de sécurité de l’ONU, jusqu’à présent paralysé par un veto russo-chinois à toute condamnation de Damas. Si nous ne parvenons pas à trouver « une position commune avec des sanctions réellement efficaces, alors beaucoup de gens vont encore perdre la vie en Syrie, et il y aura des dizaines de milliers de réfugiés en plus », estime-t-il. Le ministre espagnol, José Manuel García Margallo, a été plus loin. « Bachar el-Assad doit quitter le pouvoir, il ne peut pas rester une minute de plus pour des raisons humanitaires », a-t-il lancé. « Il faut relancer un plan pour mettre un terme à la violence, aider les déplacés dans le pays et hors du pays, entamer une transition démocratique et commencer à réfléchir à la reconstruction du pays », a-t-il dit.
La prochaine Assemblée générale de l’ONU à New York sera l’occasion de nouvelles démarches. Dans leur lettre, MM. Terzi et Fabius proposent à leurs homologues européens de se retrouver en septembre à l’ONU pour « une éventuelle réunion extraordinaire » sur la Syrie.

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