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Calais : un tournoi de football pour faire face à la manifestations anti-migrants

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Calais : un tournoi de football pour faire face à la manifestations anti-migrants

8 septembre 2014 - La Voix du Nord - Olivier Pecqueux

À huit cents mètres à vol d’oiseau de la mairie, sur le complexe sportif Pierre-de-Coubertin, les pro-migrants ont improvisé ce dimanche après-midi un tournoi de football auquel ont participé une centaine de réfugiés. Huit équipes, dont certaines étaient également composées de bénévoles d’associations et de No Borders, ont tapé dans le ballon jusqu’à la distribution des repas, vers 18 h. Derrière les rencontres amicales se devinait un double message : ouverture et intégration.

Le sport comme vecteur d’intégration. Dimanche après-midi, c’est en partie le message que voulaient transmettre les associations œuvrant auprès des migrants, en organisant un tournoi de football sur les terrains en dur du complexe Coubertin. C’est sur le terrain de handball en fait, bordé par quelques bandes enherbées, que les pro-migrants ont trouvé une solution de repli. La veille en effet, la Ville de Calais avait interdit aux migrants et aux associations l’accès à la Citadelle, prétextant « l’absence de demande officielle ». Un argument ainsi balayé par Maël Galisson, de la plate-forme de services aux migrants : « Tous les dimanches depuis des mois, des migrants viennent jouer à la Citadelle pour se détendre. On ne comprend pas cette interdiction. »

Avec en fond sonore des musiques engagées, le tournoi amical s’est tenu dans une ambiance détendue. « Notre idée, c’était de créer un temps de rencontre avec la population calaisienne, un moment d’ouverture et de tolérance, poursuit Maël Galisson. Des groupes et des responsables politiques veulent mettre de la distance entre les populations. J’aurais souhaité une plus grande présence de Calaisiens, pour qu’ils apprennent à connaître les migrants. » Au bord du terrain, le public était essentiellement composé de bénévoles habitués à aider les clandestins, de sympathisants et de No Borders. « Le football est un moyen de créer du lien, on le voit avec des équipes amateurs du Calaisis qui ont déjà invité les formations de migrants à disputer des matches amicaux », commente Philippe Wannesson, de l’association Passeurs d’hospitalité.

Attentif à l’évolution de la manifestation de Sauvons Calais place de la mairie, les pro-migrants ont reçu la visite, vers 15 h 45, d’une soixantaine d’antifascistes surveillés de très près par les forces de l’ordre. Certains, avec des véhicules immatriculés en Belgique, ont vite quitté les lieux. D’autres sont restés pour participer à la fête.

Abbé Boutoille : « La situation s’aggrave »

Autrefois porte-parole du collectif C’Sur qui rassemblait, avant sa dissolution, les associations aidant les clandestins, l’abbé Jean-Pierre Boutoille porte un regard averti sur la question de l’immigration clandestine à Calais. En 2002, tandis que Nicolas Sarkozy fermait l’ancien hangar à voussoirs de Sangatte, il accueillait dans son église, au Courgain maritime, les migrants afghans et irakiens réclamant un toit et le droit à l’exil vers l’Angleterre.

Que vous inspire la situation actuelle à Calais, entre tensions liées au nombre de clandestins et manifestations anti-migrants ?

« La situation s’aggrave, avec un nombre de migrants encore jamais enregistré à Calais. Mais en douze ans, hormis le nombre, rien n’a changé finalement pour les migrants qui dorment toujours dehors. Opposer les migrants et les Calaisiens, c’est une drôle de politique qui a été menée par la municipalité. L’appel à la délation facilite l’émergence de comportements hostiles, entraînant aujourd’hui de telles manifestations. Quant aux migrants, on sent leur impatience. Cet hiver, le local du BCMO ne sera pas suffisant. »

Que pensez-vous du projet de Natacha Bouchart d’ouvrir un centre pour migrants au camp Jules-Ferry ?

« Ce projet est retoqué et on se dirige vers un lieu d’accueil de jour. C’est exactement le projet que nous avions finalisé avec Jacky Hénin, en 2008, avant sa défaite aux municipales. Lors du premier conseil des migrants, Natacha Bouchart avait annoncé renoncer à ce projet. Je lui avais dit qu’un jour ou l’autre, elle devrait revenir sur ses positions. »

Quel est votre engagement aujourd’hui ?

« Je suis présent au vestiaire de la rue de Croy, je fais le lien avec les associations du Boulonnais où j’exerce toujours dans plusieurs paroisses. Je réponds aux sollicitations des établissements scolaires, comme Jeanne-d’Arc ou Saint-Pierre à Calais ou encore l’école d’infirmières, qui veulent que je témoigne sur la situation des migrants. »

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