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Calais : rixes entre migrants — Une situation de détresse

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Calais : rixes entre migrants — Une situation de détresse

2 janvier 2013 - Lutte Ouvrière

Dans les rues de Calais, les 24 et 25 décembre, des affrontements faisant quelques blessés légers ont opposé entre eux plusieurs dizaines de migrants d’origines différentes, sur les lieux où les associations qui leur viennent en aide assurent habituellement la distribution des repas.

Les tensions entre les diverses nationalités ne sont pas nouvelles : comme le reste de la population, les réfugiés n’échappent pas aux préjugés nationalistes et les réseaux concurrents de passeurs peuvent parfois contribuer à les exacerber.

Mais ces rixes violentes sont surtout le résultat de l’état de survie auquel ces migrants en sont réduits. Leurs abris sont régulièrement démantelés par la police, leurs quelques affaires détruites ; et ils doivent à nouveau chercher des lieux où dormir, trouver des couvertures. Jean-Claude Lenoir, responsable de l’association Salam, dénonce la précarité et « le cercle vicieux » que constitue leur situation.

L’afflux de réfugiés dans la ville est en effet un problème permanent depuis plus de dix ans, le phénomène ayant commencé avec l’arrivée des réfugiés de la guerre du Kosovo. L’Angleterre reste toujours un pays attractif pour tous ceux qui fuient la misère, la dictature ou la guerre dans leur pays, et comptent sur leur famille ou leur communauté qui s’y sont déjà installées. Et la ville de Calais est le port le plus proche d’où ils peuvent espérer traverser clandestinement.

Le gouvernement de droite de Sarkozy avait mené contre eux une traque cynique : en 2002 il avait fermé le centre de la Croix-Rouge de Sangatte, puis en 2009 il avait fait raser la « jungle », sorte de campement dans les bois environnants, mais le harcèlement policier n’a pas fait disparaître les migrants pour autant. Le gouvernement socialiste de Hollande, dans son souci démagogique de plaire à l’électorat réactionnaire, a tenu à montrer qu’il ne modifiait pas leurs conditions d’accueil dans un sens humanitaire en faisant donner sa police fin septembre contre un squat, à la demande de la maire UMP de la ville.

La gêne pour les riverains engendrée par la proximité des lieux où s’installent les migrants ne peut pas faire oublier la détresse de ces hommes et femmes victimes d’abord d’une société capitaliste inhumaine : les pays riches, comme la France ou l’Angleterre, sont les premiers responsables, par leur politique coloniale et les guerres qu’ils fomentent, de la détresse des peuples du tiers-monde, qui les poussent à fuir leur propre pays dans l’espoir de vivre un peu mieux ailleurs.

Correspondant LO

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