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Arrêtés car ils traversaient hors d'un passage protégé...

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Arrêtés car ils traversaient hors d’un passage protégé...

15 janvier 2011 - Nord Littoral

Traverser en dehors du passage protégé est un délit ? Le saviez-vous ? Quatre migrants en ont fait les frais. Ils se sont fait arrêter et interpeller pour cette raison.

C’est ainsi que le préfet a répondu à l’association Salam qui l’a interpellé sur l’augmentation de la pression policière sur les migrants.

Hélène Duval, Jean-Pierre Leclercq, Marcel Copyans, Françoise Leclercq et Jean-Claude Lenoir. Tous ces bénévoles de Salam se sont réunis pour faire part de leur inquiétude. Inquiétude vis-à-vis de la pression policière qui se fait selon eux de plus en plus violente et répressive sur les migrants. « Les faits sont très graves, de plus en plus nombreux, répétés et de plus en plus agressifs. » Hier soir encore (NDLR : jeudi soir), « ils ont roulé comme des fous autour du lieu de distribution et fini par encercler un migrant seul juste à la sortie des bénévoles. Ils étaient une douzaine pour un seul homme qui a finalement été emmené à Coquelles, sans être interrogé. Il a été relâché ! » Les bénévoles ont tenté de s’interposer, ils se seraient fait vociférer dessus.

« Il y a d’autres lieux pour les arrêter que le lieu de distribution et les alentours du BCMO pendant le plan grand froid. On n’est pas crédible, on a l’impression d’amener les migrants dans une souricière ! C’est un jeu de cow-boy depuis quatre semaines alors que les interpellations musclées s’étaient calmées ».

Les bénévoles de Salam se sont indignés auprès du préfet du durcissement des interpellations, tout comme d’autres associations d’aide aux migrants. Le préfet a pris la peine de répondre à l’association calaisienne. « De l’enquête minutieuse auprès des services concernés à laquelle j’ai fait procéder, il ressort que : -des fonctionnaires des compagnies républicaines de sécurité ont procédé, le dimanche 5 décembre à 9 h 25 à l’intersection de la rue d’Ostende et de la rue de Moscou au contrôle d’identité de quatre migrants qui traversaient la chaussée en dehors du passage piétons (infraction contraventionnelle justifiant le contrôle de police) - ces quatre personnes, toutes majeures et respectivement de nationalité érythréenne, soudanaise, irakienne et iranienne, se sont révélées en infraction avec l’article L 621-1 du Ceseda, et ont donc été interpellées. Les fonctionnaires de police ont donc agi dans la légalité avec discernement et dans le respect des consignes qui leur sont données. » Ces propos font bondir les bénévoles. « On sait très bien que les migrants ne se mélangent pas entre nationalités et puis arrêter quelqu’un pour avoir traversé en dehors d’un passage piéton... Ce qui nous inquiète le plus, c’est que la lettre du préfet légitime les exactions des CRS."

« Pourquoi faire de la provocation inutile et des agressions ? », poursuivent les bénévoles qui s’interrogent : « Est-ce que nous devons continuer à amener les migrants dans cette "souricière" qu’est devenu le lieu de distribution. Même des femmes de ménage nettoyant le BCMO ont été prises à partie. Pour nous, ça devient difficile. » L’association a pris conseil auprès de l’avocat Antoine Deguines. « Si rien ne bouge, on va étudier un éventuel dépôt de plainte ou un recours auprès de la commission européenne des droits de l’homme. » Mais les bénévoles voudraient avant tout que les violences cessent et que le conseil des migrants ou des politiques prennent le relais pour contester ces méthodes. « Il faut du discernement et du respect. Ce n’est pas la répression qui va mettre fin au mouvement migratoire », rappelle Jean-Claude Lenoir.

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