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Calais : importante opération policière contre les migrants ce mercredi matin

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Calais : importante opération policière contre les migrants ce mercredi matin

2 juillet 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune et Pierre Le Masson

La police et les gendarmes mobiles ont évacué ce mercredi matin à 6 h l’aire de distribution des repas de la rue de Moscou à Calais. Ainsi que trois squats du centre-ville. Plus de 600 migrants ont été interpellés.

Le site de la rue de Moscou servait tous les jours aux associations pour distribuer les repas aux nombreux migrants qui vivent à Calais. Il était occupé par plusieurs centaines de migrants depuis fin mai 2014, c’est à dire depuis le démantèlement des deux plus importants camps de migrants de Calais. Une bonne partie s’était alors réfugiée là, ce qui leur permettait de vivre sur le lieu de distribution des repas.

Ce mercredi matin, ils ont été encerclés par les gendarmes mobiles dès 6 h. Certains migrants se sont enfuis en escaladant les grilles. Il y a eu des moments de panique à l’intérieur. Vers 8 h, la majorité des migrants était toujours réfugiée dans la grande cour extérieure qui leur sert de squat. Selon le préfet, « ils ont tous été interpellés et ils pourraient être emmenés dans des lieux d’audition (sans doute des centres de rétention, ndlr) pour faire le point sur leur situation administrative. »

Des expulsions décidées par la justice

Le préfet dit que l’opération de ce matin est l’exécution de plusieurs décisions de justice, qui avait ordonné l’expulsion de ces différents lieux : le centre de distribution des repas de la rue de Calais et trois squats du centre-ville, rues Masséna, de Vic et Auber. Les trois appartiennent au bailleur social OPH, qui a déposé plainte pour occupation illégale. Ce sont des maisons inhabitées, squattées depuis quelques mois. Une ordonnance d’expulsion avait été délivrée il y a un moment mais elle n’avait pas été mise en application.

Selon le préfet, il y avait 540 migrants sur le lieu de distribution rue de Moscou et 70 dans les trois squats du centre-ville, dont 121 mineurs. « Il n’y a eu aucun blessé pendant les interventions de la matinée », précise Denis Robin.

Les No Border s’opposent vivement aux gendarmes

Rue de Moscou, l’évacuation s’est effectuée après avoir écarté les témoins. Les gendarmes mobiles ont débuté l’évacuation vers 6h30 en resserrant l’étau et ont fait sortir de force les journalistes et les militants d’association, qui ont fortement protesté.

Un cordon de sécurité a été dressé tout autour de cette aire. Une bonne centaine de migrants était encore à l’intérieur, de différentes nationalités. Cinq à six bus ont été amenés pour emmener les migrants. Des militants se sont d’abord allongés par terre sur la route pour empêcher les bus d’arriver au lieu de distribution. Ils ont été emmenés par les gendarmes mobiles. Au cours de cette opération, qui s’est passée « de façon assez traditionnelle » selon le préfet, les gendarmes mobiles ont fait usage de gaz lacrymogènes plusieurs fois pour repousser des militants et des migrants qui s’opposaient à l’opération. Trois personnes ont été interpellées pour rébellion et outrage : un militant No Border, un membre de l’association L’Auberge des migrants ainsi que le président de l’association Salam, Jean-Claude Lenoir.

Les bus ont alors pu accéder au camp de migrants sans qu’on sache exactement ce qu’il s’est passé à l’intérieur, les journalistes étant interdits. Le quartier et la circulation ont été bouclés rue de Moscou. Vers 10 h, près de dix bus sont ressortis de l’aire de distribution des repas. Des migrants se trouvaient à l’intérieur, ainsi que des policiers.

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