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Angres : neuf migrants et une bénévole interpellés par la police aux frontières

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Angres : neuf migrants et une bénévole interpellés par la police aux frontières

25 novembre 2011 - La Voix du Nord - Claire de Vregille

Mardi, des migrants vietnamiens ont été interpellés par la police dans le camp où ils s’étaient installés à Angres. Une opération policière qui a fait vivement réagir les membres du collectif Fraternité Migrants Bassin Minier 62 dont une des membres a également été interpellée.

« Indignés », « révoltés » ... que ce soit de la part de Maryse Coupin, maire d’Angres, ou de celle des membres du collectif, les mots étaient forts, hier, pour évoquer l’opération menée tôt mardi matin par la police aux frontières (PAF) lilloise dans un camp de migrants originaires du Vietnam. Une opération que beaucoup ont découvert dans un reportage reprenant des images filmées par la police, diffusé mercredi soir dans le journal télévisé de TF1.

> Neuf migrants et une femme, membre de Fraternité Migrants, interpellés. C’est sur commission rogatoire d’un juge d’instruction parisien que les policiers de la PAF de Lille sont intervenus mardi matin, dans le cadre d’un démantèlement de réseau en bande organisée et association de malfaiteurs, de trafiquants de migrants vietnamiens. Neuf migrants ont été interpellés et placés en garde à vue ainsi qu’une bénévole membre du collectif.

Trois migrants soupçonnés de jouer un rôle important dans ce réseau présumé ont été déférés au parquet de Paris hier. La bénévole a été laissée libre à l’issue de sa garde à vue, qui aurait duré 33 heures selon les membres de Fraternité Migrants. « Est-ce un crime aujourd’hui que de vouloir aider les autres ? », s’est indignée Maryse Coupin qui assure ne pas avoir été prévenue de cette opération. La municipalité est propriétaire du terrain où se sont installés les migrants depuis plus d’un an.

> « Se préoccuper avant tout de l’humain. » Les membres du collectif Fraternités Migrants étaient particulièrement remontés après l’interpellation de leur collègue, « une infirmière qui passait souvent sur le camp » pour apporter de l’eau ou encore prodiguer des soins. Un acte de solidarité où il s’agit de « se préoccuper avant tout de l’humain », précise Benoit Decq, membre du collectif. « On a tous fait des choses plus ou moins hors la loi comme amener un migrant prendre une douche chez nous, poursuit-il . Nous cherchons juste à aider des hommes à vivre dans des conditions de vie qui restent dignes. » En apportant leur aide, et leur humanité, les bénévoles s’exposent à l’article L622-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers qui stipule que : « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France sera punie d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 30 000 E. » Un article qu’ils rêveraient de voir abrogé un jour.

> Un précédent en 2009. En septembre 2009, un camp de migrants vietnamiens établi dans le champ d’un particulier à Angres avait été démantelé et plus de quatre-vingts personnes interpellées. À cette époque, un camp provisoire avait été installé place de la mairie. Les migrants s’étaient ensuite réfugiés dans les bois, avant de prendre possession d’un bâtiment désaffecté sur un terrain appartenant à la municipalité. •

Aujourd’hui, le collectif Fraternité Migrants Bassin minier 62 organise un « cercle du silence », place de la gare à Lens, entre 18 h et 19 h, pour « dénoncer les conditions des migrants dans (la) région.

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